Jour 29: La montée du Bloc québécois inquiète les conservateurs et les libéraux

À 12 jours du scrutin du 21 octobre, le Bloc québécois est la cible d’attaques plus insistantes de la part des libéraux et des conservateurs.

Justin Trudeau décrit la formation québécoise comme impuissante tandis que Andrew Scheer la dit obsédée par la souveraineté.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc, s’en amuse.

«Il y a, dans cette stratégie hautement prévisible des autres partis, une admission et une crainte que le Québec donne pas mal de sièges au Bloc québécois», a analysé M. Blanchet lors d’un point de presse à Gatineau, mercredi.

Selon un nouveau sondage Léger réalisé pour le compte de La Presse canadienne et publié mercredi, libéraux et conservateurs sont toujours au coude à coude, mais à 31% des intentions de vote. Cela représente une baisse de trois points pour les deux camps et semble confirmer le scénario d’un prochain gouvernement minoritaire.

En revanche, le Bloc québécois est en forte progression au Québec. Il a gagné neuf points pour s’élever à 29%, tout juste derrière les libéraux à 31%, mais loin devant les conservateurs à 16 pour cent.

«Le Bloc ne peut pas mener un plan pancanadien contre les changements climatiques», avait dit plus tôt, à Markham en Ontario, un chef libéral qui en appelait aux intérêts environnementaux des Québécois qui, d’après lui, sont «encore plus que beaucoup d’autres Canadiens» préoccupés par l’environnement.

Le chef conservateur, lui, en appelait aux préoccupations financières des Québécois.

«Notre priorité, c’est de rendre la vie plus abordable et laisser plus d’argent dans les poches des Québécois et Québécoises. La priorité de M. Blanchet, c’est de travailler avec le Parti québécois pour la souveraineté», a affirmé Andrew Scheer lors d’un arrêt à la frontière canado-américaine.

«Les Québécois et Québécoises ont fait un choix l’an dernier. (Ils ont) choisi un nouveau gouvernement. Et maintenant, c’est le temps pour (un) nouveau gouvernement au niveau fédéral qui va renforcer la nation québécoise», a plaidé M. Scheer.

Faisant bande à part, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a choisi de ne rien dire du Bloc québécois dans son discours devant le congrès du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), à Montréal.

M. Singh a surtout attaqué le chef libéral, puis le Parti conservateur, et même les verts d’Elizabeth May. Mais pas un mot sur le Bloc québécois qui, pourtant, risque de lui arracher des comtés qui avaient voté pour le NPD en 2015.

Promesses vertes

Aussi de passage à Montréal, la leader du Parti vert a promis, si son parti obtient la balance du pouvoir, d’utiliser ce pouvoir pour obtenir plus de protection de la culture.

Elizabeth May voudra ainsi imposer les revenus des géants du web et les forcer à récolter la TPS – «sans attendre».

Mme May a aussi souligné que son parti augmenterait le financement de Radio-Canada à hauteur de la somme par habitant remise à la BBC, le diffuseur d’État au Royaume-Uni. Car les francophones hors Québec méritent des services de nouvelles de qualité, a-t-elle notamment fait valoir, sur l’esplanade de la Place des arts à Montréal.

Promesses conservatrices

Le chef conservateur a choisi le chemin Roxham comme décor pour promettre à Québec «de recevoir avec intérêt» ses demandes d’un plus grand contrôle sur la sélection des nouveaux arrivants sur son territoire.

M. Scheer s’est engagé, s’il est élu, à embaucher 250 officiers de plus pour patrouiller la frontière. Et sans en préciser le nombre, il a dit qu’il déploierait à la frontière, «vers les points chauds des migrants illégaux», des juges de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. Ces juges traiteraient ainsi plus rapidement les demandes des migrants.

Promesses libérales

Mercredi matin, Justin Trudeau avait une date à mettre sur l’une de ses promesses électorales.

«La première chose qu’on fera en tant que gouvernement, c’est de baisser encore une fois les impôts des Canadiens et en plus d’accorder une baisse d’impôts à ceux qui en ont le plus besoin, un gouvernement libéral réélu réduira vos factures de cellulaires de 25% d’ici deux ans», a-t-il déclaré.