Un gigantesque trou dans la banquise de l’Antarctique

Florian EuzenDans votre nature

Un « trou » au milieu de l’Antarctique qui préoccupe les scientifiques. Une étendue d’eau de 80.000 km²,  nommée La polynie de Weddell, soit un peu plus que le Nouveau-Bunswick, a été découverte récemment en plein cœur de la banquise dans la mer de Weddell.

Un phénomène difficile à expliquer

« C’est assez remarquable. On dirait qu’on a donné un coup de poing à travers la glace« , commente le physicien de l’atmosphère Kent Moore,  professeur à l’université de Toronto à Mississauga, au site Motherboard. (en anglais).

Ces étendues dépourvues de glace, appelées «polynies», peuvent se former dans l’océan Arctique ou son pendant austral, l’océan Antarctique, mais il est rare qu’ils atteignent cette taille, surtout aussi loin du large.

Des courants d’eau plus chaude

Les eaux profondes dans la région de Weddell seraient plus chaudes et plus salées que les eaux de surface. Les polynies seraient la conséquence d’un cycle : les courants font remonter de l’eau plus chaude qui libère de la chaleur dans l’air, la glace fond, l’eau à la surface refroidit avant de couler.

Cependant on les observe généralement près du littoral, note Kent Moore, alors que le phénomène qui intrigue actuellement les scientifiques est localisé loin dans la banquise. « C’est à des centaines de kilomètres de la lisière. Si on n’avait pas de satellite, on ne saurait pas qu’il existe ». Autre particularité : sa taille. Les polynies atteignent habituellement quelques centaines de km², très loin de ce « monstre ».

Une polynie avait déjà été observée dans la même zone de la mer de Weddell dans les années 1970, que les moyens de l’époque n’avaient pas permis d’étudier de près, selon Kent Moore. Après avoir disparu pendant quarante ans, le « trou » est revenu l’an dernier pour quelques semaines. Puis de nouveau cette année.

Réchauffement climatique

Selon les scientifiques qui étudient le phénomène, il est trop tôt pour incriminer le réchauffement climatique.

En revanche, la fonte de glace a incontestablement des effets sur la température de l’eau et donc, au moins localement, sur le climat. A ce stade, « on ne comprend pas vraiment l’impact à long terme qu’auront les polynies », avoue Kent Moore.

Une sonde flottante a justement refait surface à l’intérieur de cette polynie, et va permettre de recueillir des données pour mieux étudier sa formation.