Et si l’intelligence artificielle vous concoctait votre repas à l’hôpital?

Cela sera la réalité dans environ un an au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), qui s’affaire à la mettre à contribution pour cuisiner des mets qui respectent avec précision les restrictions alimentaires parfois fort complexes de ses patients.

Le service alimentaire du CHUM fait figure de pionnier dans ce domaine.

Aucun hôpital au Québec n’a encore implanté de système d’intelligence artificielle pour adapter chaque repas aux besoins individuels de ses patients, a souligné Alexandra Bohigas, nutritionniste et chef de secteur gestion des menus. Et elle n’en connaît pas non plus au Canada. Des personnes souffrant de toute sortes de conditions médicales et de pathologies sont hospitalisées au CHUM. Pour certains, il faut éviter à tout prix certains aliments, alors que d’autres ont besoin d’un apport supplémentaire en lipides. Une patiente atteinte de fibrose kystique doit consommer deux fois le nombre de calories habituelles et un patient souffrant d’insuffisance rénale doit manger des repas avec un minimum de potassium.

Parfois, le défi des nutritionnistes de l’hôpital se corse quand une personne souffre de multiples problèmes. L’intelligence artificielle peut donc faciliter leur tâche. Chaque restriction d’aliment, chaque changement peut être intégré de façon quasi instantanée au menu d’un patient. En vue de l’implantation du système, les recettes des repas sont aussi en train d’être standardisées au CHUM, pour que chacune d’entre elle soit décortiquée avec précision pour refléter notamment son contenu calorique, chacun de ses ingrédients et son contenu en lipides et en glucides, entre autres choses. Le système d’algorithmes permet alors de générer tous les repas des personnes hospitalisées ayant besoin d’un régime adapté.

Pour les techniciennes en diététique, cela leur épargne de nombreux de calculs et le calibrage des repas et collations. Elles peuvent alors passer plus de temps avec les patients, et s’atteler à d’autres tâches, comme le dépistage de la malnutrition, malheureusement trop fréquente chez leurs patients âgés. Pour les patients, cela signifie des repas précis, respectant leurs besoins, mais aussi qui permet de maximiser les aliments qu’ils préfèrent. La perspective de pouvoir bientôt travailler avec l’intelligence artificielle enthousiasme Alexandra Bohigas, qui explique que l’alimentation est une précieuse aide pour le rétablissement du patient et qui fait d’ailleurs partie de son plan de traitement.