La lieutenante-gouverneure unilingue Brenda Murphy lira mardi le discours du Trône du Nouveau-Brunswick. Ce document doit absolument marquer un changement de cap majeur de la part d’un gouvernement qui roule à toute allure dans la mauvaise direction.

Le gouvernement progressiste-conservateur sort d’une très mauvaise passe, durant laquelle les mauvais plis du premier ministre Blaine Higgs sont sortis au grand jour.

À travers la lettre de démission du ministre Dominic Cardy de même que par les déclarations et décisions qui ont suivi, nous avons retrouvé le Blaine Higgs autocrate, revanchard et partisan qui montre de plus en plus souvent son vrai visage, en particulier depuis qu’il a obtenu sa majorité en 2020.

Le discours du Trône qui sera déposé mardi devrait normalement consacrer la vision de Blaine Higgs, c’est-à-dire celle d’un politicien qui croit que les mégasurplus budgétaires dégagés par son gouvernement doivent servir à rembourser la dette provinciale, qui est insensible aux besoins des Néo-Brunswickois victimes de la crise du coût de la vie, qui considère tout ce qui est à l’extérieur de la bulle Saint-Jean-Fredericton comme n’étant pas digne d’intérêt et qui souhaite à tout prix régler certains dossiers qui lui tiennent à coeur – fin de l’immersion française dans les écoles, gouvernance en santé, etc. – avant la fin de sa carrière politique.

De façon générale, les discours du Trône sont rédigés de façon très vague, si bien qu’après lecture, nous n’en savons pas toujours beaucoup plus sur les intentions réelles du gouvernement. Il faut que celui-ci soit l’exception. Le premier ministre Higgs a mené le Nouveau-Brunswick à la croisée des chemins.

Aide urgente nécessaire. Le gouvernement Higgs a dégagé un surplus budgétaire de 777 millions $ dans la dernière année financière. Au même moment, des milliers de Néo-Brunswick sont victimes de la hausse du prix de l’essence, du logement, du coût de la nourriture, etc. Blaine Higgs doit leur offrir une aide financière digne de ce nom.

Crise du logement. La crise du logement représente l’une des plus grandes taches sur le bilan de ce gouvernement. Rappelez-vous les déclarations initiales du premier ministre, qui disait avoir confiance que la loi de l’offre et de la demande allait permettre au marché de se stabiliser par lui-même.

Il a finalement imposé à contrecœur un plafond sur les augmentations des loyers. Ce plafond, Blaine Higgs n’en a jamais voulu. À preuve, il a envoyé au front sa ministre Mary Wilson expliquer que cette stratégie ne fonctionne pas. Elle n’a pas été en mesure d’expliquer comment son gouvernement en est arrivé à cette conclusion et a été éjectée du cabinet le lendemain de cette sortie gênante.

Le discours du Trône doit envoyer à ce sujet deux signaux. D’abord, le plafond doit être reconduit pour une deuxième année, quitte à l’augmenter si le gouvernement le juge nécessaire. Il doit de plus comprendre la promesse de la mise en place d’une stratégie visant à favoriser avec des incitatifs la construction de nouveaux logements familiaux.

Langues officielles. Dominic Cardy l’a bien résumé dans sa lettre de démission: «Les excuses interminables pour ne pas répondre au rapport sur la Loi sur les langues officielles sont embarrassantes pour un gouvernement élu sur des promesses d’action et d’unité». À cela s’ajoute la nomination controversée de l’ancien chef de la People’s Alliance, Kris Austin, au conseil des ministres.

Nous souhaitons voir le gouvernement Higgs utiliser son discours du Trône pour rassurer les Acadiens sur ses intentions et s’engager à renforcer la Loi sur les langues officielles. Une demande qui a malheureusement moins de chance de devenir réalité que de voir Fredericton s’engager à construire une usine de voitures Bricklins sur la Lune.

L’avenir des régies de la santé. Le premier ministre a, dans les derniers mois, dissous les conseils d’administration des régies de la santé Vitalité et Horizon, nommé à leur place deux fiduciaires qui répondent directement à lui et changé de ministre de la Santé. Depuis, peu d’informations ont circulé.

Il est temps de connaître quel avenir Blaine Higgs réserve au système de santé et pendant combien de temps durera la mise sous tutelle des deux réseaux de santé.

L’avenir de Blaine Higgs. Le premier ministre doit nous dire combien de temps il restera en poste. L’incertitude quant à son avenir politique a assez duré. La combinaison d’un politicien idéologue, qui prépare sa sortie, mais qui prend quand même des décisions qui auront un impact sur des années, ou même des décennies, est dangereuse.

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