Un géologue du gouvernement fédéral a mis au point de nouvelles cartes des côtes canadiennes indiquant les zones où les inondations et l’érosion causées par les changements climatiques sont susceptibles de causer les plus importants dommages au cours de ce siècle.

Gavin Manson de l’Institut océanographique de Bedford a pris en compte des facteurs comme la disparition de la banquise, la montée des vagues et la composition du littoral. La dernière version de la carte CanCoast a combiné six facteurs clés pour créer des évaluations visuelles de la « sensibilité des côtes » sur les trois océans. Dans une interview, M. Manson a déclaré que la pente du rivage ou l’augmentation de la hauteur des vagues attribuable au recul de la banquise peuvent avoir un impact important sur l’érosion et les inondations. « Les cartes contiennent beaucoup plus de données sur les facteurs affectant la sensibilité physique des côtes canadiennes », a-t-il dit. La perspective d’une élévation du niveau des océans pour des grandes parties des Maritimes, de la mer de Beaufort, des basses terres du fleuve Fraser et du nord de la Colombie-Britannique a été documentée dans le Rapport sur le climat changeant du Canada publié en avril.

Dans certaines régions des Maritimes, on prévoit que le niveau de l’océan sera en moyenne de 75 centimètres à un mètre plus haut d’ici la fin du siècle, ce qui accroît les risques d’inondation au cours des tempêtes. M. Manson souligne toutefois que la quantification de la sensibilité des côtes pousse l’analyse plus loin. La nature du rivage _ qu’il s’agisse de sable, de gravier ou de roches dures _ fait partie des six variables répertoriées par les cartographes géologiques. Un autre facteur qui est maintenant inclus dans les cartes est la façon dont la fonte de la glace sous le pergélisol laisse les côtes plus exposées à l’érosion. « Au fur et à mesure que le sol s’enfonce, les océans gagnent en énergie et s’en vont à la rive. « Dans les années 2090, il y a beaucoup moins de banquise et plus de vagues », a prédit M. Manson.

Selon lui, les zones les plus sensibles se trouvent sur les côtes nord, face à la mer de Beaufort, où le risque est élevé. « Les choses s’aggravent beaucoup dans cette région. C’est l’une des régions où la sensibilité est la plus forte et s’étend plus loin à l’est dans l’archipel Arctique, comme nous l’avions prévu. » Des parties de la baie d’Hudson se trouvent également dans la zone rouge, de même que des parties du sud-est du Cap-Breton et de la petite île de Sable, à des centaines de kilomètres de la côte de la Nouvelle-Écosse. Dans le cas du Cap-Breton, les facteurs qui accroissent la sensibilité incluent la probabilité d’une réduction de la glace sur la mer intérieure Bras d’Or, ce qui entraînerait une plus grande action des marées sur les rives.