Alors que les studios Pixar semblent perdre de leur superbe à chaque nouveau film depuis leur achat par Disney en 2006, d’autres boîtes de production voient leur cote grimper en flèche. C’est le cas des studios Illuminations qui, avec Détestable moi 3, nous offre une troisième réussite consécutive.

Après les succès-surprises de Comme des bêtes et Chantez, tous deux lancés l’an dernier, le jeune studio se paie un tour du chapeau grâce à Détestable moi 3 (en salle depuis vendredi).

Le plus ironique dans tout cela, c’est que les petits génies d’Illumination utilisent sans aucune vergogne la formule qui a fait en sorte que Pixar a rafflé six Oscars du meilleur film d’animation sur huit à une certaine époque au tournant de la décennie.

Quelle formule? Celle qui consiste à utiliser des images d’une qualité supérieure, de miser sur des blagues qui visent parfois les adultes, parfois les enfants, de multiplier les références à la culture populaire, mais surtout, de saupoudrer ici et là les arrières-plans de gags aussi subtils qu’originaux.

Si Illumination parvenait à instiller à ses récits une petite morale ou une leçon de vie bien ciblée – ce qui a fait la renommée de Pixar -, on pourrait sans hésiter dire que l’élève a rattrapé le maître.

Si je me fie à la qualité des scénarios et à la subtilité des trois derniers films de l’entreprise, des gens très intelligents travaillent chez Illumination.

Ils auront l’occasion de raffiner encore davantage leur produit alors que les studios prévoient lancer pas moins de huit films d’animation au cours des six prochaines années.

Histoires de famille

Dans cette nouvelle aventure, le super-méchant-devenu-super- gentil Gru perd son emploi d’agent secret quand il échoue à mettre la main au collet de Balthazar Bratt, un voleur de diamants sorti tout droit des années 1980.

Au même moment, Gru apprend qu’il a un jumeau dont il ignorait l’existence, Dru.

Une fois les deux hommes réunis, Dru apprend à son frère qu’il souhaite suivre les traces de son père pour devenir un super méchant. Il sollicite donc les conseils de Gru.

Le grincheux personnage voit alors l’occasion de se venger de Bratt et d’ainsi retrouver sa place au sein de la ligue des agents secrets.

Un scénario réussi

Entendons nous immédiatement sur une chose: Détestable moi 3 ne remportera pas un Oscar. Et son scénario n’a pas l’élégance à laquelle nous a habitué Disney, notamment.

Ce qui fait la force de ce scénario, toutefois, c’est sa simplicité et son efficacité. Illumination nous offre 90 bonnes minutes de cinéma, sans trop de longueur ou de fioritures tape-à-l’oeil.

Les scénaristes ont ponctué le tout de plusieurs bons gags. Les plus physiques plairont aux petits alors que les adultes peuvent se régaler de références subtiles et jeux de mots imagés.

Le personnage de Bathazar Bratt est aussi une magnifique création. Les nombreuses références aux années 1980 – ainsi que la musique! – plairont certainement aux plus vieux. Ab­so­lument tout dans ce personnage respire l’originalité.

Il est évident que l’idée derrière Bratt était de créer un méchant digne de la franchise James Bond et, franchement, c’est parfaitement réussi.

La séquence d’ouverture, qui met en vedette Bratt, est d’ailleurs le meilleur moment de l’oeuvre. Dommage qu’on ait pu la voir intégralement dans la bande-annonce…

Des images magnifiques

Si le scénario est réussi, on peut en dire autant des images. À au moins douze reprises au cours de mon visionnement, mon cerveau a décroché du récit pour s’émerveiller devant la qualité des détails visuels. Ce n’est pas encore du Pixar, mais c’est certainement, et de loin, le plus beau triomphe visuel d’Illumination.

Ce qui m’a toutefois le plus surpris, c’est toute l’attention que les animateurs ont porté aux arrières-plan. Je vous invite à avoir les yeux grands ouverts parce que les décors regorgent de surprises et de petites perles amusantes.

Quelques déceptions

Outre l’absence de morale – même si on sent un réel effort pour centrer le récit autour de la thématique de la famille – deux choses m’ont déçu avec Détestable moi 3.

J’aurais tout d’abord aimé que l’inimitable Marc Labrèche double à nouveau la voix de Gru. Et j’aurais souhaité que les désopilants Minions passent plus de temps à l’écran.

Mais on ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas? Surtout que le film est déjà un très bon divertissement!