Le gouvernement Higgs a pris de nombreuses décisions en 2022 qui ont été controversées, inacceptables ou qui vont à l’encontre des intérêts de la population. Il ne faisait pourtant que mettre la table. L’année qui débute sera celle où la vision du premier ministre sera pleinement mise en vigueur. Les nouvelles ne s’annoncent pas réjouissantes.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, Blaine Higgs a imposé deux priorités à son gouvernement: la lutte aux déficits budgétaires et la gestion de la crise de la COVID-19.

S’il s’est éventuellement désintéressé de la pandémie, le premier ministre a par contre continué de tout miser sur l’assainissement des finances publiques. Le surplus budgétaire pourrait dépasser cette année le cap du milliard de dollars au rythme où vont les choses.

Malheureusement, le Néo-Brunswickois moyen profite bien peu de ces surplus pharaoniques. Ils ont surtout été utilisés afin de rembourser la dette publique et pour diminuer le fardeau fiscal des citoyens les plus riches.

Pour le reste, M. Higgs a consacré la dernière année à préparer l’héritage qu’il entend léguer à sa retraite. C’est ainsi qu’un ministre, les membres des deux conseils d’administration des régies de la santé et de nombreux hauts fonctionnaires se sont tous fait montrer la porte au cours des douze derniers mois.

Ce gouvernement est dirigé par un autocrate qui n’accepte aucune opinion contraire à la sienne, qui affaiblit de toutes les manières possibles les contre-pouvoirs et qui ne craint pas l’impact de ses décisions sur le taux de satisfaction d’un parti politique qu’il ne dirigera peut-être pas de toute façon lors de la prochaine campagne électorale.

Concrètement, cela signifie que le premier ministre ira de l’avant coûte que coûte dans une multitude de dossiers.

L’abolition du programme d’immersion française dans le réseau anglophone est un bon exemple. Vous seriez bien en mal de trouver quelqu’un, en dehors du gouvernement, qui croit qu’il s’agit d’une bonne idée.

Le système d’éducation anglophone propose deux voies aux élèves: l’immersion et le English Prime (priorité à l’anglais). La première voie produit des cohortes d’élèves bilingues. La deuxième ne le fait pas. C’est pourtant la voie qui fonctionne (l’immersion) qui subira le couperet. Fredericton promet en échange d’améliorer le nouveau programme universel afin que tous les élèves deviennent bilingues, tout en sachant très bien qu’il ne dispose pas d’un nombre suffisant d’enseignants bilingues ni des ressources pour y arriver.

Un sabotage délibéré et planifié.

Des changements majeurs seront par ailleurs imposés en santé. Lesquels? Nous l’ignorons encore. Le système de santé est en crise, notamment en raison d’une pénurie de personnel de la santé, et n’arrive plus à suffire à la demande. Il y a urgence d’agir.

C’est toutefois rêver en couleur que de croire qu’une partie des mégasurplus servira à mettre en place un plan efficace. La solution privilégiée par ce gouvernement consiste généralement à retirer des services dans les régions extérieures à Saint-Jean et à Fredericton.

Ne soyons pas étonnés si c’est ce qui finit par survenir. En mettant à la porte les membres des conseils d’administration des régies de la santé, Blaine Higgs s’est d’abord assuré d’éliminer la voix de gens bien implantés dans leur communauté et susceptibles de critiquer les décisions à venir.

Le bras de fer se poursuivra par ailleurs avec les Premières Nations. Blaine Higgs est déterminé à accaparer les recettes de taxation dans les réserves. Il promet d’ensuite financer les priorités autochtones au mérite. Les chefs refusent de se faire imposer cet arrangement paternaliste, avec raison, et menacent d’imposer leur régime de taxation.

D’autres enjeux seront fortement influencés par les idéaux du premier ministre plutôt que par leur impact sur la population qu’il est censé appuyer et servir. Parmi ceux-ci, rien n’aura un plus grand impact sur le portefeuille des gens touchés que la fin du plafonnement des loyers, lequel aura comme conséquence de doper les augmentations qui seront imposées dans les prochains mois.

Les intentions de M. Higgs deviendront par ailleurs plus claires en ce qui concerne le secrétariat aux langues officielles qu’il a promis de créer. Cela s’accompagnera d’une modification aux responsabilités du commissariat indépendant déjà existant et, possiblement, d’une révision des exigences linguistiques dans la fonction publique.

Les prochains mois ne seront peut-être pas aussi tumultueux que les précédents. L’impact des décisions qui y seront prises se fera toutefois sentir pendant longtemps et pas pour le mieux.

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