Au grand écran – Spider-Man Les retrouvailles: un des meilleurs films du genre jamais tourné

Patrice CôtéCinéma & Showbizz

Avec Spider-Man (2002), le réalisateur Sam Raimi a posé un des premiers jalons du cinéma de superhéros tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Deux ans plus tard, il a remis ça, offrant au monde un des meilleurs films du genre jamais tourné.

Malheureusement, à partir de ce moment, les aventures de Peter Parker sont parties en vrille. De profonds désaccords entre Raimi et Sony ont torpillé Spider-Man 3 (2007) et la franchise s’est pour ainsi dire écrasée.

Conscient du potentiel pécuniaire du lanceur de toiles, Sony a, à la surprise générale, ressuscité l’homme masqué dans The Amazing Spider-Man (2012). Souffrant d’un grave manque d’originalité, l’oeuvre n’a pas été le succès escompté, mais a généré suffisamment de profits pour qu’une suite voie le jour.

Ce second volet a cependant solidement raté sa cible, s’aliénant les critiques, le public…  et même sa vedette (Andrew Garfield).

Alors que tous croyaient que l’homme-araignée était mort et enterré, Sony et Marvel ont mis de côté leurs différents de longue date et ont négocié les bases d’une entente pour que Spider-Man (dont les droits cinématographiques appartiennent à Sony) puisse se joindre à l’équipe des Avengers (dont les droits appartiennent à Marvel), comme il le fait dans les bandes dessinées depuis 1964.

Nous avons eu un aperçu de cette collaboration dans Capitaine America: La Guerre civile (2016). Une brève apparition qui a démontré un certain potentiel.

Mais avant de crier au génie, l’homme araignée interprété par le jeune Tom Holland devait prouver sa valeur en solo. Et laissez-moi vous dire qu’il passe le test haut la main dans Spider-Man: Les retrouvailles (en salle depuis jeudi soir).

Un héros de quartier

Cette nouvelle aventure de Spider-Man nous transporte après les événements de La Guerre civile.

Gonflé à bloc par son succès à Berlin, Peter Parker joue les justiciers dans son quartier, mais souhaiterait devenir membre à part entière des Avengers.

Tony Stark (Robert Downey Jr) préfère toutefois que l’adolescent fasse ses preuves et apprenne à la dure.

Espérant prouver sa valeur aux yeux des Avengers, Spider-Man tente donc de mettre la main au collet d’un marchand d’armes surnommé le Vautour (excellent Michael Keaton).

Tom Holland interprète Spider-Man dans le dernier opus de la saga – Gracieuseté

 

Un immense succès

Je n’ai pas peur de l’affirmer: Spider-Man: Les retrouvailles est le meilleur film jamais tourné mettant en vedette Peter Parker.

Dans cette troisième mouture, Sony et Marvel sont revenus à la base, nous offrant un héros qui se rapproche énormément de celui des bandes dessinées originales.

On a donc droit à un Peter timide, naïf, impopulaire, impatient, confiant à la limite de l’arrogance et plus ou moins bien dans sa peau. Et Tom Holland rend tout ça à merveille.

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que beaucoup d’adolescents vont s’identifier à cette version du personnage.

Marvel et Sony sont de plus parvenus à se tenir loin des écueils qui ont miné la renaissance précédente de l’homme-araignée. On n’a donc pas (à mon grand plaisir) à se taper une fois de plus la douloureuse mort d’Oncle Ben, la genèse des pouvoirs de Peter et la petite amie criarde constamment en détresse.

Au lieu de cela, le réalisateur Jon Watts nous offre un film qui déborde d’action et d’humour et dont les 133 minutes passent à la vitesse de l’éclair.

En prime, ce Spider-Man s’intègre avec raffinement au monde que Marvel a créé et sur lequel les Avengers font régner la loi. Nous avons même droit à quelques apparitions surprises de personnages connus et aimés. Du bonbon!

Et comme si ce n’était pas assez, le Vautour est probablement un des meilleurs – si ce n’est pas le meilleur (avec Loki) – méchants adapté au grand écran par Marvel.

Ce Vautour n’est pas une brute qui fait le mal uniquement pour faire le mal. C’est un homme ordinaire, conscient du tort qu’il cause, mais qui a des raisons logiques (du moins à ses yeux) de semer la pagaille.

Une belle ambiguïté qui manque à l’occasion de subtilité, mais qui constitue une solide amélioration face au méchant conventionnel.

Je l’avoue, j’avais mes doutes face au futur de l’univers cinématographique Marvel. La formule me semble usée et les futurs héros annoncés (Black Panther, Wasp, Captain Marvel) n’ont pas l’envergure d’un Iron Man, d’un Thor ou d’un Capitaine America.

Mais avec Spider-Man: Les retrouvailles, Marvel démontre que le citron n’a pas encore été pressé jusqu’à la dernière goutte! Loin de là.

Andrew Garfield dans Spider-Man – Gracieuseté
Tobey Maguire dans Spider-Man – Gracieuseté