Plantes envahissantes: la rivière Madawaska sous haute surveillance

Sébastien LachanceDans votre nature

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick et la Ville d’Edmundston assurent qu’ils ont la rivière Madawaska à l’oeil après la découverte récente dans le cours d’eau par des riverains du myriophylle en épi, une plante aquatique exotique très envahissante.
Cette découverte a été réalisée par des membres de la Société d’aménagement de la rivière Madawaska qui ont fait l’observation du spécimen végétal aquatique lors d’une excursion en kayak sur le cours d’eau.

Qualifié de véritable «ennemi des lacs et rivières», le Myriophyllum spicatum représente une menace pour la flore et la faune aquatique puisqu’elle contribue à réduire la biodiversité et le taux d’oxygène dans l’eau.

«Le ministère du Développement de l’Énergie et des Ressources est au courant de la présence déclarée du Myriophylle à épi, une espèce exotique envahissante, dans la rivière Madawaska et le fleuve Saint-Jean et analyse présentement les informations reçues sur le sujet», a indiqué Anne Bull, porte-parole du ministère.

Tout comme plusieurs municipalités et groupes de protection des cours d’eau, le ministère tient à rappeler aux Néo-Brunswickois qu’il est très important de nettoyer, de vider et de sécher les bateaux avant de changer de plan d’eau pour éviter la propagation de cette espèce.

Le ministère du Développement de l’Énergie et des Ressources travaille avec le Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique, d’autres ministères, des partenaires de conservation et des groupes d’utilisateurs afin de déterminer les meilleures mesures de gestion à prendre pour prévenir ou ralentir la propagation de l’espèce», a précisé à l’Acadie Nouvelle Mme Bull.

À Edmundston, l’administration municipale affirme elle aussi surveiller la présence du myriophylle en épi dans la rivière Madawaska et être à l’affût d’informations à son sujet en provenance des citoyens.

«Il n’y a pas de plan d’action en place, mais si la situation devient problématique, il y aura des mesures qui seront prises. On ne pèse pas sur le bouton de panique pour l’instant, mais on se tient aux aguets», a indiqué Sébastien Duguay, le coordonnateur du développement durable à la Ville d’Edmundston.

Des traces du myriophylle en épi ont été récemment découvertes dans la rivière Madawaska, à Edmundston – Gracieuseté

Le myriophylle à épi ne semble pas pour l’instant être une espèce très répandues au Nouveau-Brunswick.

Outre la rivière Madawaska, les seules traces de la plante envahissante ont été découvertes dans le fleuve Saint-Jean.

Au parc Fundy, l’espèce a été aperçue au début des années 2000, avant de disparaître rapidement du radar des biologistes, a indiqué la direction du parc national.

Au Québec, plus de 100 cours d’eau – dont le lac Témiscouata – sont actuellement touchés par la présence du myriophylle à épi, selon des données du ministère de l’Environnement.

Selon plusieurs, la prolifération de l’espèce dans la rivière Madawaska proviendrait du cours d’eau situé au Québec, puisqu’elle prend sa source dans le lac Témiscouata.