Le nouveau ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Bill Hogan, n’impressionne pas depuis sa nomination au cabinet par le premier ministre Blaine Higgs.

Il existe dans le monde du travail un concept qui est connu sous le nom de principe de Peter, selon lequel dans une organisation hiérarchisée, tout employé a tendance à s’élever jusqu’à son niveau d’incompétence. Il est à se demander si ce n’est pas ce qui est en train de se produire avec Bill Hogan.

Quand il était encore simple député, M. Hogan donnait pourtant l’image d’un élu bien préparé et dont les questions et interventions étaient toujours pertinentes, lors des divers comités de l’Assemblée législative. Ses efforts lui ont valu une promotion en février 2022, alors qu’il a été nommé ministre de la Sécurité publique. Il s’est vu ensuite confier les rênes de l’Éducation en octobre de la même année. Depuis, le feu est pris dans le ministère.

À sa décharge, ce n’est pas uniquement de sa faute. Blaine Higgs l’a nommé à ce poste avec un unique objectif en tête: éliminer le plus rapidement possible le programme d’immersion française dans les écoles anglophones du N.-B., au mépris de toute logique.

Tant M. Hogan que M. Higgs savent que le programme d’immersion néo-brunswickois est un succès, que les changements sont imposés de façon trop brutale et qu’il n’y a pas suffisamment de ressources pour mettre en place le nouveau programme universel d’apprentissage du français qu’ils ont en tête.

Ça ne les empêche pas de tenter de faire avaler cette couleuvre aux électeurs.

Étant donné que la réforme est extrêmement impopulaire, M. Hogan est pris à jouer avec les mots. Au lieu de dire tout bonnement qu’il abolit l’immersion, il soutient plutôt que le ministère mettra en place une nouvelle vision qu’il a eu le culot de nommer Programme d’immersion novateur du N.-B., et ce, même s’il n’aura d’immersion que le nom.

Le ministre soutient aussi que les décisions ne sont pas coulées dans le béton, qu’il est ouvert aux suggestions et que des améliorations peuvent être apportées. C’est faux, le premier ministre étant déterminé à abolir l’immersion coûte que coûte. Il a tranché avant les consultations. Pas après.

Les parents ne sont pas dupes. Une assemblée à ce sujet a été houleuse cette semaine, au point où M. Hogan a tenté, de façon peu édifiante, de jouer son ancien rôle d’enseignant devant une classe indisciplinée en menaçant même de mettre fin aux consultations.

La difficulté du ministre à faire face à ses responsabilités n’est pas la seule chose qui nous préoccupe. Il fait aussi preuve de manque de jugement, autant dans les dossiers mineurs que majeurs.

Un cours d’éducation civique sera offert dans les écoles anglophones à compter de l’automne prochain. Dans la section du programme portant sur les droits linguistiques, le ministère de l’Éducation dirige les enseignants vers le site web de l’Anglo Rights Association of New Brunswick, un groupuscule opposé aux droits linguistiques des Acadiens.

Un ministre allumé serait intervenu afin de mettre fin à cette situation honteuse. Pas M. Hogan, qui a soutenu que les élèves doivent découvrir «une variété de perspectives».

Cette semaine, nous avons appris que le ministre a éliminé les Prix d’excellence en éducation, qui étaient remis chaque année aux enseignants qui se démarquent le plus.

Cette décision est d’autant plus injustifiable que l’équivalent anglais de ces prix, les Minister’s Excellence in Education Awards, n’ont pas subi le même sort. Le couperet a été réservé uniquement au secteur francophone, où seront désormais décernés de nouveaux prix qui seront tirés au sort. Ça ne s’invente pas.

Interrogé à ce sujet, le ministre Hogan a répondu avec des demi-vérités et en jouant sur les mots, comme il le fait en immersion, en soutenant avoir l’intention de souligner le travail des enseignants l’automne prochain et qu’il a été «convenu d’agir ainsi» avec l’association qui les représente.

Ça commence à faire beaucoup de décisions douteuses et d’erreurs de jugement pour un ministre qui n’est pourtant en poste que depuis trois mois.

Le système d’éducation de la province est en de mauvaises mains avec ce gouvernement. Que ce soit par sa propre faute ou parce qu’il tente maladroitement de respecter les requêtes irrationnelles de son premier ministre, Bill Hogan ne livre pas la marchandise.

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