Je ne suis pas de ceux qui raffolent de séquences d’action. À mes yeux, les bagarres chorégraphiées et les poursuites en voiture sont une perte de temps et un obstacle à l’avancement de l’intrigue. Mais quand j’ai vu Men in Black: International (en salle depuis vendredi), je m’attendais à assister à un film beaucoup plus dynamique.

Imaginez Star Wars sans batailles spatiales. Ou James Bond sans fusillade. Ou Fast and the Furious sans voitures.

Sans dire que Men in Black: International est totalement dépourvu d’action (on a quand même droit à deux courts affrontements entre les hommes en noir et des extra-terrestres ainsi qu’à une très courte poursuite), disons que les dialogues occupent pratiquement 97% des 114 minutes que durent le film.

Le film ne constitue pas un mauvais divertissement pour autant (l’humour y occupe une grande place), mais mon petit doigt me dit que le public cible risque de ressortir du cinéma un peu déçu.

Dans ce quatrième opus (je vous pardonne si vous avez oublié le troisième…) de la franchise qui a vu le jour il y a (déjà) 22 ans, l’agence Men in Black a été infiltrée par une taupe.

La taupe en question tente de mettre la main sur une arme extrêmement puissante, ce qui pourrait brouiller les relations entre Terriens et extra-terrestres ou, pire, déclencher une guerre galactique.

L’expérimenté agent H (Chris Hemsworth) et la recrue M (Tessa Thompson) sont chargés de remonter la piste de l’agent rebelle et de l’exposer.

Leur mission sera toutefois beaucoup plus périlleuse que prévu…

Un duo du tonnerre

Disons les choses telles qu’elles sont: si le petit dernier de la saga fonctionne, c’est en grande partie grâce au charisme de Thompson et Hemsworth.

La première (que vous avez peut-être vue dans les franchises Thor et Creed) nous offre un humour tout en retenu, parfaitement dosé et exécuté.

Après une telle performance, il est facile de comprendre pourquoi sa notoriété est en ascension météorique à Hollywood.

Pour ce qui est de Hemsworth, il nous offre un personnage qui ne détonne pas avec Thor – dans le sens où il incarne un beau bonhomme arrogant, pince-sans-rire et pas toujours vif d’esprit.

Les deux comédiens se complètent à merveille et leur chimie est assurément la principale force du film.

Pour le reste, International ressemble beaucoup aux épisodes II et III, c’est-à-dire que le manque d’aplomb de son scénario (j’avais deviné l’identité de la taupe dès la 15e minute…) est largement compensé par des effets spéciaux exceptionnels.

On sent aussi dans ce quatrième épisode un effort pour que l’intrigue s’inspire davantage de James Bond (malheureusement, sans la complexité morale) que de n’importe quel dessin animé de science-fiction.

Il en résulte un film beaucoup trop verbeux et prétentieux. L’humour permet de mieux faire passer la pilule, mais ont est quand même à des années lumières du feel-good movie devenu culte qui avait charmé la planète en 1997.

MEN IN BLACK: INTERNATIONAL

En bref: L’agence Men in Black, qui régit les relations entre Terriens et extra-terrestres, est victime d’un complot à l’interne. Il revient aux agents H et M de sauver la mise.

Appréciation: Même s’il n’arrive pas à la cheville de l’original et qu’il manque gravement de tension et d’action, Men in Black: International constitue un divertissement potable.

Genre: Comédie fantastique
Réalisateurs: F. Gary Gray
Scénario: Matt Holloway et Art Marcum
Avec: Chris Hemsworth, Tessa Thomp­­son et Liam Neeson
Budget: estimé à 110 millions $
Durée: 114 minutes
Une production des studios: Columbia Pictures et Sony Pictures

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario: 2
Qualités visuelles: 4
Jeu des comédiens: 4
Originalité: 2
Divertissement: 3

Total: 15 sur 25

Godzilla – King of the Monsters: abrutissant

Les films de monstres s’adressent à un public assez ciblé qui accepte de laisser son cerveau au vestiaire en entrant au cinéma.

Godzilla: King of the Monsters (en salle depuis le 31 mai) est le troisième volet de la saga MonsterVerse des studios Legendary (après Godzilla en 2014 et Kong: Skull Island, en 2017) et, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, parvient à abaisser encore davantage le seuil d’intelligence du genre.

Réalisé par Michael Dougherty (X-Men Apocalypse) le film n’est qu’un vulgaire prétexte pour multiplier les combats entre divers reptiles géants.

Les scénaristes ont essayé très fort d’apporter une dose d’humanité à l’ensemble, mais le résultat manque carrément de naturel et de subtilité.

Des 170 millions $ qu’a coûté le film, on se doute que la grande majorité du pactole a été utilisé pour les effets spéciaux (tantôt fort réussis, tantôt un peu gênants).

Certaines bagarres sont spectaculaires et le film offre quelques bons moments de tension, mais l’ensemble est hautement prévisible, pour ne pas dire caricatural.

L’oeuvre marque les débuts au cinéma de la jeune Millie Bobby Brown, mieux connue pour son rôle d’Eleven dans la brillante série Stranger Things.

Seul problème: elle incarne une jeune fille courageuse, combative et dépassée par les événements. Bref, elle reprend le personnage d’Eleven.

Il faudra donc attendre encore un peu pour découvrir tout le registre de l’adolescente née en Espagne.

Quant à Kyle Chandler, Sally Hawkins et Vera Farmiga (pourtant de très grands comédiens), on se demande ce qui a bien pu les convaincre de s’associer à un projet aussi abrutissant…