L’année 2022 aurait dû être celle du renouveau et de l’espoir, après deux années gâchées par la pandémie. Ce fut plutôt le contraire, c’est-à-dire une année pendant laquelle nos gouvernements n’ont pas su prendre les bonnes décisions pour assurer le bien-être de la population.

2022 a commencé du mauvais pied avec l’organisation en janvier du Convoi de la liberté. Ce qui devait à la base être une manifestation contre les mesures sanitaires a rapidement dégénéré en occupation du centre-ville de la capitale nationale et au blocage d’infrastructures stratégiques, notamment le pont Ambassador qui lie le Canada aux États-Unis. Tout cela, en raison de l’incurie des autorités qui n’ont pas réalisé l’ampleur du problème avant qu’il ne soit trop tard.

Le gouvernement fédéral a finalement dû se résoudre à utiliser la Loi sur les mesures d’urgence afin de ramener l’ordre devant des protestataires qui s’opposaient non seulement aux mesures sanitaires, mais qui rêvaient aussi de faire tomber le premier ministre Justin Trudeau.

Le reste de l’année ne s’est pas déroulé sous de meilleurs auspices. Ottawa s’est montré incapable d’offrir des services de base dans des délais raisonnables. C’est ainsi que cet été, des milliers de Canadiens ont dû faire la file pendant des jours dans la rue afin d’obtenir un simple passeport. Pendant ce temps, le taux d’inflation est devenu hors de contrôle, forçant la Banque du Canada à relever brutalement son taux directeur à plusieurs reprises.

Ça n’a pas été plus beau au Nouveau-Brunswick. Le premier ministre Blaine Higgs mérite un A pour l’ampleur de ses surplus budgétaires, mais un E (pour échec) dans à peu près toutes les autres catégories.

Le Nouveau-Brunswick a été frappé de plein fouet en 2022 par trois grandes crises: pénurie de personnel en santé, explosion du coût de la vie et crise des loyers. Le gouvernement n’a réussi à juguler aucune d’entre elles.

Pire, M. Higgs démontre peu d’intérêt à agir. S’il a mis sous tutelle les réseaux de santé Vitalité et Horizon, il a bien pris soin de préciser ne pas avoir l’intention d’utiliser ses surplus pour résoudre la crise en santé.

En ce qui a trait au logement, le gouvernement n’a toujours pas l’ombre d’un plan crédible pour augmenter l’offre. Il a ordonné un plafonnement des loyers, mais ne le prolongera pas l’année prochaine.

Le gouvernement Higgs s’est par ailleurs contenté du strict minimum quand est venu le moment de venir en aide aux Néo-Brunswickois victimes de la hausse du coût de la vie. Il a offert une aide financière modeste aux personnes les plus pauvres. Il a par contre été beaucoup plus généreux à l’endroit des personnes les plus riches, qui ont eu droit à de généreuses baisses d’impôt de même qu’à une réduction de taxe foncière pour les propriétaires de chalet ou d’une résidence secondaire.

Blaine Higgs a pris près d’une année à répondre au rapport sur la commission de la révision de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, mais n’a pu faire mieux que de promettre la création d’un secrétariat qui répondra dans plusieurs mois aux principales recommandations de celle-ci.

Il a aussi foutu le bordel dans le système d’éducation anglophone en annonçant la fin précipitée du programme d’immersion française pour le remplacer par une version diluée et critiquée de toutes parts.

Sur la scène internationale, la Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine et a envahi une partie de son territoire. Un conflit qui met en lumière le plus beau côté de la politique, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est élevé pour devenir une source d’inspiration pour son peuple et à travers le monde, mais aussi le plus laid, alors que la soif de pouvoir du Russe Vladimir Poutine provoque chaque jour la misère, la mort et la destruction.

Disons les choses comme elles le sont: 2022 a été un gâchis. Pire, 2023 ne s’annonce pas beaucoup mieux, alors que nos dirigeants ne donnent aucun signe d’avoir appris de leurs erreurs, notamment ici, au N.-B.

Alors que Blaine Higgs réfléchit à son avenir politique, nous lui recommandons de réfléchir aussi à celui de ses concitoyens. Un exercice qu’il n’a pas fait assez souvent au cours de la dernière année, alors que tant de ses décisions ont été prises en fonction des intérêts et de l’idéologie du premier ministre et non pas en fonction de l’impact qu’elles auront sur la qualité de vie de la population.

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