La dernière année a été très intense sur le plan politique. La prochaine le sera tout autant, sinon plus, alors que le premier ministre Blaine Higgs continuera de mettre en place ses pions et imposer sa volonté afin de transformer le Nouveau-Brunswick à son image. Il est de plus censé lever le voile sur son avenir politique. Une décision qui n’a que trop tardé.

Blaine Higgs aura bientôt 69 ans (le 1er mars) et sera âgé de 70 ans au moment où est censé avoir lieu le prochain scrutin provincial, en septembre 2024. Il est en politique depuis déjà une douzaine d’années. Cela comprend quatre ans à titre de ministre des Finances ainsi que quatre autres en tant que premier ministre.

Il a déjà participé à quatre campagnes électorales. Pour un politicien atypique qui n’a jamais beaucoup semblé apprécier les bains de foule et qui considère la majeure partie du Nouveau-Brunswick comme étant une sorte de territoire étranger dans lequel il n’est pas particulièrement à l’aise, c’est beaucoup.

Les rumeurs à propos de l’avenir du premier ministre ne sont pas une invention de journalistes. Elles sont propagées par M. Higgs lui-même. Il n’a jamais dit s’il dirigera le Parti progressiste-conservateur lors du prochain rendez-vous électoral. En fait, il n’a même jamais voulu confirmer qu’il terminera son mandat de quatre ans en tant que député de Quispamsis!

L’année dernière, Blaine Higgs a fait une déclaration stupéfiante. Il a indiqué qu’il fera le point sur son avenir lors du Discours sur l’état de la province, lequel aura lieu le 9 février.

Le Discours sur l’état de la province est un événement annuel organisé par la Chambre de commerce de Fredericton. L’année dernière, le premier ministre Higgs a surtout profité de l’occasion pour vanter les mérites de son gouvernement et peindre le portrait d’un Nouveau-Brunswick idyllique où tout va bien grâce à son leadership. Vous devinerez qu’il n’a jamais fait part de ses intentions concernant certaines décisions controversées qui étaient en préparation, notamment l’abolition du programme d’immersion française.

Par le passé, il a aussi dit craindre que les politiques environnementales du gouvernement fédéral menacent la survie d’Irving Oil (ça ne s’invente pas!) et a cassé du sucre sur le dos du Québec. Bref, il s’agit d’une activité politique et partisane, parfois saupoudrée d’une annonce gouvernementale ou deux, et auquel une certaine importance est accordée parce que présentée devant tout le gratin de la capitale.

Cela n’excuse pas le fait que M. Higgs veut détourner ce discours censé porter sur l’état «de la province» pour en faire une activité centrée sur sa personne.

Lors d’une série d’interviews de fin d’année accordées aux médias qui couvrent l’Assemblée législative, dont l’Acadie Nouvelle, le premier ministre a ajouté une couche de confusion en laissant entendre que l’annonce concernant son avenir politique pourrait attendre la fin de l’année. À CBC, il a même déclaré n’avoir jamais promis de jeter un éclairage à ce sujet lors du prochain Discours sur l’état de la province, avant de devoir se rétracter. Dans une autre entrevue, il a indiqué que sa réflexion se poursuit et qu’il s’agit d’une «décision personnelle».

Il y a deux problèmes avec ces récentes déclarations.

D’abord, Blaine Higgs a tout faux en laissant entendre qu’il ne s’agit que d’une décision personnelle. Il est le premier ministre! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il fait une telle erreur. Au plus fort de la pandémie, alors qu’il refusait de façon mesquine de nommer un porte-parole politique pouvant s’exprimer en français, M. Higgs avait ramené l’enjeu sur une base personnelle en disant avoir le droit de parler dans la langue de son choix, comme n’importe quel autre citoyen, sans s’attarder aux responsabilités linguistiques de son gouvernement.

Par ailleurs, l’incertitude a suffisamment duré. Il est inacceptable d’avoir en poste un premier ministre qui prend des décisions qui auront un impact sur des dizaines de milliers de Néo-Brunswickois (abolition de l’immersion française, fin du plafonnement des loyers, etc.) sans savoir s’il sera prêt à les défendre un jour devant l’électorat.

M. Higgs aurait dû dire il y a plusieurs mois déjà quelles sont ses intentions. Il est inacceptable qu’il attende un mois (lors du discours de Fredericton) et encore plus de laisser traîner les choses jusqu’à la fin de l’année.

Cette attente injustifiée a un impact sur son leadership, sur les actions de ses successeurs présumés (notamment Kris Austin) et sur le gouvernement provincial. Elle doit prendre fin au plus tôt.

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