Des spécialistes des baleines de la Nouvelle-Angleterre pensent avoir trouvé un nouveau moyen de mesurer le stress ressenti par ces mammifères marins lorsqu’ils subissent des traumatismes tels que des enchevêtrements dans de l’équipement de pêche. Selon eux, cette technique pourrait aider à protéger les énormes créatures marines de l’extinction.

Les scientifiques de l’Aquarium de Nouvelle-Angleterre, à Boston, ont expliqué que la méthode impliquait de mesurer les hormones du stress en étudiant les fanons, le système de filtration qui se trouve dans la gueule des plus grandes baleines de la planète. Les fanons permettent d’observer une hausse des hormones de stress lorsque les baleines sont confrontées à des menaces telles que le changement de climat, les collisions avec des navires et les enchevêtrements, a expliqué la chercheuse principale Rosalind Rolland. Les scientifiques peuvent utiliser les données pour lire le niveau de stress d’une baleine pendant de nombreuses années, un peu comme on lit les anneaux des troncs d’arbres. Les données sont importantes, car les baleines qui subissent davantage de stress chronique ont moins de chances de se reproduire et deviennent plus vulnérables aux maladies _ une mauvaise combinaison pour des populations déjà extrêmement basses.

Le groupe a publié ses recherches dans la revue « Marine Mammal Science » en mars. Les scientifiques ont rapporté que l’apparence des fanons de baleine reflète la quantité d’hormones de stress produites par les glandes surrénales au moment où les bêtes luttent contre quelque chose qui met leur vie en danger. En analysant les fanons après la mort des baleines, les scientifiques peuvent en apprendre davantage sur les pics d’hormones du stress. Les scientifiques ont effectué leurs travaux sur une plaque de fanons provenant d’une baleine boréale très emmêlée dans de l’équipement de pêche. La baleine a été tuée au large de l’Alaska en 2017 par des chasseurs inuits qui l’ont trouvée traînant de l’équipement de pêche et paraissant léthargique. Selon l’Aquarium, les fanons montraient un pic d’hormones du stress 20 fois plus grand que la normale.

La recherche s’appuie sur un ensemble de travaux qui montrent que les hormones du stress augmentent lorsque les baleines s’emmêlent dans de l’équipement de pêche, ce qui, selon certains scientifiques, tue jusqu’à 300 000 baleines et dauphins chaque année. L’Aquarium a présenté le travail comme une avancée « significative » dans la manière dont les hormones de stress des baleines peuvent être étudiées. Les scientifiques avaient publié un précédent article pilote sur le sujet en 2014.