Une nouvelle page sur le calendrier: le beau mois de juin. Les journées sont plus chaudes, les soirées plus longues, et les vacances s’en viennent. C’est le mois pendant lequel on peut déjà apprécier la belle saison, tout en sachant que le meilleur est à venir.

Samedi dernier, vous m’avez accompagné dans mes pérégrinations qui m’ont fait apprécier la merveilleuse histoire de la vie sur terre. Celle qui suscite l’émerveillement de tous. La foi de certains. Il y a un envers à cette épopée.

Au cours du temps, l’intelligence apparaît chez notre ancêtre commun, l’Homo Sapiens. Il y a plus de deux cents mille ans, l’être humain devient capable de développer divers instruments, de mettre en œuvre des techniques et de contrôler son environnement. Il apprend à allumer des feux, à construire des armes et à se défendre face à la nature.

Derrière tant d’efficacité, nous voyons se profiler les problèmes qui sont les nôtres aujourd’hui. Ce que nous pouvons dire de l’armement, nous pouvons aussi le dire du domaine des pêches: des instruments qui ont permis la survie de la race humaine sont en train de devenirs si puissants qu’ils risquent de détruire jusqu’à l’extermination complète.

L’intelligence, si positive qu’elle a été pour permettre la sauvegarde de l’espèce humaine s’avère aussi négative lorsqu’elle devient un levier de menace pour d’autres espèces. Les recherches sont unanimes: la puissance humaine est si dominatrice qu’elle ne peut se comparer à celle d’autres espèces. Celles-ci ont raison de craindre les humains.

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Lorsque des humains arrivent sur un nouveau territoire, on assiste à l’extinction de plusieurs espèces. Chateaubriand disait que «les forêts précèdent les hommes, les déserts les suivent». La nature est victime du saccage humain.

La disparition des certaines espèces est facilitée d’abord par les armes. Ensuite, l’élevage et l’agriculture enlèvent des habitats naturels. Plus récemment, la biodiversité est menacée par des technologies plus avancées et sournoises (ex.: pesticides, pollution, surpêche, etc.).

Pour certains, il est normal que des espèces disparaissent et que d’autres arrivent. Le problème aujourd’hui, c’est que l’arrivée de nouvelles espèces ne compense pas le nombre élevé d’extinctions. Vous l’avez remarqué: nous n’entendons plus autant d’oiseaux qu’autrefois! Récemment, les médias nous renseignaient sur la diminution des abeilles. Cette espèce, comme tant d’autres, participe au maintien de l’écosystème. Lorsqu’elle disparaît, c’est tout un système qui se fragilise. L’effet «domino», vous connaissez?

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Si notre intelligence peut être à la base du saccage humain de la nature, elle peut aussi être sa source de changement. Je le crois. Notre intelligence est aussi faite de compassion et d’empathie. Ce qui n’existe pas dans toutes les espèces.

Dans une belle fable, Hubert Reeves dit que pour survivre, Dame Nature a inventé la compassion. Ainsi, dans une famille humaine, les parents soignent généralement l’enfant malade, contrairement aux autres espèces où les plus forts délogent les plus faibles.

La compassion permet à l’humain de s’émouvoir et de réagir pour donner à l’autre sa dignité. Ainsi, il y a eu des progrès dans l’histoire humaine: l’abolition de l’esclavage, la suppression de la peine de mort, la place des femmes, etc. L’empathie pour tous les vivants suscite un nouvel espoir pour une éthique de l’écologie. Nous sommes témoins de cet éveil. L’étincelle doit allumer un grand feu.

Nous ne pourrons probablement pas faire revenir des espèces maintenant disparues. Mais nous pouvons adopter des politiques, des attitudes et des comportments qui pourront préserver ce qui reste et favoriser des possibilités d’évolution. Conseillés par les scientifiques et mobilisés par les environnementalistes, nous pouvons créer les conditions pour que la nature puisse continuer à nous porter et même… à nous surprendre!