Indonésie: Greenpeace sonne l’alarme

La Presse CanadienneDans votre nature

Une forêt tropicale où on trouve des orangs-outans gravement menacés continue d’être exploitée, un an après que le gouvernement indonésien eut ordonné l’arrêt des opérations, affirme Greenpeace.

L’organisation environnementale a déclaré mardi que ses vérifications dans la forêt de Sungai Putri ont constaté que l’exploitation forestière s’y poursuit. Le groupe a dénombré au moins six campements illégaux qui fonctionnent la nuit, et parfois dans des zones où on retrouve des nids d’orangs-outans.

La forêt de 57 000 hectares, qui accueille jusqu’à 1200 orangs-outans, met à l’épreuve la capacité du gouvernement à imposer son moratoire sur le drainage et l’exploitation des vastes tourbières indonésiennes, qui a été déclaré après les incendies massifs de la saison sèche en 2015.

Ces incendies _ qui ont détruit 2,6 millions d’hectares et recouvert une partie de l’Indonésie, de Singapour, de Malaisie et du sud de la Thaïlande d’une fumée dangereuse pour la santé _ ont mis en lumière les énormes risques encourus par les entreprises de pâtes et papiers pour drainer les tourbières marécageuses dans les plantations industrielles, ce qui les rend très combustibles.

La Banque mondiale a estimé que ces incendies avaient causé des pertes de 16 milliards $ US.

La dernière enquête est la deuxième révélation en moins d’un an que l’exploitation commerciale de la forêt continue.

Des photos et des images de drones prises par des activistes en juillet montraient un important canal de drainage rempli d’eau, de gros engins de terrassement et des semis de bois de pulpe malgré l’ordre du ministre de l’ Environnement et des Forêts, Siti Nurbaya, en mars, de cesser les opérations.

« C’est un grand embarras pour le gouvernement indonésien, qui a toujours promis de protéger Sungai Putri », a déclaré Greenpeace dans un communiqué.

Le gouvernement indonésien n’a pas répondu à une demande de commentaires.

L’exploitation de la forêt de Sungai Putri et l’investissement chinois dans une usine de traitement du bois connexe sont soutenus par des fonctionnaires provinciaux et de district dans la province du Kalimantan-Occidental, à Bornéo.

Une société indonésienne, Moharison Pawan Khatulistiwa, dispose d’un permis d’exploitation forestière dans le secteur forestier et d’un plan de travail approuvé par le ministère des Forêts, qui sont désormais annulés par le moratoire sur le développement des tourbières. Elle n’a pas répondu aux appels.

Greenpeace a déclaré qu’il n’était pas clair si la compagnie procédait elle-même à l’exploitation forestière ou si d’autres entités avaient profité des routes construites par l’entreprise pour empiéter davantage sur la forêt. Le bois alimentait des scieries et des entreprises de meubles dans la région de Ketapang, dans le Kalimantan-Occidental.