Colombie-Britannique: les vignerons se méfient de l’impact des incendies sur leurs vins

La Presse CanadienneEt cetera

Les vignerons ne peuvent qu’espérer que l’odeur de fumée qui flotte dans l’air de la Colombie-Britannique à la suite des incendies de forêt ne tourbillonnera pas aussi dans les verres une fois que les millésimes de cette année auront été mis en bouteille.

Des raisins exposés à la fumée peuvent donner au vin un goût acide de cendres et on dispose de tests pour permettre aux vignerons d’évaluer la qualité de leurs récoltes, a dit le chercheur Matt Noestheden, un étudiant au doctorat à l’Université de la Colombie-Britannique dans l’Okanagan, à Kelowna.

«Pour cette saison, le temps le dira. Si je pouvais (prédire la qualité) je serais un homme riche, a-t-il déclaré lors d’un entretien téléphonique. Nous travaillons actuellement cette année sur des moyens susceptibles de protéger les raisins, mais les vignerons ne peuvent rien faire pour protéger les raisins.»

Les raisins rouges, tels que la variété Pinot Noir qui est largement cultivée dans l’Okanagan, passent du vert au rouge dans un processus connu sous le nom de véraison. Ce processus est actuellement en cours dans la région, a indiqué M. Noestheden, qui ajoute que les vignobles avaient échappé à tout danger l’année dernière, car la fumée des incendies de forêt s’était répandue au début de la saison de croissance et non pas lorsque les raisins avaient changé de couleur.

«Cette période de deux à trois semaines entre la pleine véraison et quelques semaines plus tard est celle où les raisins semblent être les plus sensibles au problème», a-t-il ajouté.

L’indice de la qualité de l’air du gouvernement de la province, qui comprend une mesure de la teneur en particules, témoignait d’une qualité modérée dans l’Okanagan mardi, mais la cote devrait atteindre un niveau élevé mercredi. Des avertissements de ciel enfumé lancés par Environnement Canada indiquent que les communautés de l’intérieur de la Colombie-Britannique verront probablement la qualité de l’air se dégrader au cours de la semaine alors que les vents d’ouest devraient souffler la fumée vers la région.

M. Noestheden collabore avec Supra Research and Development, basé dans l’Okanagan, pour identifier les marqueurs chimiques de la fumée et il explique que les établissements vinicoles de la Colombie-Britannique jusqu’en Californie attendent l’issue. Il doute que les établissements vinicoles de l’Ontario soient touchés par la fumée dans cette province.

«Ils ne reçoivent pas autant de fumée que nous», a-t-il dit.

Les tests développés sont appliqués sur le terrain et les résultats pourraient offrir des solutions aux producteurs de raisin dans les régions où la fumée de forêt perdure.

«Maintenant, nous pensons que nous pouvons comprendre la chimie au point de pouvoir réfléchir aux moyens d’isoler les raisins sur le terrain, a expliqué M. Noestheden. Nous examinons également les moyens par lesquels les vignerons peuvent augmenter leur fermentation afin d’atténuer l’impact que la fumée pourrait avoir sur le goût et l’arôme finaux de ce vin particulier.»

La meilleure solution pour les vignerons soucieux cette année est de fabriquer et de déguster un petit lot de vin immédiatement après la récolte des raisins, a-t-il dit.

«Nous essayons de repousser ce délai pour que les vignerons puissent planifier leurs fermentations en conséquence, mais pour le moment, le meilleur conseil est de faire du vin et d’y goûter.»