Les super héroïnes ont de plus en plus la cote et avec Moana, les studios Disney entrent véritablement dans le 21e siècle en nous proposant enfin une aventure destinée à un large public mettant en vedette un personnage fort auquel les jeunes filles peuvent s’identifier.

En salle depuis jeudi, le film d’animation Moana raconte l’histoire d’une jeune Polynésienne qui vit en compagnie de son peuple sur une île verdoyante.

Un jour, le poisson commence à manquer et les récoltes se détériorent. Convaincue que la solution se trouve au-delà de la barrière de corail qui entoure l’île, Moana suggère de partir en expédition afin de trouver une nouvelle terre pour son peuple.

Son père, le chef du village, s’y oppose fortement: l’océan et son immensité recèlent de dangers. Pas question que Moana aille jouer aux exploratrices.

Mais la jeune femme est têtue. Convaincue de détenir la clé qui permettra à son île de retrouver l’abondance, elle s’embarque à la recherche d’un mythique demi-dieu du nom de Maui.

Selon la légende, Maui a volé une pierre précieuse appartenant à la déesse de la fertilité. Moana souhaite convaincre Maui de restituer la pierre en question.

Mais le voyage ne sera pas sans périls. Et si Moana avait mal interprété la légende?

Une héroïne moderne

Par le passé, Disney nous a offert quelques personnages féminins intéressants, notamment dans La Reine des neiges (2013), Raiponce (2010), Mulan (1998) et Pocahontas (1995).

Le problème, c’est que ces jeunes femmes étaient pour la plupart des princesses en détresse qui servaient de faire valoir à un personnage masculin noble et brave.

Moana est différente. Elle est plus courageuse que Maui. Et plus déterminée. C’est elle le cerveau de l’opération. Malgré ses doutes (ce qui ne fait que la rendre plus réelle), elle ne recule devant rien et n’hésite pas à se salir les mains pour parvenir à ses fins.

Et contrairement à Wonder Woman ou Rey (que l’on a vu dans l’épisode 7 de la saga Star Wars), elle ne dispose pas de pouvoirs magiques. Moana n’est armée que de sa seule volonté.

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que l’intrépide petite Polynésienne va rapidement devenir un modèle.

Le 3D à son meilleur

Historiquement, les studios Disney ont surtout été reconnus pour la qualité de leurs récits, notamment pour leur potentiel d’inspiration.

Au niveau des effets visuels, le géant a presque toujours laissé le pavé aux virtuoses de Pixar et de Dreamworks.

La tendance est toutefois en train de changer. Esthétiquement, Moana est un des plus beaux films qu’il m’ait été donné de voir. Et certaines scènes (notamment une des premières du film, où on voit Moana, encore bébé, expérimenter avec l’eau) sont plus vraies que nature.

Les textures sont impeccables, tout comme l’utilisation de la troisième dimension.

Le septième art a rarement aussi bien porté son nom!

Un scénario compliqué

Aussi beau et innovateur soit-il, Moana a toutefois un petit problème: son scénario est un peu trop complexe pour son public cible (les enfants de 4 à 12 ans).

Le récit incorpore beaucoup d’éléments de la mythologie maorie qui, à mes yeux, auraient pu être contournés pour asseoir le film dans un monde beaucoup plus réel.

Par chance, il est possible de faire abstraction du charabia chamanique (et des quelque peu répétitifs numéros musicaux) et de profiter quand même du film.

Autre critique: le scénario est un brin prévisible. Il n’est pas très difficile de deviner que Moana va désobéir à son père en partant à l’aventure et qu’elle va bénéficier de l’aide d’alliés qui l’avaient plus tôt abandonnée…

Reste que Moana est une fable à la fois sérieuse et amusante sur l’espoir.

On y explique aux enfants – de façon quand même assez claire – qu’il importe à chacun de découvrir qui il est, à condition d’y mettre les efforts et de persévérer.

Mais plus important encore, Moana prouve à plusieurs jeunes filles que le courage n’est pas qu’une affaire de garçon.

FICHE TECHNIQUE: MOANA

Version originale anglaise: Moana

Genre: Film d’animation familial

Budget: estimé à 180 millions $

Durée: 103 minutes

Une production des studios: Walt Disney

Avec les voix (en VOA): Auli’l Cravalho, Dwayne Johnson et Temuera Morrison

Réalisateurs: Collectif

Scénaristes: Collectif

Partage l’ADN de: Rebelle (2012), La Reine des neiges (2013) et E.T. (1982)

On aime: les effets visuels et la puissance des messages

On aime moins: la complexité et la prévisibilité du scénario

ÉVALUATION (sur 5)

Scénario:   4
Qualités visuelles:      5
Jeu des comédiens:      3
Originalité:    4
Divertissement:    4
Total: 20 sur 25

Veuillez noter que la chronique Au grand écran fera relâche la semaine prochaine.

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