Deux en deux! Après la carte électorale fédérale, voilà que la nouvelle carte provinciale provisoire a été dévoilée. Nous n’avons que des félicitations à offrir aux commissaires et à leur équipe. Ils ont agi avec prudence afin d’accorder une représentation effective aux électeurs sans bousculer l’équilibre qui a été établi au fil des ans entre les régions et les communautés linguistiques.

Les deux commissions de révision des cartes électorales fédérale et provinciale ont chacune rendu public un rapport à moins de dix jours d’intervalle. Dans un cas comme dans l’autre, elles ont effectué de l’excellent boulot.

La commission fédérale a brillé en ramenant Grand-Sault, Saint-André et Drummond dans le giron du Madawaska et, surtout, en retenant la proposition contenue dans un mémoire qui recommandait la création d’une circonscription de Moncton-Dieppe, sans Riverview, laquelle a été transférée dans Fundy Royal où elle sera le principal pôle urbain. Avec une carte qui continuera de comprendre six circonscriptions à majorité anglophone, trois circonscriptions à majorité francophone et une dernière qui est considérée comme étant bilingue, le profil linguistique de la province a été respecté.

Le rapport sur la carte fédérale a été remis aux Communes. Il restait à voir ce que réservait la commission de révision provinciale. Dans ce cas-ci, la principale bataille avait été remportée bien avant que Camille Thériault et Roger Clinch soient nommés coprésidents de la commission.

Le gouvernement a soupesé la possibilité d’adopter une carte comprenant une trentaine de circonscriptions, plutôt que 49. Blaine Higgs avait déclaré qu’il y avait trop de députés dans la province et que ceux-ci représentaient un obstacle à la prospérité de la province, en raison de leur tendance à défendre les intérêts des électeurs de leur région plutôt que ceux de l’ensemble de la province. Ou dans ce cas-ci, aux intérêts du premier ministre lui-même.

Il s’agissait là d’un scénario catastrophique pour les Acadiens et francophones, qui auraient ainsi perdu l’essentiel de leur représentation à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.Heureusement, le bon sens a prévalu et le nombre de circonscriptions est resté inchangé.

Un autre élément a influé sur le travail de la commission provinciale. La création de la circonscription de Tantramar-Memramcook il y a 10 ans, qui avait eu pour conséquence de transférer les citoyens francophones de Memramcook dans une circonscription à majorité anglophone, a été contestée avec succès devant les tribunaux. Les commissaires devaient en tenir compte. C’est ce qu’ils ont fait.

Par ailleurs, la lecture du rapport nous révèle qu’il n’existait pas une grande volonté de changement au sein de la population. Au contraire, plusieurs mémoires ont recommandé de façon générale le statu quo, dans le Nord comme dans le Sud. Cela ne signifie pas qu’aucun changement n’était réclamé. Il n’existe toutefois pas un appétit pour une grande transformation de la carte électorale.

Les commissaires ont choisi de ne pas réinventer la roue. Ils ont travaillé par région, comme cela a été fait par les années passées. Le nombre de sièges dans chacune d’entre elles est resté le même et des ajustements ont été apportés là où cela été nécessaire, le plus important étant celui ayant mené à la création de Dieppe-Memramcook.

Pour le reste, ils se sont assuré que chaque circonscription ne dépasse pas de plus ou moins 15% le quotient électoral de 11 667 électeurs, comme le prévoit la loi, et n’ont utilisé la clause des «circonstances exceptionnelles» qu’une seule fois, soit pour Tantramar, désormais pas assez populeuse parce qu’amputée de Memramcook.

En prime, les commissaires ont eu la sensibilité de modifier certains noms de circonscriptions afin de respecter le choix des citoyens qui ont rebaptisé leurs nouvelles municipalités fusionnées. Des noms comme Baie-des-Hérons, Belle-Baie, Beausoleil, Champdoré ainsi que Grand Bouctouche feront ainsi leur apparition sur la carte électorale.

Il est impossible de faire plaisir à tout le monde et ce n’était de toute façon pas l’objectif.

Notons toutefois que la carte qui vient d’être déposée est préliminaire. Des audiences auront lieu en janvier. Les citoyens qui s’estiment lésés pourront faire des contre-propositions. Ce sera certainement le cas dans la région de Tracadie et de Néguac, de même qu’à Champdoré, où les nouvelles limites suscitent des frustrations.

Nous avons confiance que les commissaires sauront évaluer celles-ci au mérite et apporter les changements qui s’imposent, si cela s’avère nécessaire, comme ils ont su le faire tout au long de leur mandat.

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