La sortie du premier ministre Justin Trudeau contre Blaine Higgs et la nomination de Kris Austin au sein du comité de révision de la Loi sur les langues officielles du N.-B. a eu pour effet de reléguer en arrière-plan un autre enjeu crucial pour notre province.

Justin Trudeau était de passage à Oromocto et à la base militaire de Gagetown, la semaine dernière, afin d’annoncer l’injection de millions de dollars qui permettront de brancher des régions rurales à internet haute vitesse au Canada, y compris 27 000 foyers supplémentaires au Nouveau-Brunswick.

La nouvelle a toutefois été enterrée par le dossier Kris Austin. Il s’agissait d’un choix assumé de la part des libéraux fédéraux.

Plus tôt dans la journée, le caucus libéral fédéral du Nouveau-Brunswick a en effet distribué un communiqué condamnant l’action du gouvernement Higgs. Il s’assurait ainsi que le sujet serait à l’ordre du jour lors de la conférence de presse de Justin Trudeau. Celui-ci aurait ensuite l’occasion de dénoncer Blaine Higgs et Kris Austin avec force, comme il le souhaitait.

Au cours de cette conférence de presse où l’internet à haute vitesse en milieu rural a décidément retenu bien peu l’attention, Justin Trudeau a aussi commenté les récentes baisses d’impôt accordées par les progressistes-conservateurs au pouvoir au N.-B.

Celles-ci favorisent de façon démesurée les mieux nantis. Plus vous êtes riche et plus vous possédez de propriétés, plus grand est le cadeau fiscal qui vous est offert par la province et financé par les contribuables. Un non-sens alors que la crise du logement et l’explosion du coût de la vie touchent durement tant de Néo-Brunswickois.

Le gouvernement Trudeau a injecté des milliards de dollars afin d’appuyer les Canadiens pendant la pandémie et a tenu à bout de bras l’économie de notre province alors que le gouvernement Higgs préférait engranger des surplus budgétaires. Il n’est pas impressionné par les choix budgétaires de Fredericton. Avec raison.

Les fédéraux n’ont normalement pas un mot à dire sur les dossiers de compétence provinciale. C’est toutefois différent dans ce cas-ci, alors que les premiers ministres demandent une augmentation importante des transferts en santé de la part d’Ottawa.

Blaine Higgs réclame des millions de dollars du fédéral afin de financer les coûts toujours croissants du système de santé. En même temps, son gouvernement dégage des surplus budgétaires gigantesques qu’il choisit plutôt de verser en grande partie sur la dette publique et pour réduire les impôts des plus riches. «Il y a quelque chose qui cloche là-dedans», a tranché avec justesse M. Trudeau, à Oromocto.

Le gouvernement Higgs a les moyens d’agir dans le domaine de la santé. Il choisit plutôt de dépenser ses surplus budgétaires autrement. Ç’a n’a rien à avoir avec l’avarice supposée du gouvernement fédéral. En ce sens, les critiques de Justin Trudeau sont justifiées.

Cela dit, le gouvernement du Canada ne doit pas punir le Nouveau-Brunswick. Chaque province détermine ses priorités de façon indépendante. Par exemple, l’Alberta n’a pas de taxe de vente provinciale et les impôts y sont moins élevés qu’ici. Cela n’empêche pas Ottawa de lui verser sa part des transferts en santé.

Nous souhaitons toutefois voir le gouvernement Trudeau imposer des conditions strictes afin que les millions de dollars qu’il versera soient bien versés dans le système de santé au lieu de contribuer à gonfler encore plus les surplus qu’affectionne tant l’administration Higgs.

En termes plus clairs, nous croyons que Blaine Higgs n’est pas digne de confiance. S’il reçoit des fonds supplémentaires d’Ottawa, rien ne garantit qu’ils serviront à garder nos hôpitaux ouverts, à préserver les services hospitaliers, à réduire les listes d’attente et surtout à combattre la pénurie de personnel.

La vision de Fredericton consistant à réduire le fardeau fiscal des plus riches afin de convaincre un plus grand nombre de professionnels de la santé à choisir le Nouveau-Brunswick est du gros n’importe quoi. Elle ne repose sur aucune analyse sérieuse, seulement sur l’idéologie de politiciens de droite allergiques aux impôts.

Nous invitons Blaine Higgs à signer rapidement une entente avec le fédéral, y compris si les négociations devaient bloquer en raison du refus d’autres provinces d’accepter quelque condition que ce soit.

Nos hôpitaux, nos foyers de soins et nos travailleurs de la santé ont besoin d’aide. Beaucoup d’argent à Ottawa n’attend qu’à être dépensé. Il faut aller le chercher au plus vite et surtout le dépenser à bon escient.

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