Vote étudiant: l’U de M prend des allures vertes 

À moins de deux semaines de l’élection fédérale, l’Acadie Nouvelle a voulu connaître les préoccupations politiques qui animent le choix au scrutin des étudiants de l’Université de Moncton. Sans surprise, l’environnement est l’enjeu qui occupe une grande place.

«Les politiciens mettent l’accent sur l’environnement à cause de toutes les manifestations mondiales. Tu ne peux plus avoir un parti politique et ne pas parler d’environnement parce que c’est clairement l’enjeu de notre génération», lance Tommy Des Rosiers, étudiant en deuxième année à la maîtrise en administration publique.

Plus de 121 bureaux de vote ont été érigés dans les campus des collèges et universités du Canada. Tirés d’un projet pilote d’Élections Canada en 2015, ces bureaux de scrutin sont de retour cette année. Ils démontrent un bon taux de participation, selon Emmett Keyserlingk, président de Majorité Future, une organisation nationale et non partisane qui encourage le vote chez les 18-34 ans.

L’engagement politique des étudiants est d’ailleurs à la hausse d’après ses observations.

«C’est énorme. Les jeunes forment le groupe d’électeurs le plus important au pays pour la première fois et il y a un sentiment de puissance là-dedans», dit-il avec enthousiasme.

En fin d’après-midi ce mardi, la population étudiante est bien présente devant le bureau de scrutin du campus de l’Université de Moncton, au Centre étudiant.

Dans la file d’attente, des chaises sont installées à cet effet. Elles sont presque toutes remplies.

Plusieurs étudiants n’ont pas hésité à donner leur avis sur la campagne électorale.

Jean-Sébastien Chevarie, étudiant de troisième année au diplôme en sciences de la santé, a suivi avec intérêt les débats des candidats qui se sont déroulés sur le campus.

Jean-Sébastien Chevarie, étudiant de troisième année au diplôme en sciences de la santé a hésité entre les verts et les libéraux

La semaine dernière, l’association Symbiose a organisé un débat sur l’environnement. La candidate pour le Parti vert dans la circonscription Moncton-Riverview-Dieppe, Claire Kelly a marqué des points auprès de Jean-Sébastien.

«J’ai vu que le Parti vert est venu ici plusieurs fois. J’ai trouvé que ça peut influencer certains votes.»

Il confie que depuis qu’il est majeur, son vote allait toujours aux libéraux. Cette élection bouleverse ses convictions politiques. Il s’est donné le temps de passer la file pour faire son choix final entre les libéraux et les verts.

Marie-Pier Arseneau, étudiante de deuxième année en éducation muséale, est elle aussi hésitante entre ces deux partis. L’enjeu environnemental semble s’être taillé une bonne place dans son opinion politique.

Marie-Pier Arseneau, étudiante de deuxième année en éducation muséale, n’était pas encore certaine de son choix au scrutin: Parti vert ou Parti libéral?

«C’est vraiment ça mon numéro un. Si on n’a pas de planète où habiter, il n’y a rien d’autre», lance-t-elle.

Au bar le Coude, en face, un groupe de quatre étudiants de troisième année en travail social discutent de leurs choix aux urnes. Tous ont à cœur la préservation de l’environnement.

Alexandra Gauvin, qui a déjà voté, a choisi le NPD, tandis que Nathaniel Boris a plutôt opté pour le Parti vert.

Mathieu Fortin n’avait toujours pas exercé son droit de vote mardi. Il ne sait pas quel candidat choisir, mais se dit  touché par la cause climatique. Il a d’ailleurs tranché pour le Parti vert lors des élections provinciales de 2018.

Alexandra Gauvin, Mathieu Fortin, Nathaniel Boris et Geneve LeBlanc, tous étudiants en troisième année en travail social, ont discuté de la montée de la popularité des Verts au pays

«Il y a de bonnes chances que je vote pour le Parti vert cette élection. Je pense qu’il est pas mal plus populaire qu’il était aussi.»

Même coup de sonde pour une table d’étudiants un peu plus loin. Tommy Des Rosiers et Amélie Arseneau, étudiants en deuxième année à la maîtrise en administration publique, sont aussi interpellés par la question environnementale.

Tommy a rencontré Ginette Petitpas Taylor et Claire Kelley, candidates du Parti libéral et du Parti vert dans sa circonscription, lui permettant de réduire son choix entre les deux.

Au moment d’écrire ces lignes, il hésitait toujours entre les deux candidates.

Si l’environnement est avantagé dans l’étalage de ses convictions, d’autres enjeux le sont moins.

«L’économie, ça me passe 20 pieds par-dessus la tête. Chaque fois, on se fait promettre que les taxes vont baisser. Ce n’est encore jamais arrivé!»

L’économie est pourtant au centre des priorités de Carl Brunelle, originaire du Québec. En tant que parent du jeune Alec, il se sent plutôt interpellé par la campagne électorale actuelle.

Carl Brunelle et son fils, le petit Alec. Carl se sent davantage interpellé en tant que parent qu’en tant qu’étudiant durant cette campagne électorale

«Monétairement, je suis plus investi dans les élections par rapport à avant où j’avais moins d’inquiétude sur mes revenus et mes dépenses. Maintenant, je le vois chaque mois.»

Il affirme que grâce aux libéraux, il a maintenant 600$ de plus par mois, résultat d’un programme parental fédéral.

«Dans mon portefeuille, je vois très clairement les actions des libéraux des dernières années.»

En ligne devant le bureau de scrutin, il oscillait toujours entre le Parti vert, le Parti libéral ou le Bloc québécois.

«L’économie et la santé vont passer un petit peu avant, parce qu’on n’est pas encore à côté du gouffre climatique. Ça va devenir de plus en plus important avec le temps.»

Sondé à savoir pourquoi le Parti vert semble gagner en popularité, Antoine Zboralski, président de Symbiose, dit sentir que l’intérêt à la cause climatique grimper en flèche.

«C’est la génération qui va sentir le plus les changements climatiques. C’est peut-être eux qui ont le plus conscience de ce qui va se passer parce qu’ils seront affectés en premier.»