Une lutte plutôt discrète dans Tobique-Mactaquac

La joute électorale qui se déroule dans la circonscription de Tobique-Mactaquac ne semble pas prête à défrayer les grands titres au pays.

Outre quelques affiches des principaux candidats qui sont éparpillés ici et là aux quatre coins de l’immense circonscription nichée dans l’ouest de la province, difficile de deviner que libéraux et conservateurs se font la lutte afin de représenter les citoyens de l’endroit à la Chambre des communes.

Sans trop faire de bruit, le candidat conservateur Richard Bragdon fait campagne depuis février 2018.

Celui-ci en sera à une deuxième participation à une élection fédérale. En 2015, le candidat conservateur avait été défait par le libéral T.J. Harvey qu’il l’avait emporté avec une majorité d’un peu plus de 3000 voix.

Sa rivale, la libérale Kelsey MacDonald, a quant à elle été investie candidate sur le tard, soit il y a à peine un peu plus de deux petites semaines.

Bien que discrets depuis le début de la campagne électorale, Rowan P. Miller (Vert), Dominic Guay (Parti populaire du Canada) et Megan Aiken (NPD) tentent eux aussi d’obtenir la faveur de l’électorat dans Tobique-Mactaquac.

L’économie de cette grande région repose en bonne partie sur l’agriculture, principalement grâce à l’industrie de la pomme de terre qui y est bien présente.

Le siège social de l’entreprise McCain Foods est d’ailleurs installé à Florenceville-Bristol, la capitale mondiale de la frite qui se trouve au cœur de la circonscription fédérale.

D’un point de vue linguistique, Tobique-Mactaquac a la particularité d’être littéralement scindé en deux.

Le nord de la région, où se trouvent les localités de Grand-Sault, de Drummond et de Saint-André est composé d’électeurs majoritairement francophones alors que le français est complètement absent du reste de la circonscription.

Comme ailleurs, les électeurs de l’endroit ont l’habitude depuis la création de la circonscription, en 1996, de confier le pouvoir aux conservateurs et aux libéraux en alternance.

Difficile de prédire si cette règle d’alternance sera de nouveau respectée lors du prochain scrutin.

Dans leurs projections électorales respectives, les sites spécialisés 338Canada et Calculated Politics prévoient tous deux un gain conservateur aux dépens des libéraux, le 21 octobre, dans Tobique Mactaquac.

Né à Woodstock, le candidat Richard Bragdon vit actuellement à Keswick Ridge avec son épouse et ses trois enfants.

Même s’il fait campagne depuis près d’un an et demi, le candidat conservateur et ancien pasteur ne tient absolument rien pour acquis, même si certains sondages lui semblent favorables.

Il entend pleinement mériter son ticket pour Ottawa et le privilège de pouvoir représenter les gens de son comté à la Chambre des communes.

«Les gens estiment que la région a été négligée à Ottawa au cours des dernières années et que le gouvernement ignore les besoins des citoyens d’ici», a affirmé Richard Bragdon.

Même s’il est anglophone et qu’il réside près de la capitale provinciale, Richard Bragdon n’entend pas pour autant négliger les électeurs francophones de Tobique Mactaquac.

Le candidat était d’ailleurs à Saint-André mercredi afin d’aller à la rencontre des citoyens de l’endroit et de parfaire sa maîtrise de la langue française.

Il assure avoir mené la plupart des discussions avec les électeurs en français au cours de cette journée de porte-à-porte et d’immersion.

«Le dialogue avec les francophones du Nouveau-Brunswick et du reste du Canada doit se poursuivre afin de maintenir de bonnes relations entre les deux principales communautés», estime le candidat conservateur.

«Les gens de la région Grand-Sault pourront compter sur ma présence en tout temps, j’aurai des installations à cet endroit si je suis élu», promet Richard Bragdon.

Dernière à être inscrite à la course électorale, la candidate libérale Kelsey MacDonald a dû entamer la campagne en 4e vitesse, n’ayant qu’un seul mois à sa disposition pour séduire l’électorat.

«L’accueil lorsque je fais du porte-à-porte est positif, les conversations avec les gens sont intéressantes et excitantes», a indiqué celle qui est née et qui a grandi à Grand-Sault.

«Les gens de Tobique-Mactaquac ont le droit d’être représentés par une personne entièrement bilingue et d’être servis dans la langue de leur choix.»

Kelsey MacDonald mise sur son expérience en politique provinciale et son travail pour plusieurs ministres fédéraux afin de réussir à convaincre les électeurs qu’elle peut les représenter adéquatement à Ottawa et bien maîtriser les dossiers qu’elle pilote.

«Je crois honnêtement que le Parti libéral a offert quatre années de politiques positives, comme son programme d’allocations pour enfants qui a aidé plusieurs familles de Tobique-Mactaquac», a souligné la candidate libérale.

«Le Canada a trop avancé au cours des dernières années pour revenir en arrière avec un gouvernement conservateur», estime Kelsey MacDonald.

Il va de soi que la classe politique et la communauté d’affaires de la région suivent avec attention l’actuelle campagne électorale et attend avec impatience de connaître le prochain représentant fédéral.

«Je souhaite que le prochain député ait une oreille attentive pour notre région. Aux yeux de toutes les municipalités, il y doit y avoir une meilleure collaboration entre les gouvernements afin de mener les programmes d’infrastructures et d’embellir nos communautés», a souligné Marcel Deschênes, le maire de Grand-Sault.

«On va travailler avec la personne qui sera élue! Tout en demeurant neutre comme organisme, l’on espère obtenir une bonne collaboration avec ce prochain élu qui pourra contribuer à la croissance de l’emploi dans notre région», a pour sa part affirmé Gilles Beaulieu, le directeur de la Chambre de commerce de la Vallée.