Au grand air – Les inoffensives méduses acadiennes

Cécil BreauDans votre nature

Un printemps complice d’un semblant d’été avare de soleil, des plages et des campings déserts en ce début de saison estivale. Il pleuvra tout l’été, aux dires des grands savants du haut lieu même des prévisions météorologiques. Vous l’aurez deviné; le Tim, pour ne pas le nommer, est une véritable source d’inspirations thématiques.

En ce début de matinée blafarde, quelques attablés, casquettes à visières recourbées selon les normes, café fumant en main, échangeaient des propos sur les soleils de mer. Tiens, tiens, il y a des lustres que je n’avais pas dépoussiéré ce terme purement acadien!

Le soleil de mer, plus précisément la méduse, est abondant dans nos eaux côtières et sur nos plages. Au gré des fortes vagues et des marées, celle-ci termine parfois son cycle vital sur nos étendues sablonneux.

L’animal est d’un diamètre variable pouvant atteindre 30 centimètres. Sa forme discale, lisse, gélatineuse et de couleur pourpre est munie de nombreux filaments. On en retrouve partout sur la planète. Ses dimensions de même que ses couleurs sont très variables, tout dépendant des endroits où elle vit. Certaines peuvent afficher une couleur pâle quasi transparente, tandis que d’autres peuvent être roses, mauves, jaunes, bleues et pourpres.

La méduse remonte avant l’ère des dinosaures et fait partie du monde animal en temps qu’espèce invertébrée. Selon la mythologie grecque, la méduse était jadis une très jolie femme, qui après avoir insulté la déesse Athéna aurait vu ses mèches de cheveux se transformer en serpents et son visage devenir très laid. Diablement jalouse cette Athéna!

Ces animaux marins fréquentent tous les océans. Ils se plaisent aussi bien en eau chaude que froide. Les méduses se laissent balancer au gré des courants marins, se nourrissant de zooplancton (petites crevettes, petits crabes et très petits poissons) de même que de plantes aquatiques.

Phénomène assez particulier, la méduse se sert de sa bouche pour avaler sa nourriture et pour évacuer ses résidus de digestion. Ses proies sont consommées et rapidement digérées afin d’assurer son principe de flottaison. Les tentacules de la méduse sont munis de cellules dont l’effet paralyse sa proie.

Les méduses qui fréquentent nos eaux côtières sont inoffensives. S’il vous arrive d’en frôler une lors d’une baignade, vous éprouverez une légère sensation de brûlure accompagnée d’une rougeur sur la peau. Par contre, ailleurs sur la planète, les méduses sont parmi les animaux les plus dangereux et les plus à craindre. Certaines peuvent libérer une toxine causant de violentes douleurs et souvent la mort.

La plus volumineuse des méduses côtoie le littoral australien. Mesurant plus de 8 pieds en diamètre et affichant de nombreux tentacules pouvant atteindre une centaine de pieds, cette méduse surnommée crinière de lion dissimule derrière sa beauté un formidable moyen de défense. Rarement fatale auprès des humains, sa douleur est foudroyante.

Parmi les méduses à réputation fatale, citons l’irukandji et la cuboméduse australienne. Toute espèce animale confondue, l’irukandji ne dépassant rarement plus de deux centimètres en longueur est sans contredit l’un des animaux le plus toxiques du monde, compte tenu de sa petite taille. Son venin est de 100 fois plus toxique que de celui du cobra.

Toutefois les honneurs de l’animal le plus toxique de la planète reviennent à la cuboméduse australienne, qui de par ses tentacules de 8 pieds et plus, peut libérer des quantités de toxines facilement capables de tuer un être humain en moins de quatre minutes. La douleur causée par la piqûre est d’une intensité telle, que l’individu succombe par état de choc bien avant que le venin ait fait son œuvre.

L’irukandji et la cuboméduse australienne sont tous deux responsables de dénouement fatals annuellement et demeurent bien plus à craindre que les attaques de requins blancs. Ceux qui n’ont reçu qu’un effleurement du moyen de défense de ces animaux et qui ont été assez chanceux pour survivre témoignent de douleurs atroces qui ont persisté durant des semaines.

De nombreuses méduses demeurent toutefois inoffensives tandis que quelques une, sans pour autant être fatales, peuvent vous causer de violentes douleurs. Les chercheurs s’entendent sur l’application de vinaigre sur le site de la blessure, suivi de compresses d’eau chaude. Cette intervention ferait office de neutralisation des toxines.

Soyez toutefois rassurés; nos méduses acadiennes sont gentilles et ne vous laisseront qu’une très modeste brûlure sur la peau.

De temps à autre j’aime bien saupoudrer un début ou une fin de chronique par un commentaire amusant, un fait inusité ou une remarque susceptible de porter à réflexion.

Autant le monde animal me fascine, autant les décisions de nos élus m’étonnent. De temps à autre je reviens sur le sujet controversé de l’usage du glyphosate sur nos forêts de la province. Tout de même curieux que Santé Canada vienne tout juste de donner le feu vert sur l’usage de cet herbicide, tandis que l’État de la Californie a statué cette semaine que le glyphosate est indéniablement cancérigène.