2022 a été une mauvaise année au Nouveau-Brunswick sur le plan politique. Le populisme et l’idéologie ont eu préséance sur le bien-être des citoyens. Heureusement, des voix se sont élevées afin de protester contre la politique de division du gouvernement Higgs. Ce sont ces citoyens – certains connus, d’autres moins – qui ont été nommés par notre comité éditorial Personnalités de l’année 2022 de l’Acadie Nouvelle.

Soyons honnêtes. Il aurait été facile de choisir Blaine Higgs et Kris Austin à titre de Personnalités de l’année. Ces deux hommes ont marqué l’actualité néo-brunswickoise comme rarement d’autres politiciens l’ont fait.

L’Acadie Nouvelle a déjà nommé des personnalités médiatiques de l’année ayant causé la controverse. Nous prenons toutefois soin de ne pas choisir des gens qui ont une influence purement négative sur la province ou qui agissent dans un objectif de nuisance.

En ce sens, l’Acadie Nouvelle diffère de La Presse Canadienne, qui n’a pas hésité par le passé à choisir les meurtriers Russell Williams (2010) et Luka Rocco Magnotta (2012) en tant que personnalité médiatique de l’année.

Évidemment, Blaine Higgs et Kris Austin ne sont pas des criminels. Néanmoins, ils ont tous les deux été une source de division, notamment en utilisant leur pouvoir et leur visibilité pour exacerber les conflits linguistiques et identitaires dans la province.

M. Higgs a nommé M. Austin au sein de son conseil des ministres, puis d’un comité de la Loi sur les langues officielles. Il a ordonné l’élimination de l’immersion française dans un but qui n’a rien à avoir avec l’amélioration de l’enseignement d’une langue seconde et tout à voir avec une volonté d’éliminer un programme qu’il méprise.

Blaine Higgs, c’est la division, le rejet de tout ce qui n’est pas dans la bulle Fredericton-Saint-Jean, l’absence d’empathie et le «data my ass».

Dans ces circonstances, nous avons préféré nommer Personnalités de l’année 2022 de l’Acadie Nouvelle les gens qui se sont tenus debout et qui ont osé dénoncer les dérives du premier ministre plutôt que garder le silence.

Le plus visible de tous a été le ministre Dominic Cardy, dont la lettre de démission fracassante a permis de mettre en lumière les actions de M. Higgs vues de l’intérieur. Il a payé un lourd tribut pour sa rébellion.

D’autres citoyens ont osé prendre la parole, tout en étant conscients qu’ils dénonçaient les actions d’un homme qui ne tolère pas la critique.

Pensez à Gertrude McLaughlin, présidente de l’Association progressiste-conservatrice de Tracadie, qui a choisi de confronter le nouveau ministre Kris Austin en pleine AGA de son parti.

Au Nouveau-Brunswick, les assemblées annuelles de partis sont généralement de grandes fêtes partisanes. Les doléances y sont rares. On ne peut pas imaginer le courage qu’il a fallu à Mme McLaughlin et la nervosité qui l’habitait au moment d’exprimer ses préoccupations directement auprès de M. Austin, entourée de militants qui appuient sans réserve leur nouvelle tête d’affiche.

Même chose pour Maurice Arsenault, ce vice-président d’une section régionale du Parti progressiste-conservateur qui a osé souhaiter la mise en branle d’une procédure de révision du leadership de M. Higgs. Vous vous interrogez à quel point il faut des convictions fortes pour entreprendre une telle démarche? Dites-vous que personne d’autre au sein de sa formation politique n’a osé appuyer sa proposition!

Parmi d’autres moments forts, notons la virulente intervention à l’Assemblée législative de la députée libérale Isabelle Thériault, qui a forcé le ministre Daniel Allain à sortir de son mutisme à la suite de la nomination de Kris Austin. Mme Thériault a-t-elle été trop loin? «Quand mes droits sont menacés, au yable le décorum!», a-t-elle répliqué dans une déclaration mémorable.

Ces citoyens – et plusieurs autres – ont tous joué un rôle crucial dans la dernière année. Leur mobilisation a contribué à empêcher la normalisation du discours politique toxique en vogue à Fredericton. Quand Blaine Higgs se présente comme étant une victime traitée injustement en raison de son unilinguisme, cela est encore vu comme étant une énormité et non pas un discours politique acceptable ou «normal».

D’autres devront les imiter. 2023 ne se présente pas sous de meilleurs auspices. Il faudra encore des voix fortes et surtout plus nombreuses, portées par des personnes ayant des convictions inébranlables, pour tenir tête à un premier ministre déterminé à imposer ses vues rétrogrades avant de prendre sa retraite.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle