Blaine Higgs mènera-t-il le Parti progressiste-conservateur lors des prochaines élections provinciales? Restera-t-il le premier ministre d’ici là? Lui seul le sait et cette situation n’est pas tolérable. Il doit sans attendre mettre fin au flou concernant son avenir politique.

Blaine Higgs est âgé de 68 ans. Il aura 70 ans lors du déclenchement de la prochaine campagne électorale provinciale, en 2024, et 74 ans à la fin de ce prochain mandat.

Il y a peu de chance que M. Higgs reste en poste aussi longtemps. Il a déjà laissé entendre par le passé qu’il voulait accomplir certains objectifs en politique, sans toutefois s’éterniser.

C’est toutefois moins clair à savoir s’il terminera son mandat actuel. Déjà, en 2020, il n’avait pas voulu confirmer s’il était en train de vivre – peu importe le résultat – la dernière campagne électorale de sa carrière. Lors d’une interview avec l’équipe éditoriale de l’Acadie Nouvelle, il avait refusé de s’engager auprès des électeurs à mener à terme son mandat de quatre ans.

Plus récemment, M. Higgs a confié son intention de mettre fin au suspense en janvier 2023, alors qu’il présentera son discours sur l’état de la province. Cet événement organisé par la Chambre de commerce de Fredericton réunit chaque année dans la capitale tout le gratin de la province. L’égo mal placé du premier ministre lui fait désormais mélanger l’état de la province et celui de son leadership.

En fait, Blaine Higgs a laissé traîner beaucoup trop longtemps l’incertitude à propos de son avenir politique. C’est en train de le rattraper.

La fronde de Dominic Cardy a fait mal. Dans sa lettre, le ministre déchu raconte comment Blaine Higgs souhaite peser sur l’accélérateur afin d’éliminer le programme d’immersion dans la prochaine année.

Cette révélation a fait comprendre à pas mal de gens, y compris au sein du Parti progressiste-conservateur, que le Nouveau-Brunswick est dirigé par un premier ministre qui n’en a peut-être plus pour longtemps en politique, qui se fiche présumément de miner les chances de réélection de son gouvernement et qui agit à sa tête sans accorder d’importance aux opinions divergentes.

Cela fait de Blaine Higgs un politicien n’ayant rien à perdre, ce qui explique qu’il en soit rendu à imposer ses quatre volontés au point même de rejeter les données qui vont à l’encontre de ses idées préconçues. Data my ass!

Le secret entourant l’avenir de Blaine Higgs commence à avoir un impact sur sa crédibilité et sa légitimité.

L’enjeu de l’immersion française ne soulève pas de passions chez les électeurs acadiens, puisque cela touche seulement le système scolaire anglophone. C’est autre chose chez les Néo-Brunswickois de langue anglaise.

Le programme d’immersion est très populaire au sein de l’opinion publique anglophone. L’idée d’un premier ministre en mission personnelle pour le démolir ne passe pas bien. Encore plus si ledit politicien en question ne sera peut-être même plus dans le portrait après avoir causé les dégâts. M. Higgs a ainsi dû reculer en partie.

Dans les pages de l’Acadie Nouvelle de vendredi,  notre journaliste Bernard Haché a réussi à délier plusieurs langues progressistes-conservatrices. Certains ont parlé à visage découvert; d’autres sous le couvert de l’anonymat. Là aussi, on y voit un certain malaise de voir le chef pratiquer la politique de la terre brûlée auprès des francophones, «il ne nous regarde plus, il ne nous parle plus», sans savoir s’il sera là encore longtemps. Plusieurs souhaitent une révision du leadership.

Le remaniement ministériel a aussi été analysé en lien avec l’avenir de Blaine Higgs. Dans nos pages, le politologue et chroniqueur Mario Levesque estime qu’en nommant Kris Austin en tant que ministre de la Sécurité publique, Blaine Higgs a dans les faits choisi son successeur. À l’interne, députés et ministres tentent de se positionner en prévision du jour où il y aura un nouveau patron.

Il y a des dossiers importants à l’ordre du jour – immersion, santé, crise du logement, révision de la Loi sur les langues officielles du N.-B., inflation, etc. – et le premier ministre a choisi de s’accaparer la majeure partie de ceux-ci.

Ça ne peut pas continuer. Blaine Higgs doit nous dire s’il prendra sa retraite dans la prochaine année ou s’il sera du rendez-vous électoral. Et pas dans trois mois.

La semaine prochaine aura lieu le discours du Trône. Blaine Higgs doit profiter de l’occasion pour nous faire part de ses intentions. Plus il attendra, plus l’incertitude fragilisera son gouvernement et nuira à sa légitimité.

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