Les admirateurs torontois de la famille royale ont adopté Meghan Markle

La Presse CanadienneCinéma & Showbizz

Une contravention pour une infraction routière mineure et une soudaine abondance de gros véhicules noirs ont été, pour Tiffany Babiak, les premiers indices indiquant que quelque chose de différent se passait dans son quartier généralement tranquille.

Puis, elle a compris. Les rumeurs voulaient que le prince Harry fréquente l’actrice Meghan Markle, qui résidait à quelques coins de rue de chez elle, et la sécurité avait par conséquent été renforcée dans le secteur.

Alors que les rumeurs de relation royale se propageaient, les médias ont commencé à scruter le quartier familial situé près du campus de l’Université de Toronto.

Les médias britanniques étaient constamment à la recherche de la moindre miette d’information sur la vie amoureuse du prince Harry, mais le couple princier n’avait pas à s’en faire, assure Mme Babiak. La Torontoise affirme en effet que le voisinage s’est montré solidaire et a refusé de raconter quoi que ce soit au sujet du couple afin qu’il puisse profiter de la plus grande intimité possible.

« Tout le monde est devenu très protecteur à son égard, parce que c’était notre quartier et nous ne voulions pas voir ces paparazzis se promener et harceler tout le monde », explique Mme Babiak.

Meghan Markle, qui doit épouser le prince Harry le 19 mai, a beau être une actrice californienne, elle est également une Canadienne honoraire aux yeux de plusieurs fans qui l’ont suivie pendant sept saisons dans la série « Suits », tournée à Toronto.

« Nous l’avons adoptée, en quelque sorte, lance Mme Babiak. En ce qui me concerne, elle est davantage canadienne qu’américaine. »

Et il semble que Meghan Markle a elle aussi adopté Toronto: elle a fait du bénévolat auprès des démunis, a pris des vacances avec des collègues acteurs pendant l’Action de grâce canadienne, a fréquenté les endroits les plus en vue du centre-ville et s’est tournée vers les médias sociaux pour faire connaître ses restaurants favoris de Toronto, note le biographe Andrew Morton dans le livre « Meghan: A Hollywood Princess ».

En 2016, elle était devenue le visage de deux institutions canadiennes: le détaillant Reitmans, pour lequel elle a créé une collection de vêtements, et l’oeuvre de bienfaisance chrétienne Vision mondiale Canada, avec laquelle elle a fait la promotion de l’aide aux pays en développement.

L’observatrice de la famille royale Patricia Treble affirme que les liens de Meghan Markle avec Toronto permettaient de présenter l’image d’une ville jeune, à la mode et pleine de glamour.

Elle a également permis au monde de découvrir des designers canadiens méconnus en portant leurs vêtements à l’étranger, notamment des manteaux signés Mackage et Line the Label, et des tenues créées par Erdem, Greta Constantine et Babaton.

« Elle a vraiment adopté la mode d’ici. Elle a porté beaucoup de créations d’ici (…) et elle les a portées au Royaume-Uni, ce qui a eu beaucoup d’impact sur le marché de la mode canadien. Un très grand impact », estime Mme Treble, une rédactrice et chercheuse pigiste, qui tient également le blogue writeroyalty.com.

Son influence grandissante a toutefois coïncidé avec des difficultés dans sa vie personnelle, écrit M. Morton, qui précise que Meghan Markle a épousé le producteur Trevor Engelson en septembre 2011 avant de tourner la deuxième saison de « Suits ».

Ce mariage s’est terminé en 2013, et a été suivi d’une relation de deux ans avec le chef torontois Cory Vitiello.

Les Jeux Invictus

Hilda Andrade affirme qu’elle suivait assidûment les publications de Meghan Markle sur les réseaux sociaux et qu’elle avait été ravie de la voir collaborer avec Reitmans.

« Je crois qu’elle y a apporté de la fraîcheur et de belles couleurs. Il y avait aussi des vêtements pour les personnes un peu plus rondes, comme moi, et qui étaient ajustés correctement, ce qui était bien », explique la femme qui travaille à l’Université de Toronto, et qui admet qu’elle gardait l’oeil ouvert dans l’espoir d’apercevoir l’actrice.

« Elle a apporté de bonnes vibrations dans le secteur et à l’époque, les gens ne parlaient que de Meghan. »

Le tout a gagné en intensité lorsque le prince Harry a confirmé leur relation, en novembre 2016.

Au moment où Toronto a accueilli les Jeux Invictus, parrainés par le prince Harry, en septembre 2017, « les choses ont explosé », raconte Mme Treble.

« Parce qu’il a été ici pendant une longue période et que la presse royale britannique tout entière était sur place, donc tout le monde attendait et se demandait s’ils allaient sortir en public. Allaient-ils être vus ensemble? Et lorsqu’ils l’ont été, c’est devenu une nouvelle qui a rapidement fait le tour du monde », ajoute-t-elle.

« Je crois que ce qui a pris tout le monde par surprise a été la rapidité avec laquelle cette relation s’est développée, la rapidité avec laquelle ils ont annoncé leurs fiançailles. »

Même la petite Zelda Armstrong, 10 ans, a été prise par la fièvre royale et se souvient de la fois, le printemps dernier, où elle marchait vers un parc dans le quartier Annex et qu’elle a cru apercevoir le prince.

L’écolière raconte que son amie et elle ont pris un moment pour répéter leurs révérences (son amie a également pris le temps de changer ses chaussures pour des souliers à talons hauts) avant de se précipiter vers le parc. Malheureusement, il avait déjà quitté les lieux.

« Il a les cheveux roux comme moi, souligne Zelda Armstrong. Je trouve que c’est intéressant, ce que portent les membres de la famille royale, et j’ai aussi vu une vidéo sur YouTube sur la famille royale et leurs enfants. »

Mme Babiak estime que la ville a eu un regain d’énergie et qu’elle profite encore du passage de Meghan Markle dans la métropole.

« Même ceux qui ne voulaient pas l’admettre étaient plutôt excités. Ça rend la vie un peu plus intéressante. Vous ne savez jamais sur qui vous pouvez tomber lorsque vous faites une promenade. »