Une autre série estivale culte pour Netflix?

Patrice CôtéCinéma & Showbizz

En avril, le magazine Netflix Life (qui n’a aucune attache avec le géant, malgré son nom) a publié un article sur The Innocents, affirmant pompeusement – dans le titre, que l’émission serait la série de l’été. Le cynique en moi a trouvé la prédiction culottée, mais après avoir visionné la bande-annonce, je suis dans l’obligation d’admettre que le magazine a peut-être vu juste.

On en saura un peu plus le vendredi 24 août, quand les huit épisodes de The Innonents seront mis en ligne.

On connaît très peu de choses pour l’instant concernant l’intrigue de la série, si ce n’est qu’on y fera la connaissance de June, une jeune femme qui souhaite prendre un nouveau départ à Londres.

Kidnappée dès son arrivée dans la métropole britannique, June sera victime de ce qui ressemble à une mutation.

Malheureusement pour elle, elle n’héritera pas d’un super pouvoir. Elle prendra plutôt l’apparence d’un homme d’âge mûr à l’hygiène douteuse.

Aidée d’un ami, June tentera de comprendre ce qui lui arrive. Mais encore plus important: pourquoi.

La bande-annonce laisse entrevoir une certaine similarité avec la série culte Stranger Things. Netflix Life y voit des airs de The OA et de Sense8, deux autres grands succès de Netflix.

Personnellement, j’y ai décelé un soupçon de Heroes, la série américaine diffusée sur ABC qui est devenue un phénomène à sa première saison en 2006-2007, avant de tomber dans l’oubli.

The Innocents met en vedette la Britannique Sorcha Groundsell. Si le nom ne vous dit rien, c’est normal. La jeune comédienne en est à son premier rôle d’importance – et n’a même pas encore de page Wikipédia!

Le vétéran Guy Pearce (Memento, L.A. Confidential) fait également partie de la distribution, dans un rôle que la bande-annonce rend volontairement nébuleux (il semble lié à la mutation de June, mais on ignore s’il souhaite l’aider ou lui nuire).

Est-ce que The Innocents sera la série de l’été? Difficile à dire, surtout que la compétition est très forte, notamment avec Sharp Objects (HBO, lire encadré), Castle Rock (Hulu) et Jack Ryan (Amazon).

Une chose est certaine, Netflix a le don de lancer des séries exclusives à succès en plein coeur de la saison chaude.

Le phénomène Stranger Things a vu le jour le 31 août 2016 alors que la première saison d’Ozark – un des grands succès critiques de Netflix – a été mise en ligne le 15 août 2017.

Dans une logique marketing, il ne fait aucun doute que les dirigeants du réseau voient  dans The Innocents un digne successeur à ces deux séries cultes.

On saura bientôt s’ils ont vu juste.

Quelques suggestions

La Forêt (exclusivité Netflix) – La France prend de plus en plus sa place sur Netflix. Après les excellentes séries Glacé, La Mante et Le Chalet, notamment, La Forêt est la plus récente production policière de l’Hexagone à être mise en ligne sur Netflix. Mettant en vedette la Québécoise Suzanne Clément, la série de six épisodes raconte l’histoire d’un petit village des Ardennes qui est frappé par une vague de disparitions. Sans être aussi intense et accrocheuse que Le Chalet, La Forêt offre quand même un solide scénario, un mystère bien ficelé et des performances intéressantes (notamment de Clément et d’Alexia Barlier). J’ai noté quelques irritants (des policiers qui contreviennent aux règles élémentaires du métier et un gros manque de subtilité par moment), mais je me suis torturé les méninges jusqu’à la fin pour découvrir l’identité du coupable, ce qui est toujours un gage de succès pour ce genre d’émission. – (3,5/5)

How It Ends (exclusivité Netflix) – J’ai vu ma part de films tournés par Netflix au cours de la dernière année pour enfin comprendre la recette du géant: acheter à rabais un scénario boudé par tous les studios hollywoodiens majeurs, y greffer une vedette et coiffer le tout d’un chapeau accrocheur. Le résultat est souvent décevant (par rapport à ce qu’il est possible de voir en salles) et How It Ends ne fait pas exception à la règle. Dans une Amérique frappée d’une catastrophe, un jeune avocat (Theo James) – et son bourru beau-père (Forest Whitaker) – tente de rallier Seattle depuis Chicago afin de retrouver sa fiancée. Cette énième variation sur le thème du road trip de fin du monde n’apporte absolument rien de nouveau au genre. Un film hautement prévisible qui m’a profondément ennuyé par son manque de substance. À éviter. – (1,5/5)

