«Tempête du siècle», verglas et super économie

Cécil BreauDans votre nature

De nos jours, les nouvelles de l’heure s’entrecroisent pour faire la une autant sur la Toile que sur les médias informatiques de tout acabit. Avide de nouvelles à sensations, les journalistes se disputent le micro pour accroître leur cote d’écoute tandis que le système d’hypertextes destiné au public active son mode quatre roues motrices afin d’ébahir un public avide de nouvelles percutantes.

Tenez, trente centimètres de neige et c’est tout juste si on ne flirt pas avec une tempête du siècle! Trêve de sarcasme sans malice de ma part bien entendu, j’avoue que certains potins méritent parfois toute mon attention.

Notre tempête de verglas est-elle en tête du palmarès du pire assaut de Dame nature? À la suite de mes tours d’horizon sur la Toile, je me suis tourné vers certains doyens de notre Péninsule, dont certains ne sont qu’à quelques chandelles près d’être proclamés centenaires. Après tout, me suis-je dit, ils ont vu neiger, et qui plus est, leurs récits de même que ceux de leurs pères valent bien nos almanachs!

Comme de nombreuses maisons étaient dépourvues d’électricité, de lignes téléphoniques, de télévisions, d’ordinateurs et de services sanitaires modernes; les retombées du verglas étaient presque sans conséquence. La vie suivait un cours qui avait perduré depuis la nuit des temps. Les maisons étaient chauffées au bois. Aux dires des anciens, nul besoin de se précipiter vers l’épicerie. Le plein de denrées indispensables, tels la farine et le sucre, se faisait deux ou trois fois l’an. Les récoltes automnales étaient mises à l’abri dans des caveaux tandis que les viandes provenant de la ferme étaient soit salées ou entreposées dans un endroit frais.

La lessive se faisait de façon manuelle et le séchage improvisé à même des cordes suspendues près du poêle à bois. Les automobiles étaient rarissimes et le système routier représentait peu de problèmes pour les déplacements en traîneaux tirés par des chevaux.

Le verglas est un phénomène courant qui se manifeste d’habitude vers la fin de l’hiver. Les températures plus clémentes en ce temps de l’année font en sorte que l’accumulation de givre sur les arbres, les routes et autres structures demeurent en couches minces. Par contre, au cœur de l’hiver où la température se maintient au point de congélation, les couches de glace s’épaississent à un point tel de perturber notre quotidien.

Jadis, le passage d’une telle perturbation climatique passait quasi inaperçu, et pour cause si je m’en remets au paragraphe précédent.

Tout cataclysme, que ce soit une montée de la crue des eaux, un méga feu de forêt ou une tempête de verglas entraînera un remodelage de l’environnement. C’est ainsi que Dame nature sculpte notre littoral sinueux en paysages spectaculaires et nous comble de nouvelles forêts encore plus luxuriantes.

Certes, de prime abord, le spectacle de notre verglas est pour le moins désolant. Nonobstant les nombreuses contraintes issues de la tempête, on y observe une multitude d’arbres cassés tandis que bon nombre se sont simplement recourbés jusqu’au sol. La majorité finira par se redresser en totalité ou en partie. Par contre, les arbres cassés vont nécessiter une mise à terre ou tout au moins un imposant émondage.

La majorité des dégâts forestiers touche les feuillus, communément appelés bois francs. Les chênes et les érables, pour n’en citer que quelques-uns, sont rigides et dépourvus de flexibilité si on les compare aux conifères tels les pins et les épinettes qui sont plus souples. C’est pourquoi les branches de ces derniers se sont gracieusement inclinées vers le bas sans se casser et se relèveront au printemps.

Pour certains d’entre-nous qui avons croupi dans l’oisiveté d’un interminable hiver ne désespérons pas; j’ai une petite activité en vue qui, le printemps venu, risque de nous libérer de notre torpeur tout en nous sortant gagnant du verglas. Qui mieux est; une occasion en or de rendre service gratuitement à un voisin tout en y retirant un bénéfice personnel.

Je m’adresse à tous ceux d’entre nous qui avons un foyer ou un poêle à bois dans nos maisons. Saisissons l’occasion de nous procurer notre bois gratuitement simplement en rendant service à de nombreux voisins qui ne demandent pas mieux que de se débarrasser de leurs arbres cassés.

L’érable, le hêtre et le chêne se vendent à plus de 200,00 $ la corde. Super économie et nous aurons du bois de chauffage de qualité. Un effort qui entre copains s’avère à la fois amusant et productif.