Vous vous souvenez de ce montage classique dans Rocky IV (1985) qui montrait le célèbre boxeur gaucher et son adversaire russe s’entraîner dans des conditions fort différentes? Eh bien, Disney Pixar en a fait un film de près de deux heures…

Dans le montage en question, on voit le colosse russe Ivan Drago (Dolph Lundgren) bénéficier d’installations à la fine pointe de la technologie en prévision de son combat face à Rocky.

De son côté, le personnage interprété par Sylvester Stallone s’entraîne dans des conditions rudimentaires, en courant dans la neige et en multipliant les pompes.

La puissante dichotomie illustrée par ces quelques minutes d’anthologie est au coeur du plus récent film d’animation de Disney Pixar, Les Bagnoles 3.

Dans cette nouvelle mouture, le légendaire Flash McQueen est au sommet de sa forme, enchaînant les victoires sur le circuit de la Piston Cup.

Une belle mécanique qui sera rapidement déréglée quand des voitures d’une nouvelle génération entreront en piste. Construites et entraînées avec le nec plus ultra de la technologie, ces bolides sont beaucoup plus rapides.

Déterminé à ne pas se laisser distancer, Flash mettra toute la gomme… et perdra le contrôle en pleine course.

Blessée dans son orgueil et incertaine de sa capacité à tenir tête aux nouvelles recrues, la petite voiture rouge est hésitante à revenir en piste.

C’est dans cet état d’esprit que Flash recommence à s’entraîner.

Si ces jeunes adversaires profitent des dernières percées de la science pour s’améliorer, Flash, lui, décide de revenir à la base en misant sur la vitesse pure et les dérapages sur terre battue.

Il s’adjoindra même les conseils d’une spécialiste de la motivation et de l’ancien entraîneur de son mentor, Hudson Hornet.

Mais dans un monde où les technologies règnent, est-ce que la simple huile de bras (ou de roues, dans ce cas-ci!) permettra à Flash de faire la barbe à l’arrogante nouvelle génération?

Retour aux sources

Avec ce troisième volet des Bagnoles, Disney Pixar effectue un retour aux sources.

Flash et sa bande sont de retour sur les pistes ovales du sud des États-Unis dans une aventure aux relents de nostalgie dont la trame narrative n’est pas sans rappeller celle du film original (2006).

Les plus ou moins bien accueillies intrigues internationales du deuxième épisode (2011) sont donc bel et bien derrière nous.

S’il est un domaine où ce nouveau film surpasse ses prédécesseurs, c’est au niveau de ses qualités visuelles.

Dans un effet de miroir qui n’est pas sans rappeler le thème principal de l’oeuvre, la technologie est poussée à son maximum pour offrir des images absolument magnifiques.

Les dernières années nous ont habitués à voir des films dont l’attention portée aux détails, notamment dans les arrières-plans et les textures, frôle la perfection.

Les Bagnoles 3 appuient un peu plus sur l’accélérateur, cette fois, en définissant encore mieux les éléments qui sont en mouvement.

L’époque des flous volontaires est derrière nous: les voitures sont d’un réalisme absolument saisissant.

Des faiblesses

Malheureusement, quand on passe outre la qualité des images, on réalise rapidement que ce nouveau Flash a bien peu à offrir.

Ce qui m’a le plus frappé et déçu, c’est le manque de rythme de l’oeuvre.

Outre les 15 premières et dernières minutes du film – qui sont assez exaltantes – le reste de ce troisième épisode manque cruellement d’action. C’est comme si Disney Pixar avait oublié qu’il s’adresse d’abord et avant tout à un public âgé de moins de 10 ans…

La même remarque s’applique au thème central de l’oeuvre: le vieillissement. On a droit à au moins une cinquantaine de références au fait que Flash («le fossile») est devenu tout simplement trop vieux pour rivaliser avec les voitures de la nouvelle génération.

J’aimerais que quelqu’un m’explique en quoi cette morale sur le fait que la recherche du succès n’a pas d’âge s’adresse à des enfants qui fréquentent l’école primaire…

Visiblement, certains baby-boomers ont essayé de se faire plaisir et de passer un message pas du tout subtil avec ce scénario…

Ajoutez à tout cela un film dont l’humour est loin d’être du niveau auquel Pixar nous a habitués et un récit aussi convenu que prévisible et c’est à se demander si Disney avait réellement le désir de produire une oeuvre qui soit plus qu’un véhicule servant à vendre des jouets et des produits dérivés.

Navrant.