Fin de l’été 2016, un groupe de 8 braves députés, représentant les trois formations politiques du Nouveau-Brunswick, partent en tournée provinciale pour savoir ce que les Néo-Brunswickois peuvent faire pour réduire leur impact sur les changements climatiques. Ils cherchent des idées, des propositions, des éléments de solutions.

Je me sens interpellé par cette mission, je fais la location d’une voiture pour les suivre. Je veux découvrir le pouls climatique des Néo-Brunswickois.

Après 3587 km, 14 rencontres dans 10 villes/villages sur 12 jours, 121 groupes d’intervenants rencontrés, dont 2 groupes des Premières Nations, et un déluge de bonnes idées, voici mon pointage final: croyants (aux CC) 117 et climat-sceptiques 4.

WOW ! Je n’ai jamais été aussi fier d’être néo-brunswickois.

La très grande majorité des gens rencontrés étaient bien informés, hyper motivés et tous désireux de voir notre gouvernement provincial adopter une politique environnementale claire qui a du mordant et qui veille au grain.

Sans entrer dans les détails (et il y en a beaucoup), voici quelques points saillants qui ont retenu mon attention :

– Dale Prest et son entreprise, de la région de Sackville, possède une forêt certifiée lui permettant de vendre des crédits de carbone. 300 000$ en 3,5 ans.

Ce gars-là fait de l’argent en entretenant sa forêt, pas en la rasant.

– L’Association francophone des municipalités du N.-B. et les Villes de Fredericton, Sackville et St-Andrews, ne cachent pas avoir peur de leur avenir climatique incertain et de ses conséquences sur leurs infrastructures.

– Irving et Emera, les géants de l’énergie en Atlantique, nous disent qu’ils se sont déjà dépassés pour réduire leur impact sur les changements climatiques et qu’ils peuvent difficilement en faire davantage s’ils veulent rester compétitifs sur la scène internationale.

– Les Premières Nations veulent savoir de quoi leur avenir aura l’air. Ils veulent plus d’information. (Une chose demeure certaine, le pipeline ne traversera jamais leur territoire. Ils se souviennent très bien du passage de la voie ferrée.)

– La très grande majorité des intervenants croit qu’il faut informer-éduquer la population sur la réalité climatique actuelle, ses enjeux et ses conséquences potentielles.

– Une très grande majorité d’intervenants est en faveur d’une taxe sur le carbone. Plusieurs proposent même l’instauration simultanée d’un marché de carbone.

– Irving est favorable à l’établissement d’un marché de carbone, parce qu’il va pouvoir vendre des crédits de carbone en cultivant ses forêts, comme Dale Prest.

N’oubliez pas, l’argent mène le monde.

Chose certaine, tous les membres du comité ont respectueusement écouté tous les intervenants qu’ils ont rencontrés. Leurs questions et commentaires étaient justes et pertinents. Certains d’entre-deux m’ont même donné l’impression, avec leurs questions, vouloir convertir les quatre climat-sceptiques.

À la lumière de cette prodigieuse récolte d’information, faite par ce comité spécial du gouvernement sur les changements climatiques, je suis confiant et j’ai hâte de voir les conclusions de leur rapport, fin octobre, m’a-t-on dit.

Il faut donner une chance au coureur.