Chaque année, à la date du 11 novembre, partout au Canada et dans de nombreux autres pays dans le monde, nous prenons quelques instants pour honorer et remercier les anciens combattants de s’être battus pour la liberté et pour réfléchir aux terribles sacrifices qui accompagnent chaque guerre. En toute logique, les chefs d’État devraient depuis longtemps avoir retenu les leçons des affrontements passés. Pourtant, l’Histoire se répète.

Le jour du Souvenir, qui a eu lieu vendredi, avait une connotation spéciale cette année, alors que fait rage un conflit armé en Ukraine.

Le Canada est impliqué en tant qu’allié de l’Ukraine et de son populaire président Volodymyr Zelenskyy. Nous fournissons armes et aide logistique à ce pays d’Europe qui se défend beaucoup mieux que personne n’aurait pu l’imaginer face à l’envahisseur.

L’obstination et la folie de Vladimir Poutine dépassent l’entendement. S’il y a un endroit dans le monde où autant la population que les dirigeants devraient aspirer à la paix, c’est bien en Russie.

Ce pays est l’un de ceux qui a le plus souffert des atrocités de la guerre. Selon différentes estimations, plus de 20 millions de Soviétiques ont perdu la vie pendant la Seconde Guerre mondiale, en majorité des civils. La Russie a vu aussi ses enfants mourir lors des guerres napoléoniennes, pendant la Première Guerre mondiale, lors de l’invasion de l’Afghanistan, lors de deux interventions en Tchétchénie, etc.

Et pourtant, cet État paria poursuit sa guerre en Ukraine depuis presque huit mois. Les services de renseignement américains estiment qu’environ 100 000 soldats russes ont perdu la vie ou ont été blessés depuis le début de l’invasion. Tout ça à cause des idées de grandeur d’un président qui rêve de recréer l’empire soviétique. Complètement fou.

La Russie et l’Ukraine ne sont pas les seuls pays où parlent les armes. Dans des pays comme la Syrie, le Yémen, l’Éthiopie et le Congo, des guerres sales s’étirent sans espoir de paix et des gens meurent chaque jour dans notre indifférence la plus complète.

L’incapacité des dirigeants et des peuples à retenir les leçons du passé est stupéfiante. Les Soviétiques ont vu plus de 50 000 des leurs être blessés ou mourir dans une vaine tentative de conquérir l’Afghanistan, de 1979 à1989.

De leur côté, les États-Unis se sont empêtrés au Vietnam pendant près de 20 ans. Ils n’ont pourtant pas hésité à envahir puis à occuper l’Irak au début des années 2000.

Le Canada a sans doute passé plus près qu’on le pense de mettre les pieds dans le bourbier irakien. On oublie à quel point les pressions étaient énormes, autant des États-Unis et des Britanniques qu’au sein même du Canada, pour que le premier ministre Jean Chrétien envoie des troupes dans ce pays. Le chef de l’opposition (et éventuel premier ministre) Stephen Harper faisait partie de ceux qui croyaient qu’il fallait répondre à l’appel de George W. Bush à Washington.

Un jour, la guerre prendra fin entre l’Ukraine et la Russie avec la défaite de l’un des deux belligérents sur le théâtre militaire ou plus probablement à la suite d’un traité de paix. Le terrible prix payé par les citoyens de ces deux nations (en particulier les Ukrainiens) dissuadera-t-il d’autres puissances de faire la guerre? Sans doute pas. Nous n’apprenons que trop rarement de nos erreurs.

Petite lueur d’espoir, cette guerre survenue à des milliers de kilomètres d’ici a réussi à faire sortir le plus beau de nos citoyens, y compris ici au Nouveau-Brunswick.

De nombreux Ukrainiens ont dû fuir devant l’envahisseur. Le Canada fait partie des pays qui les ont accueillis à bras ouverts.

Au Nouveau-Brunswick, le premier ministre Blaine Higgs, pourtant pas reconnu pour son empathie, n’a pas hésité à jouer un rôle important dans l’accueil de ceux-ci. Plus tôt cet été, un avion transportant 170 réfugiés ukrainiens a atterri à Dieppe. M. Higgs et quelques ministres étaient présents pour les accueillir. Le vol avait été nolisé par le gouvernement provincial. Dans le grand ordre des choses, ce n’est rien du tout. Néanmoins, chaque petit geste compte.

Le jour du Souvenir est le moment de se remémorer le sacrifice de ceux qui ont connu et fait la guerre. Que la présence de réfugiés sur notre sol néo-brunswickois soit un rappel, pendant les 364 autres journées de l’année, du prix payé par ceux et celles qui n’ont pas la chance d’avoir vu le jour dans un pays en paix comme le Canada.

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