D’entrée de jeu, j’aime bien précéder le thème de ma chronique en la saupoudrant d’un soupçon de boutade susceptible de froncer un sourcil ou d’esquisser un sourire auprès du lecteur avant que ce dernier ne voie le fond de sa tasse de café. Aux récents déchaînements catastrophiques de Dame Nature partout dans la Péninsule acadienne s’est succédé chez nos voisins québécois un geste haineux et gratuit à l’endroit d’une ethnie musulmane. Ces constatations, aussi désolantes soient-elles, meublent hélas de plus en plus notre quotidien.

Pas toujours évident de domestiquer de telles calamités. Toutefois, certaines coutumes qui perdurent depuis des décennies nous offrent une trêve d’un quotidien trop souvent ponctué par des événements inattendus. La ville de Québec, théâtre d’une tragédie condamnée par tous, nous offre tout de même un baume saisonnier par le biais de son populaire carnaval d’hiver.

Le Carnaval de Québec, possiblement relégué au second plan devant le panache du populaire Carnaval de Rio, peut néanmoins s’enorgueillir d’être reconnu à l’échelle mondiale comme étant le plus imposant carnaval d’hiver de la planète.

Les premières ébauches de cette activité remontent à 1894. On avait alors songé à éponger la monotonie et la rigueur hivernale en invitant la population à des activités de réjouissances. Le caribou (boisson en haute teneur alcoolisée) de même que la populaire ceinture fléchée s’affichèrent alors comme les incontournables emblèmes de cette nouvelle festivité hivernale. Interrompu par les deux guerres mondiales de même que par la crise économique de 1929, le carnaval fit peau neuve en 1955 pour être officiellement reconnu comme le Carnaval de Québec. Cette année, le 63e Carnaval de Québec bat son plein jusqu’au 12 février.

Incarnant célébration et joie de vivre, le Bonhomme Carnaval demeure l’incontestable ambassadeur de cet événement qui attire des foules du monde entier. Vêtu de blanc pour les circonstances, arborant ceinture fléchée tout en se dandinant d’un pied à l’autre, Bonhomme sème sur son passage la contagion du rire et le laisser-aller.

Ce véritable gala hivernal offre une incroyable diversité d’activités ciblant grands et petits de tous âges. Séance de patinage en compagnie de nul autre que Bonhomme lui-même, hockey bottine et patinage sur patinoire extérieure, glissade sur pentes gelées, et le lancer de la hache ne sont que quelques-unes des activités pour apaiser les hyperactifs.

Dégustation de boissons alcoolisées et de cocktails dînatoires s’adressent aux papilles gustatives adultes avides de diversité tandis que les plus petits s’en donnent à cœur joie en se sucrant le bec de queue de castor ou de tire d’érable.

Conteurs relatant histoires, légendes et épopées vous invitent à un climat de détente tandis que violoneux et accordéonistes divertissent les «carnavaleux» qui ont des fourmis dans les jambes. Palais de glace et défilé de nuit haut en couleur vous en mettront plein la vue.

Un concours de sculpture sur neige, mettant en vedette des artistes-sculpteurs provenant de huit pays, fera appel à la créativité de chaque représentant afin de souligner les 150 ans du Canada.

Ces activités exigent-elles d’importants déboursés? Presque donné, les amis! Ces 17 jours d’activités s’échelonnant du 27 janvier au 12 février sont financés en grande partie par les nombreux commanditaires et la vente d’Effigie du Carnaval.

L’Effigie du Carnaval est un laissez-passer plastique représentant le vénérable Bonhomme Carnaval lui-même. Le coût est de 10$ si vous l’achetez en décembre et de 15$ par après. L’achat peut être effectué en ligne en visitant le site Web du Carnaval de Québec. Une foire aux questions sur le site web cerne de nombreuses zones grises tout en vous fournissant de l’information sur une multitude d’activités.

Ce joyau d’activités hivernales est pratiquement à nos portes. Vous y êtes sans peine en quelques heures de voiture. Le logement est très abordable. Dégourdissez-vous les doigts sur le clavier de votre ordinateur et interrogez les sites de gîtes et de logis de l’île d’Orléans. Vous y trouverez de jolies maisons d’antan vous offrant confort douillet et déjeuner à prix très abordables.

L’hospitalité de nos voisins québécois n’est plus à faire. Quelle meilleure façon de clôturer votre présence au carnaval que de pécher par gourmandise dans un des restaurants de la Haute-ville. Réputées pour sa gastronomie, certaines tables ont fait les éloges des chefs les plus réputés d’Europe.

Le Carnaval de Québec, petit pied de nez à Dame nature qui a si bien givré notre paysage péninsulaire? Pourquoi pas?