Le premier ministre Blaine Higgs continue de descendre toujours plus bas. Sa réponse au rapport sur la révision de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick est insatisfaisante, une véritable farce, pour reprendre les paroles du président de la Société de l’Acadie du N.-B. Quant à ses propos laissant croire qu’il est une sorte de victime du bilinguisme officiel, ils sont ridicules et surtout déplorables.

Après une année d’attente et de délais, Blaine Higgs a choisi d’ignorer toutes les recommandations de la commission de révision de la Loi sur les langues officielles et de ne poser aucun geste visant à améliorer la capacité du gouvernement à respecter ses obligations linguistiques constitutionnelles. Il a trouvé plus important de dire que la vie est difficile au Nouveau-Brunswick pour un unilingue anglophone comme lui.

L’idée même que M. Higgs ait pu être traité avec injustice et discrimination est risible. Voilà un homme anglophone blanc qui a travaillé toute sa vie dans sa langue pour le plus important employeur privé de la province, Irving Oil. Il est ensuite devenu politicien, ministre des Finances, chef du Parti progressiste-conservateur et premier ministre sans apprendre le moindre mot de français. Pas parce qu’il n’en a pas eu la possibilité, mais parce qu’il ne le veut pas.

Jamais au cours de sa vie, M. Higgs n’a eu à se battre pour être servi dans sa langue au restaurant, dans un magasin, à l’hôpital, etc. Il n’a pas la moindre idée de ce que c’est que d’écouter un ambulancier ou un médecin spécialiste sans bien comprendre leurs propos. Chaque jour, tous les francophones qui l’entourent font des contorsions pour lui parler dans l’unique langue qu’il comprend.

Le privilège anglo-saxon à son meilleur.

Tout cela, le premier ministre le sait déjà. Cette sortie n’est pas venue de nulle part. Elle était planifiée.

Son objectif n’est pas de convaincre les Acadiens qu’il comprend leur réalité dans cette province censée être officiellement bilingue mais où le français est la plupart du temps relégué au statut de langue de traduction par le gouvernement.

En se posant ainsi comme victime, M. Higgs a plutôt comme objectif de courtiser la tranche d’anglophones unilingues qui croient que le bilinguisme officiel est nuisible à leur endroit. Il vise ainsi à justifier un éventuel relâchement des exigences linguistiques dans la fonction publique et un affaiblissement de la capacité du gouvernement à offrir des services dans la langue de la minorité.

Il existe un mythe au Nouveau-Brunswick voulant que les citoyens unilingues anglais ne puissent pas être embauchés au sein du gouvernement, n’obtiennent pas de promotion ou encore que les Acadiens bilingues soient avantagés au moment de l’embauche.

Tout cela est faux. Un fort pourcentage de postes dans la fonction publique peuvent et sont occupés par des unilingues anglais. Plusieurs sous-ministres ne parlent pas la langue de Molière. Quand un francophone communique avec ceux-ci, nous vous laissons deviner dans quelle langue cela doit se faire.

Néanmoins, le mythe d’une fonction publique hostile aux anglophones unilingues persiste et est notamment encouragé par la People’s Alliance et l’Anglo Rights Association of New Brunswick. Pendant longtemps, ce discours conspirationniste était surtout limité aux intolérants. Il est maintenant partagé par le premier ministre en personne.

L’annonce de la création d’un secrétariat aux langues officielles s’inscrit dans cette stratégie de division.

Contrairement au commissariat aux langues officielles qui jouit d’une indépendance et d’une autonomie en ne rendant des comptes qu’à l’Assemblée législative, le futur secrétariat sera une créature du gouvernement provincial.

Cela signifie que le premier ministre et son équipe auront toute la légitimité de nommer en poste les personnes qu’ils désirent, de téléguider leurs recommandations et d’ensuite les utiliser pour justifier d’éventuels reculs de nos droits linguistiques. Comme les discussions au sein de ce secrétariat ne seront pas rendues publiques, M. Higgs aura aussi le loisir d’ignorer leurs analyses si elles ne font pas son affaire, comme le fait de toute façon déjà le gouvernement du data my ass.

Blaine Higgs n’est pas la victime qu’il prétend être. Il est un ancien du CoR, incapable d’empathie à l’égard des francophones et de leur réalité, et qui a une nouvelle fois failli à sa responsabilité à rassembler les deux communautés linguistiques.

Sa place est à une assemblée de l’Anglo Rights Association. Pas au Bureau du premier ministre.

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