Le réseau social Twitter promet de sévir contre les comptes associés aux complotistes de la mouvance « QAnon » qui croient notamment que Donald Trump est sur le point de mettre fin à un réseau pédophile dirigé par Hillary Clinton et plusieurs célébrités d’Hollywood.

Ainsi, Twitter s’engage de « ne plus diffuser le contenu et les comptes associés à QAnon dans les tendances et les recommandations », à ne plus « mettre en évidence cette activité dans les recherches et les conversations » et à « empêcher le partage des URL associées à QAnon ». Selon les adeptes de QAnon, Donald Trump a été désigné pour sauver la planète et faire emprisonner les membres d’un réseau de pédophiles dirigé par « la cabale », dont feraient partie Barack Obama, Bill Gates, Hillary Clinton et plusieurs célébrités qui ne partagent pas les politiques du président. Les théories de QAnon ont débuté dans les recoins les plus sombres d’Internet vers la fin de 2017. Elles sont basées sur les publications alléguées d’un fonctionnaire anonyme de haut rang connu sous le nom de « Q » qui aurait levé le voile sur « l’État profond » à Washington, souvent lié au satanisme, à la pédophilie et même au cannibalisme.

Le président Trump a retweeté des comptes faisant la promotion de QAnon. Les adeptes affluent aux rassemblements de Donald Trump vêtus de vêtements et de chapeaux avec des symboles et des slogans QAnon. Au Québec, QAnon a son lot d’adeptes. Des « YouTubers » se sont « spécialisés » dans la vulgarisation et la promotion des théories reliées à QAnon, et certaines émissions d’un de ces « YouTubers » québécois ont obtenu près de 200 000 vues. Les conspirationnistes québécois adeptes de « Q » s’en prennent régulièrement au docteur Horacio Arruda, le directeur de la Santé publique, qu’ils associent à « l’État profond ».

La pandémie de coronavirus a donné un nouveau souffle aux théories de QAnon. De nombreux complotistes de cette mouvance publient des messages qui racontent que le nouveau coronavirus est une création de « l’État profond ». Un des objectifs de la création du virus par les pédophiles satanistes serait d’éliminer une partie importante de la population mondiale en effectuant une « vaccination de masse ». Les médias et les chefs de gouvernement travailleraient de pair avec Bill Gates pour éliminer une partie importante de la planète selon les élucubrations de nombreux comptes associés à QAnon.

Aux origines de « Q »: le Pizzagate

Même si le mouvement QAnon est apparu vers la fin de 2017, les théories du complot prétendant que des célébrités d’Hollywood et des personnages politiques opposés à Donald Trump faisaient partie d’un vaste réseau de pédophilie circulaient déjà sur les réseaux sociaux pendant la campagne électorale présidentielle de 2017. La plus célèbre de ces théories, qui est souvent mentionnée par les adeptes de « Q », est le « Pizzagate ». Selon cette divagation, Hillary Clinton dirigeait un réseau de trafic d’enfants dans le sous-sol du « Comet Ping Pong », une pizzeria de Washington. En décembre 2016, Edgar Maddison Welch, un citoyen de la Caroline du Nord âgé de 28 ans, s’est rendu à la pizzeria nommée « Comet Ping Pong » armé d’un fusil d’assaut pour, selon ce qu’il avait raconté aux policiers, enquêter personnellement sur le « Pizzagate ».

Avant d’être rapidement arrêté par la police, il avait fait usage de son fusil d’assaut, mais personne n’avait été blessé. « Ce qui s’est passé prouve que le fait de promouvoir des théories du complot fausses et irréfléchies a des conséquences », avait déploré dans un communiqué le propriétaire de cette pizzeria à la clientèle familiale, James Alefantis. Dans les derniers mois, des adeptes de QAnon ont également fait la manchette pour avoir commis des actes violents. L’un des cas les plus médiatisés est celui d’Anthony Comello, un homme âgé de 25 ans, accusé d’avoir tué un chef mafieux new-yorkais. Selon son avocat, Anthony Comello était convaincu qu’il protégerait le président Trump de « l’État profond » s’il éliminait le chef mafieux.

D’ailleurs, lundi soir, Twitter a expliqué couper les vivres à QAnon pour prendre « des mesures coercitives sévères contre les comportements susceptibles de causer des dommages hors ligne ».

Crédit photo: AP.