Tent City au coeur du débat francophone à Moncton

La conservatrice Sylvie Godin-Charest et la députée libérale sortante, Ginette Petitpas-Taylor, ont essuyé le plus d’attaques de la part des autres candidats, Luke MacLaren, du Nouveau Parti démocratique, et Claire Kelly, du Parti vert.

Le débat francophone de Moncton-Riverview-Dieppe a attiré une petite foule au bar étudiant le Coude, à l’Université de Moncton.

La question du logement abordable, qui attise les passions à cause du problème grandissant de l’itinérance dans la cité, a été débattue à la suite d’une suggestion de la candidate du Parti vert.

«L’accès au logement est un droit humain, et un ministre du logement pourrait renforcer ce droit. C’est vrai que les libéraux ont bien fait ces quatre dernières années, mais on doit en faire plus», a dit Claire Kelly.

La conservatrice Sylvie Godin-Charest s’est alors tournée vers sa rivale Ginette Petitpas-Taylor pour la presser sur l’enjeu.

«Qu’est-ce qui a été fait localement pour régler cette question? À Moncton, nous avons Tent City. C’est incroyable qu’on ait ça dans notre communauté, c’est un problème alarmant et grandissant, donc je me demande ce que les libéraux ont fait pendant quatre ans.»

Elle a accusé le gouvernement fédéral d’avoir attendu «à la dernière minute» avant de verser des fonds à la Maison de Nazareth pour l’ouverture d’un nouveau refuge, qui n’a toujours pas ouvert ses portes.

La députée sortante a esquivé en soulignant les investissements de son gouvernement dans le domaine.

«Nous avons fait des investissements historiques d’une valeur de 40 millions $, et ici, Mme Godin-Charest, les investissements ont été faits. Nous avons investi dans la Maison de Nazareth cet été puisque le gouvernement conservateur provincial ne voulait pas toujours travailler avec le fédéral», dit Ginette Petitpas-Taylor.

«C’est faux», a répété Sylvie Godin-Charest à plusieurs reprises en tentant d’interrompre sa rivale.

Luke MacLaren, candidat du NPD, estime que la liste d’attente pour obtenir de l’aide au logement est trop longue.

«Il y a quelqu’un qui vivait à Tent City qui disait qu’elle était sur la liste d’attente pour 25 ans. J’ai 23 ans d’âge, attendre 25 ans pour obtenir un endroit où se loger, c’est un problème grave.»

Les candidats ont aussi échangé à propos des droits linguistiques dans la province.

Sylvie Godin-Charest en a profité pour questionner la candidate libérale sur la nomination de la lieutenante-gouverneure Brenda Murphy, une unilingue anglophone nommée par Justin Trudeau.

En guise de réponse, Ginette Petitpas-Taylor a d’abord détourné la question en interrogeant son adversaire conservatrice sur le refus du gouvernement provincial de créer un Secrétariat aux langues officielles, une recommandation du commissaire Michel Carrier.

S’est ensuivie une dispute cacophonique entre les deux rivales. Mme Petitpas-Taylor a toutefois fini par répondre à la question.

«Mme Murphy a un français de base. Je l’ai rencontrée à son assermentation. C’est notre priorité absolue de nous assurer qu’elle va maîtriser la langue française», a-t-elle rétorqué.

Lors des questions du public, les quatre candidats se sont aussi prononcés sur la fermeture récente de la clinique 554 à Fredericton, le seul point d’accès privé pour obtenir un avortement au Nouveau-Brunswick.

La candidate libérale estime que le gouvernement provincial va à l’encontre de la loi en refusant de financer les avortements pratiqués dans la clinique.

Claire Kelly a alors interrompu Ginette Petitpas-Taylor pour la critiquer sur la baisse des transferts en santé aux provinces.

«Si on avait plus d’argent, on pourrait avoir plus de points d’accès, n’est-ce pas? On perd de l’argent dans ces transferts, et c’est l’une des raisons pour lesquelles il n’y a pas plus d’accès à l’avortement dans la province.»