Il y a trois ans, Les Gardiens de la galaxie est arrivée comme une bouffée d’air frais dans l’univers du cinéma de super-héros. On ne peut malheureusement pas en dire autant de sa suite (en salle depuis une semaine).

Dixième chapitre du gigantissime univers cinématographique Marvel, Les gardiens de la galaxie avaient charmé le public et les critiques  à l’été 2014. L’humour irrévérencieux du film de James Gunn, son avalanche de scènes d’action et sa propension à ne pas se prendre au sérieux en avaient fait une des plus belles surprises de l’année.

Les attentes étaient donc élevées envers la suite des aventures de Star Lord (Chris Pratt) et  de sa bande d’anti-héros.

Sans dire que le cinéaste a lamentablement échoué, disons que ce nouveau chapitre n’apporte rien de bien nouveau au genre (ou à la franchise).

Les Gardiens de la galaxie 2 est en fait à quelques scènes près, un film à numéro typique de l’univers Marvel, avec son héros attachant, son scénario linéaire, son ton léger, son méchant facilement oubliable et sa fin heureuse.

Du bon

Dans cette deuxième aventure, Star-Lord, Gamora (Zoe Saldana), Drax (Dave Bautista), Rocket (Bradley Cooper), Bébé Groot (Vin Diesel) et un tas de nouveaux alliés tentent de mettre un frein aux plans d’un dieu mégalomane qui souhaite détruire la galaxie.

Comme dans bien des films du genre, ce qui fait la force des Gardiens de la galaxie 2, ce sont ses effets visuels.

La scène d’ouverture, où l’on voit la bande combattre une espèce de pieuvre spatiale est une magnifique réussite cinématographique. La flèche magique de Yondu (Michael Rooker) donne aussi lieu à de beaux petits bijoux.

Bref, quand on combine ce cadre magnifique à un peu d’action, on a droit à une oeuvre qui est par moment époustouflante.

Je vous mets également au défi de ne pas tomber sous le charme de Bébé Groot. Tantôt adorable, tantôt déchaîné, le petit arbre est un des points forts de l’oeuvre. Dommage, toutefois, que tous ses meilleurs moments aient été vus dans l’une des nombreuses bande-annonce du film. J’en aurais pris tellement plus!

Et du moins bon

Ce qui est particulièrement décevant avec Les Gardiens de la galaxie 2, c’est que les ingrédients qui ont fait du premier épisode un succès n’ont pas été utilisés optimalement.

Par exemple, les scènes d’action sont beaucoup moins nombreuses dans ce deuxième chapitre, même si le film dure 15 bonnes minutes de plus. Les blagues sont aussi moins fréquentes. Et le terrifiant Thanos est absent.

Résultat: j’ai dénombré plusieurs longueurs. Selon mes calculs, le film aurait facilement pu durer 40 minutes de moins et le scénario n’en aurait pas été affecté.

Autre lacune: Star-Lord ne fait pratiquement rien du film. C’est pourtant le personnage principal! Mais il passe le plus clair de son temps à se questionner sur ses rapports avec son père (Kurt Russell)…

Le méchant est de son côté risible. Il souhaite détruire l’univers. Soit. Mais pourquoi? Ce n’est pas très clair… même si ses monologues sur la question sont (trop) longs et (trop) nombreux.

Une chose est certaine, il entretient assurément le plus grand Complexe de Dieu de l’histoire du cinéma. Détruire l’univers… Bonne chance aux scénaristes de trouver une menace qui sera encore plus cauchemardesque dans l’inévitable troisième chapitre de la saga…

De bonnes bases

À la lumière de ces constats, il me semble évident que les grands penseurs de Marvel doivent revenir à la table à dessin.

Avec les Gardiens de la galaxie, ils peuvent compter sur un cadre original, des héros attachants (et maintenant bien définis) et une des meilleures équipe d’effets visuels du cinéma.

Il reste maintenant à bâtir sur ces solides fondation, à revenir à la base (l’humour grinçant et l’action), tout en pimentant le tout d’un peu plus de subtilité.

Parce qu’il y a une limite au blabla que les amateurs de films d’action peuvent endurer. Surtout quand le blabla en question semble sortir tout droit d’une ennuyeuse tragédie de la Grèce antique…