Justin Trudeau et Jagmeet Singh ont courtisé les électeurs ontariens

À l’exception de Justin Trudeau et de Jagmeet Singh, tous les chefs des principaux partis fédéraux ont décidé dimanche de limiter leurs activités à la préparation en vue du débat télévisé en anglais qui se déroulera lundi.

Le chef libéral et son homologue néo-démocrate étaient tous deux en Ontario. Si le premier voulait rappeler ses engagements environnementaux en plantant quelques arbres à Plainfield, le second a courtisé les électeurs de la région d’Ottawa en compagnie d’un de ses lointains prédécesseurs, Ed Broadbent, comme pour souligner, si besoin était, ses convictions d’homme de gauche.

Mais M. Trudeau a dû parler de bilinguisme et des propos offensants d’un de ses candidats en Nouvelle-Écosse.

Il a refusé de se mouiller face à la volonté du gouvernement de François Legault d’interdire la formule « Bonjour-Hi! » dans les commerces et les services publics du Québec.

« Il n’y a aucune législation sur laquelle je pourrais me prononcer maintenant », a-t-il déclaré, en soulignant avoir « toujours reconnu l’importance et la primauté du français au Québec ».

M. Trudeau a aussi défendu la décision de son parti de de pas montrer la porte à Jaime Battiste, le candidat libéral dans Sydney-Victoria, qui a présenté ses excuses, plus tôt cette semaine, après que le quotidien « Toronto Sun » eut rapporté des commentaires racistes et sexistes qu’il avait tenus dans de vieilles publications sur les réseaux sociaux.

« M. Battiste a pris responsabilité pour ses actions et s’est excusé profondément », a déclaré le chef libéral.

Singh et Broadbent

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a pu compter sur la présence d’un des titans de son parti, dimanche, pendant qu’il faisait campagne à Ottawa.

Ed Broadbent, qui a dirigé le Nouveau Parti démocratique pendant une quinzaine d’années, l’a accompagné lors d’une visite dans un marché de la capitale.

« Je lui dis que je veux être comme lui quand je serai grand », a lancé Jagmeet Singh à la blague, à propos de celui qu’il décrit comme « un mentor et un guide ».

À la veille du premier débat des chefs officiel en anglais, M. Broadbent avait deux conseils pour son successeur: « être lui-même » et « répéter exactement ce qu’il a fait en français », lors du Face-à-Face diffusé à TVA mercredi.

« Ce que je vais faire demain, c’est être authentique, mais en plus, je vais partager les histoires des gens que je rencontre tout le temps. Les gens qui sentent qu’ils n’ont pas une voix, je vais être leur voix », a déclaré M. Singh en français.

Le chef conservateur Andrew Scheer a aussi reçu le conseil d’un allié, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney. Selon ce dernier, M. Scheer doit éviter de se cantonner en défense. « S’il subit des attaques regroupées, c’est parce qu’il mène. Alors mon conseil pour lui est le suivant: il faut qu’il évite d’être trop défensif. Il faut qu’il communique son message. C’est ce que j’ai fait et cela a fonctionné. »

Un tournant?

Dans une lettre envoyée à ses partisans, le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a dit que les débats de lundi et de jeudi pourraient être des tournants de la campagne. Il parie que l’occasion qui lui est offerte de s’adresser à un auditoire national lui permettra d’augmenter ses appuis.

« Des millions de Canadiens entendront le Parti populaire pour la première fois », a dit celui qui avait été exclu du débat de MacLean et de Citytv ainsi que de celui de TVA.