Homecoming: une série intrigante

Il y a dix jours, Amazon Prime Video a diffusé, dans le cadre du Comic-Con de San Diego, les premières images de la très attendue série Homecoming. L’engouement est immense autour de cette émission, principalement en raison de la présence au générique de la très populaire (et tout aussi talentueuse) Julia Roberts. Dans Homecoming, la Pretty Woman interprète une travailleuse sociale qui aide à l’intégration des anciens soldats américains. Des secrets bien enfouis menaceront toutefois de faire surface quand le gouvernement s’intéressera aux activités du personnage de Roberts. La série, dont la facture semble extrêmement épurée, sera disponible dès le 2 novembre.

Sharp Objects: les critiques séduits

Les abonnés à HBO Canada ont le bonheur de pouvoir visionner une des séries les plus attendues de l’été: Sharp Objects. Réalisée par le Québécois Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y., Dallas Buyers Club), la série de trois épisodes met en vedette la remarquable Amy Adams dans le rôle d’une journaliste alcoolique qui est forcée de faire face à ses (nombreux) démons quand son travail l’amène couvrir deux meurtres dans sa petite ville natale. Il s’agit d’une adaptation d’un roman de Gillian Flynn, celle qui a écrit l’exceptionnel Gone Girl (depuis devenu un film culte de David Fincher).  Résolument féministe, la série a séduit les critiques, qui ont louangé l’ambiance de l’oeuvre, de même que la performance d’Adams. Le magazine Variety a écrit que la série «décrit parfaitement le traumatisme d’un point de vue féminin».

BIENTÔT SUR VOS ÉCRANS

Amazon Prime Video

Tom Clancy’s Jack Ryan – (31 août)

John Krasinski (The Office) devient le cinquième comédien à enfiler la veste anti-balle du légendaire espion. L’enquête de Ryan le mènera en Europe et au Moyen-Orient sur les traces d’un groupe terroriste.

Nouveaux films d’intérêts: Hurt Locker (1er août), The Blair Witch Project (1er), The Usual Suspect (1er), Watchmen (1er) et Mother! (26)

Hulu

Insecure – Saison 3 (12 août)

Août est particulièrement aride pour Hulu du côté des séries, la seule nouveauté étant la troisième saison d’Insecure, une comédie dramatique produite par HBO. À voir – ou à rattraper – pour la performance d’Issa Rae.

Nouveaux films d’intérêts: Black Hawk Down (1er août), Beverly Hill Cop (1er), Pretty Woman (1er), The Hurt Locker (1er), Leaving Las Vegas (1er), Cloverfield (1er) et Gangs of New York (26).

Netflix

Ozark – saison 2 (31 août)

Cette série dramatique, qui raconte les tribulations d’un financier (Jason Bateman) qui tente d’échapper au cartel mexicain, est un des plus beaux succès de Netflix. Bateman a été finaliste au Golden Globe du meilleur comédien pour la saison 1.

Nouveaux films d’intérêts: The Departed (1er août), Pride and Prejudice (1er), Sully (14), City of Angels (16), Dirty Harry (23) et Gremlins (30)

Le classique du mois

Quand on pense à Ridley Scott, on pense d’abord à Alien (1979), Blade Runner (1982), Thelma & Louise (1991), Gladiator (2000) et The Martian (2015). On a toutefois tendance à oublier le chef d’oeuvre qu’est Black Hawk Down (2001).  Mettant en vedette Ewan McGregor, le film raconte l’histoire de soldats américains dont l’hélicoptère s’écrase au coeur de Mogadiscio, en pleine guerre civile somalienne. L’intensité est à son comble pendant les 144 minutes du film. Mais au-delà de tout ça, on s’émerveille devant les efforts de Sir Ridley de créer des plans artistiques et recherchés. La guerre ne vous aura jamais paru aussi belle… La séquence de l’écrasement est particulièrement brillante.