Les grands rapaces

L’homme rêve de voler depuis la nuit des temps. Il y est parvenu bien entendu, mais pas de son propre chef. N’eût été l’arrivée du pétrole et de moteurs de plus en plus sophistiqués, l’homo sapiens aurait toujours les deux pieds bien ancrés sur terre. Accordons-lui tout de même une mention honorable, ne serait-ce que de lui concéder l’illusion de voler lors de sauts en parachute ou au contrôle d’un planeur. Les oiseaux le fascinent et pour cause! Chaque espèce a ses particularités. D’aucuns ne sauraient passer sous silence les formidables attributs du faucon pèlerin.

Toutes espèces animales confondues, aucune ne peut rivaliser avec la rapidité de ce formidable rapace. Véritable torpille volante, le faucon pèlerin peut atteindre des vitesses en piqué avoisinant les 400km/h. Superbement adapté physiologiquement à ces vitesses vertigineuses, des déflecteurs au niveau des narines lui permettent de respirer sans difficulté. Un voile transparent recouvre la surface oculaire, lui offrant protection dans l’éventualité d’un contact avec des impuretés aériennes telles un grain de sable. Tout comme son cousin, l’aigle royal, il est doté d’une superbe vision. Les globes oculaires de ces deux oiseaux sont démesurément volumineux par rapport au volume crânien. Pas étonnant qu’ils peuvent facilement percevoir un lapin à 2km. Tous ces attributs ne sont pas pour autant une garantie absolument d’une sortie fructueuse en quête d’un repas. En effet, son taux de succès à la chasse n’est que d’une tentative sur cinq.

L’aire de répartition du faucon pèlerin s’étend à la planète entière quoiqu’il évite les forêts tropicales, les zones arides et arctiques. L’espèce ne se prête normalement pas à la migration. Les couples sont ensemble pour la vie.

Les préludes des premiers accouplements sont spectaculaires. Mâles et femelles tentent de s’impressionner par des vols en piqués et des rapprochements aériens qui pourraient laisser présager un contact catastrophique. La conquête prénuptiale est aux dires de plusieurs assez conforme aux prouesses de conquêtes de l’aigle royal.

Si le faucon pèlerin peut se vanter du record de vitesse en piqué, son cousin l’aigle royal n’est guère en reste pour autant. Sa vitesse en piqué approche tout de même les 320km/h. Si les deux espèces se courtisent de façon semblable, alors j’ai une assez bonne idée de la mise en scène.

Il y a quelques années, lors d’un voyage de chasse dans les rocheuses Canadiennes, j’ai eu l’occasion d’observer à l’aide de jumelles la parade nuptiale de deux aigles royaux. Tout un spectacle, et quel privilège d’être aux premières loges! Deux magnifiques aigles royaux, ailes déployées, immobiles, poursuivaient une lente ascension en se laissant transporter par les courants d’air thermiques. Soudainement, un des oiseaux bat de l’aile et sort du courant thermique pour entreprendre un piqué vers le sol quelques kilomètres plus bas. En l’espace de quelques secondes, plusieurs centaines de mètres séparent les deux rapaces. C’est alors que le second oiseau s’est mis en mode poursuite. Ne sachant que conclure; à ma grande surprise, l’aigle qui s’était enfui en premier a effectué une tournée sur lui-même, présentant son dos au sol. Ses ailes déployées, sa vitesse soudainement ralentie laissaient présager un contact brutal avec son voisin qui descendait vers le sol à pleine allure. Tout à coup, comme muni de freins invisibles l’aigle en piqué s’est rapproché et a posé ses pattes sur l’abdomen de sa compagne qui fixait le ciel. Ils sont demeurés ainsi, au ralenti, descendant lentement vers le sol pendant une vingtaine de secondes. Le même scénario s’est produit à quelques reprises. J’avais eu le privilège d’assister aux préludes de conquête de deux magnifiques rapaces.

Comme l’aigle royal a élu domicile dans l’est du Canada, il n’est pas rare d’en apercevoir dans la péninsule acadienne. On les aperçoit en remontant les cours d’eau lors de la pêche à la truite au printemps. Les faucons pèlerins pour leur part semblent davantage plus nombreux dans la région de Moncton. Il n’y a pas si longtemps, on les avait observés dans leur nid au sommet d’un édifice du centre-ville.

Comme ce sont des oiseaux régis par les lois de la protection de la faune, il est interdit de les chasser ou de les déranger. La survit du faucon pèlerin a été dangereusement menacée par un pesticide (DDT) qui amincissait la coquille de l’œuf.

Toutes activités au grand air ont pour point de départ une sensation de bien-être. Certains optent pour la bicyclette, d’autres pour le camping ou les randonnées pédestres. Il va de soi que nos goûts ne sont pas tous les mêmes. Par contre, peu importe notre activité au grand air, chaque sortie est une occasion d’apprendre et d’apprécier le monde animal qui nous entoure. n

 

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