Mission Impossible – Fallout: le cinéma d’action à son meilleur

Patrice CôtéCinéma & Showbizz

Après un très décevant cinquième volet (Rogue Nation, en 2015), Mission: Impossible retrouve de sa superbe grâce à Fallout (en salle depuis jeudi), assurément le meilleur film de la franchise qui relate les aventures de l’espion Ethan Hunt et sa bande.

Étrangement, c’est en s’éloignant de la formule traditionnelle des précédents épisodes – à laquelle Rogue Nation avait adhéré avec beaucoup trop de rigidité – que Fallout parvient à remettre la franchise sur le droit chemin.

Rassurez-vous, les ingrédients qui font le succès de Mission: Impossible depuis près de 20 ans – plus de 50 si on tient compte de la série télévisée – sont toujours de la partie, à commencer par un scénario totalement tiré par les cheveux, mais pas pour autant exagérément compliqué.

Ce que l’on ne retrouve pas dans ce sixième chapitre, c’est la fameuse scène où l’équipe nous explique son plan archicompliqué pour entrer dans un endroit imprenable.

Ce moment a toujours représenté l’apothéose de chaque épisode, mais je crois bien humblement que la formule avait fait son temps.

Encore plus important, Fallout ne ressemble pas à un vulgaire prétexte pour permettre à Tom Cruise (dans le rôle d’Ethan Hunt) de multiplier les cascades.

Il va de soi qu’à l’âge de 56 ans, la vedette de Top Gun (1986) et La Momie (2017) n’a peut-être plus les mêmes capacités qu’autrefois.

On sent toutefois une certaine retenue de la part du réalisateur/scénariste Christopher McQuarrie (qui avait aussi tourné l’épisode précédent) pour ménager sa star et ainsi tourner les projecteurs vers d’autres aspects du film.

Au nombre des éléments qui y gagnent: les décors, la complexité morale du récit, la tension générale (qui ne se limite plus aux cascades) et la définition des enjeux.

Le résultat final est, jusqu’ici, le meilleur film à grand déploiement de l’été, si ce n’est pas de l’année (à égalité avec Black Panther).

Une intrigue complexe

Fallout regorge tellement de revirements et de surprises que j’aurais besoin d’une page complète pour en résumer le scénario.

J’abrégerai donc en vous disant que Hunt, Luther (Ving Rhames), Benji (Simon Pegg), Ilsa (Rebecca Ferguson) et le nouveau venu Walker (Henry Cavill) tentent de récupérer des charges de plutonium que des anarchistes souhaitent utiliser afin de commettre un acte terrorisme.

Parce que rien n’est jamais simple, leur mission impliquera le kidnapping d’un dangereux prisonnier, des personnages aux motivations complexes et aux affiliations ambigües, ainsi qu’une multitude de poursuites au volant d’une ribambelle de véhicules!

Si les détails de la mission se modifient constamment, le fil conducteur de l’intrigue (retrouver le plutonium) est facile à suivre, ce qui simplifie la compréhension de l’ensemble.

le summum du cinéma d’action

Depuis que les ordinateurs occupent autant d’importance dans le tournage des effets spéciaux d’un film, il en faut beaucoup pour m’émerveiller. Mais Fallout y est parvenu à plusieurs reprises.

Tout d’abord lors d’une scène impliquant un fourgon cellulaire qui se retrouve dans la Seine. On observe l’eau s’infiltrer dans le véhicule d’une façon que je n’avais jamais encore vue au cinéma ou à la télévision – et je cherche encore à comprendre la façon dont la scène a été tournée.

Le plus magnifique, toutefois, ce sont les décors. Chaque poursuite met à profit un arrière-plan à couper le souffle.

Les véhicules bougent, mais McQuarrie a tout calculé pour que les splendeurs de Paris, de Londres ou du Cachemire se succèdent sans pour autant être à l’avant-plan.

Un travail de planification de moine, qui a dû coûter des tonnes de dollars à tourner (par exemple, une poursuite à moto se déroule… sur le rond-point de l’Arc de Triomphe).

Ajoutez à cela une musique extrêmement nerveuse (qui rappelle celle de Hans Zimmer dans The Dark Knight) à laquelle a été greffé l’indémodable indicatif musical de Mission: Impossible et vous avez là ce que je qualifierais de summum du cinéma d’action artistique.

Exagérations

Mission: Impossible ne serait pas Mission: Impossible sans une pléthore d’exagérations.

McQuarrie le sait et il ne se gêne pas pour pousser le bouchon au maximum, au point d’en devenir parfois risible.

Par exemple, les lois de la physique ne sont pas toujours respectées dans son film. Et quand elles sont transgressées, c’est toujours au profit des héros. On sourcille également devant l’intelligence de ces mêmes héros, qui semblent avoir une habileté surhumaine à anticiper les coups de leur adversaire.

Il en résulte un film très spectaculaire, certes, mais beaucoup moins crédible.

Mais dans le fond, qui s’en soucie? Quand la mission est impossible, toute aide est bonne à recevoir. Même celle du gars des vues!

 

MISSION IMPOSSIBLE: FALLOUT

Version française: Mission Impossible: Répercussions
Genre: Action/espionnage
Budget: estimé à 180 millions $
Durée: 147 minutes
Une production des studios:
Bad Robots, Paramount Pictures et Skydance Media
Réalisateur: Christopher McQuarrie
Scénario: Christopher McQuarrie
Avec: Tom Cruise, Henry Cavill,
Ving Rhames et Simon Pegg
Partage l’ADN de: The Dark Knight (2008), Mission: Impossible – Ghost Protocol (2011) et Mission: Impossible – Rogue Nation (2015).
On aime: les effets visuels, le scénario et les décors
On aime moins: le fait que certaines scènes d’action soient beaucoup trop longues

20 sur 25