Certains animaux dépendent de leurs sens tels que la vue, l’ouïe, le toucher ou l’odorat afin d’assurer leur survie.

Les oiseaux de proie affichent une vision exceptionnelle. L’orignal une ouïe remarquable tandis que la langue bifide du serpent est à ce point sophistiquée que ses repas sont assurés sans même voir ou entendre sa victime potentielle.

Pour ce qui est du sens de l’odorat, plusieurs animaux, dont l’ours, le chevreuil et le chien, comptent parmi les nez les plus fins du monde animal. Plusieurs études sur l’odorat de l’ours grizzly soulignent que ce dernier est capable, par vent favorable, de sentir une carcasse à plusieurs kilomètres. Impressionnant!

Mais qu’en est-il du monde des insectes? Pour bon nombre d’entre nous, l’insecte est pour ainsi dire un mal nécessaire que l’on associe aux maringouins, aux fourmis et aux mouches. Ces invertébrés peuvent-ils nous impressionner par des organes sensoriels hors du commun, leur comportement ou par leur beauté? Un insecte aussi modeste en apparence que le papillon de nuit peut déceler la présence de la femelle au-delà de 10 km tandis que son cousin, le papillon monarque, en échange d’une robe qui attire l’attention, affiche une capacité olfactive un peu moindre, mais néanmoins imposante.

Parmi les centaines d’espèces qui butinent les fleurs de notre province, le papillon monarque mérite une mention honorable avant son départ prochain vers le sud du Mexique. Plein feu donc, sur ce visiteur assidu de notre province.

De couleur orangée, pourvue de veinures noires plus larges chez les femelles que chez les mâles, ce papillon diurne peut atteindre la taille imposante de 10 cm. Surnommé également «papillon de l’asclépiade», en raison de l’importance de cette plante pour le développement et la survie de l’espèce, le site Nature.ca répertorié sur la toile nous dresse le portrait suivant de l’évolution de l’insecte, à partir du stade larvaire à adulte.

«L’asclépiade procure au monarque nourriture et abri pendant la majeure partie de son cycle de vie. De plus, en mangeant les feuilles toxiques de cette plante, le monarque devient un véritable poison pour ses prédateurs.»

«Comme les autres papillons, le monarque subit plusieurs transformations après l’éclosion: chenille (ou larve), chrysalide (ou pupe), papillon adulte. Les œufs éclosent après trois à cinq jours.»

«L’œuf produit une chenille qui atteindra la taille d’environ 5 cm (2 po) en une quinzaine de jours. Pour une cinquième et dernière fois, elle mue et s’attache la tête en bas à une brindille. Ensuite, elle se départit de sa peau et forme la chrysalide en quelques heures.»
«C’est là que la chenille se transforme en papillon en environ deux semaines. Un adulte vit de 3 semaines à 7 mois, selon la génération et la saison.»

Une fois adulte le papillon se nourrit à l’aide de sa trompe qu’il plonge dans une fleur afin d’en extraire le nectar.

La migration du papillon monarque s’étend jusqu’au centre du Mexique, où par millions ils recouvrent les arbres de même que le sol. Ces menus insectes peuvent parcourir au-delà de 100 km par jour avant d’atteindre leur lieu de migration. Au printemps la migration vers le nord et le processus de reproduction recommence.

Le papillon se déplace au gré de la présence de l’asclépiade afin d’assurer la survie de sa progéniture. Plusieurs générations de monarque se seront succédé au cours de leur voyage de retour.

Pour ceux qui souhaitent immortaliser un papillon, voici la marche à suivre qu’un collectionneur de papillons m’avait confiée il y a quelques années.

Attrapez le papillon à l’aide d’un filet à papillons. Déposez à l’aide d’une pipette une seule goutte d’essence sur sa tête. Il meurt sans douleur et presque instantanément.

Épinglez-le sur une plaque en bois ou sur un mur, aux quatre coins des ailes et à la nuque. Il se conservera indéfiniment. Certains iront jusqu’à monter une imposante collection de spécimens.

Il existe des associations de collectionneurs de papillons au même titre que les collectionneurs de timbres. Les mordus de papillons parcourent la planète en quête de spécimens. Certains spécimens rares changent de mains moyennant des milliers de dollars.

Ne manquez pas la chance de visiter une exposition de collections de papillons. Vous serez étonnés autant par les minuscules papillons que par le papillon géant (mesurant 30 cm) surnommé le papillon cobra. Leurs couleurs et leurs motifs soyeux vous séduiront.

Comme l’insatiable soif du progrès a déjà sonné le glas pour de nombreuses espèces, la population de papillon monarque est à son tour de plus en plus menacée par l’épandage d’insecticide.