La nomination de Kris Austin au sein du comité de révision de la Loi sur les langues officielles du N.-B. continue de susciter outrage et colère. Avec raison. Le premier ministre Blaine Higgs doit reconnaître qu’il a erré et retirer à l’ancien chef allianciste toute responsabilité.

Le gouvernement progressiste-conservateur est en train de devenir une parodie de ce qu’il devrait être. Le feu est pris dans la cabane et c’est le premier ministre qui est l’incendiaire.

Dans les derniers mois, Blaine Higgs a repoussé une nouvelle fois le dépôt de sa réponse au rapport de la commission des langues officielles du Nouveau-Brunswick, a géré de façon catastrophique le départ de son ministre Dominic Cardy, a fait pression pour éliminer au plus vite le programme d’immersion française dans les écoles de langue anglaise, a dénoncé le commissariat aux langues officielles et a eu une prise de bec avec le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

À travers tout cela, il a accueilli le chef de la People’s Alliance Kris Austin au sein du Parti progressiste-conservateur, a promu celui-ci ministre de la Sécurité publique et l’a nommé au sein d’un comité responsable de réviser la Loi sur les langues officielles.

Toutes ces controverses ont une chose en commun: elles ont été provoquées par le manque de jugement de Blaine Higgs et par sa méfiance viscérale à l’endroit de tous ceux qui veulent protéger et renforcer les droits linguistiques des francophones du Nouveau-Brunswick.

Blaine Higgs a toujours voulu montrer l’image d’un gouvernement sérieux, qui exige et obtient des résultats et qui privilégie la province avant la petite politique. Il est plutôt devenu celui du «data my ass».

Le premier ministre ne s’est jamais gêné au cours des années pour faire comprendre aux francophones qu’il n’en a que faire de leurs aspirations. Pensez par exemple à son refus de nommer un porte-parole politique pouvant s’exprimer en français lors des conférences de presse portant sur la COVID-19.

Bizarrement, c’est la nomination de Kris Austin au sein d’un obscur comité à la durée de vie limitée qui a provoqué la tempête.

Ce comité de révision de la Loi sur les langues officielles ne s’est réuni que deux fois au cours des derniers mois et doit normalement être dissous d’ici la fin de l’année. Il a néanmoins eu l’effet de la proverbiale goutte de trop tombée dans un vase rempli à ras bord. À l’initiative de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, pas moins de 21 organismes acadiens se sont unis pour exiger l’expulsion de M. Austin de ce comité.

Nous félicitons le milieu associatif acadien pour cette sortie musclée et nécessaire. Nous sommes particulièrement impressionnés par la diversité des voix qui se sont élevées. Le groupe des 21 comprend des organismes habitués à aller au front, comme la SANB, le Regroupement féministe et l’Association francophone des municipalités, mais aussi des regroupements qui ne soulèvent normalement pas de vagues, comme la Société des Jeux de l’Acadie et le Salon du livre de Dieppe.

Cette sortie publique n’aura pas d’effet sur le chef progressiste-conservateur. Ils auraient été 200 à participer à la conférence de presse de Fredericton ou 10 000 à marcher dans les rues de la capitale qu’il n’aurait pas davantage fléchi.

Kris Austin doit partir. Il doit être expulsé du groupe de travail sur les langues officielles. Un politicien qui a consacré sa vie à combattre les droits des francophones ne devrait pas avoir son mot à dire sur la révision de cette loi fondamentale au N.-B.

M. Austin ne devrait pas non plus siéger au sein du conseil des ministres. Sa nomination relève de la provocation. C’est sans compter qu’il ne semble pas particulièrement bien préparé à ses nouvelles fonctions. Depuis son arrivée en poste, il a reconnu se baser sur des anecdotes pour justifier ses politiques concernant la lutte contre la criminalité. Il a aussi traité le premier ministre Trudeau de «bobble head» (une figurine qui a la tête montée sur un ressort, ce qui renvoie à l’idée d’un politicien qui acquiesce et qui hoche de la tête à n’importe quoi), l’a taxé d’hypocrite et a rappelé ses blackface.

Pas très édifiant de la part d’un homme qui est vu comme étant un successeur potentiel de Blaine Higgs. Sa place est sur les banquettes d’arrière-ban, où il pourra continuer de jouer les agitateurs. Pas dans un groupe de travail du premier ministre ni au Cabinet.

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