Il va sans dire que le dindon atteint son apogée de popularité aux environs de Noël. Les marchés d’alimentation multiplient alors les aubaines, faisant le bonheur des clients qui congèlent cette denrée bon marché pour contrer les coûts sans cesse croissants de leur épicerie.

Même que tout récemment, à l’occasion de la semaine sainte, on observait une chute du coût d’achat de cette vénérable volaille. C’est à croire que les marchés d’alimentation de grande surface ont une corde sensible pour les fêtes religieuses; à moins bien sûr qu’une surabondance d’un animal gonflé aux hormones exige un assouplissement des stocks. Quoi qu’il en soit – yum yum – une belle cuisse bien dorée; de dindon je précise!

Quelle meilleure occasion de signaler l’arrivée dans l’est du pays de son cousin immédiat: le dindon sauvage. Si les amateurs de pêche trouvent leur compte depuis l’ouverture de la pêche au saumon, le 15 avril; tel n’est pas le cas des adeptes de chasse. Mis à part la chasse printanière de l’ours, ceux-ci seront pour la plupart tenus en laisse jusqu’à l’automne.

Réjouissez-vous et saluez l’arrivée du printemps, nobles disciples de Saint-Hubert; une chasse peu connue connaît un fulgurant essor dans la province voisine.

Bref historique du dindon sauvage: en voie d’extinction au début du 20e siècle aux États-Unis, sa population sans cesse croissante se chiffre présentement à plus de 7 millions d’individus sur l’ensemble du territoire américain. Implantés en Ontario au nombre de 274 individus en 1984, on compte plus de 100 000 dindons sauvages qui partagent domicile dans cette province et celle du Québec.

La chasse croît en popularité de façon exponentielle depuis 2008 chez nos voisins québécois. L’année dernière, plus de 3000 oiseaux ont été abattus.

Les mâles se différencient des femelles par la présence de plumes sous la gorge formant une barbe. La couleur de certaines plumes est également un indice permettant d’identifier les deux sexes. Seule la récolte du mâle est permise. Il est donc important d’être bien renseigné sur le processus d’identification. C’est pourquoi le département de la faune québécoise exige une période de formation disponible en ligne au coût de 66$ avant l’achat du permis de chasse.

Il est encore temps d’entamer les démarches vous menant à l’achat de votre permis de chasse pour la saison 2017, qui s’étend du 29 avril au 18 mai.

Le dindon sauvage est un oiseau fort impressionnant. Il se multiplie à un rythme effarant. Les femelles donnent naissance à une dizaine de poussins annuellement.

La démarche du mâle pour courtiser la femelle est de toute beauté.

Le poids du dindon sauvage peut approcher les 25 livres. Sa chaire est brune et fort succulente. Malgré son poids imposant, il n’éprouve aucune difficulté à voler.

Sa vision est phénoménale et il détecte le moindre mouvement. Semblerait que si les chevreuils étaient dotés d’un sens visuel aussi particulier, la récolte des chasseurs serait bien maigre.

Si la chasse aux dindons sauvages suscite un aussi vif intérêt auprès des chasseurs, l’engouement des fermiers est tout autre. Comme nos bipèdes à plume sont plutôt voraces, il revendiquent une large part des semis fraîchement déposés en terre. Ils raffolent des gains de blé d’Inde, de soya, de glands et de fruits. Ceci étant dit, la grande majorité des fermiers se font un plaisir de vous accorder la permission de chasser sur leurs terres.

À la tombée de la nuit, les oiseaux vont s’envoler des champs pour regagner le couvert de la forêt où ils vont demeurer juchés jusqu’aux premières lueurs de l’aube.

Certes, la chasse aux dindons sauvages est parmi l’une des plus exigeantes en ce qui a trait au camouflage et aux appelants. Les nouveaux venus auront fort à gagner en joignant leurs efforts à un chasseur expérimenté. La tâche est relativement simplifiée en faisant une recherche sur la Toile. Certains chasseurs vous inviteront à partager cette expérience unique en échange de quelques dollars.

Quelques régions du Québec permettent la récolte de deux dindons annuellement. La chasse commence au levé du soleil pour se terminer à midi.

Qu’en est-il de la chasse aux dindons sauvages au Nouveau-Brunswick?

Pour le moment, le ministère des Ressources naturelles semble pencher en faveur d’un programme axé sur la survie et l’exploitation de l’espèce.

L’État du Maine compte plus de 70 000 oiseaux et au cours de la dernière décennie, une population sans cesse croissante de dindons a revendiqué leur citoyenneté néo-brunswickoise, passant outre toutes formalités frontalières. Une certaine lenteur à statuer dans ce dossier faunique de la part des autorités semble toutefois justifiée. Comme les oiseaux sont reconnus pour leurs razzias en milieu agricole, les responsables jonglent entre l’introduction officielle du dindon, la grogne possible du côté des agriculteurs et le maintien d’un équilibre par le biais d’une chasse annuelle.

Semblerait que l’issu du dossier devrait être résolu dans un avenir rapproché.