Des médecins québécois et canadiens ont conçu un « plan de traitement » pour que le pays soit plus en santé, en suggérant des façons vertes d’investir pour relancer l’économie dans le sillage de la crise de la COVID-19.

Le rapport de l’Association canadienne et québécoise des médecins pour l’ environnement a été rendu public mardi. Les médecins tirent ce constat: la pandémie à la COVID-19 a exposé et exacerbé des défis préexistants pour la santé des Canadiens, les systèmes de santé, l’économie et la société. L’organisation canadienne et sa branche québécoise le répètent depuis un bon moment: une économie basée sur le pétrole a des conséquences sur l’environnement mais aussi sur la santé des gens. Plutôt que de voir la liste de leurs patients s’allonger, ils suggèrent, forts de 25 recommandations au gouvernement fédéral, comment bien choisir où il va investir son argent pour relever l’économie.

Parmi celles-ci, il est suggéré _ pour diminuer la pollution de l’air qui cause de nombreuses maladies respiratoires _ d’investir dans la production, la recherche et le développement des véhicules électriques, en soutenant également dans cette transition les travailleurs de l’industrie automobile. On offre aussi cette idée: garantir des prêts sur l’achat des véhicules électriques pour des périodes allant jusqu’à trois ans afin qu’ils soient plus abordables pour les consommateurs. « On a réussi à démontrer que lorsque l’on s’attaque aux changements climatiques, il y a des impacts positifs pour la santé », a fait valoir en entrevue Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) et co-auteure du rapport.

Surtout qu’après la crise de la COVID-19, il serait difficile de nier l’impact que la santé peut avoir sur l’économie, juge-t-elle. Le rapport a été transmis au gouvernement canadien, mais les citoyens sont aussi invités à se rendre sur le site de l’ACME pour envoyer à leur député un courriel auquel sera attaché le rapport. La première recommandation du rapport mérite qu’on s’y attarde plus longuement, indique Dr Pétrin-Desrosiers. Celle-ci vise la création d’un cadre législatif de décarbonisation de l’économie d’ici 2050, obligeant les décideurs politiques à faire des comptes-rendus tous les cinq ans sur les progrès et impacts.

« C’est une lutte de longue haleine. On ne peut pas se permettre de changer de direction tous les deux ou trois ans avec les changements de dirigeants au pouvoir », explique-t-elle. Dans leur rapport, les médecins publient de nouveaux résultats de recherche démontrant que si le Canada atteint ses objectifs climatiques, quelque 112 000 vies seront sauvées entre 2030 et 2050 grâce aux améliorations de la qualité de l’air seulement, soit l’équivalent de la population actuelle de la ville de Terrebonne. « C’est impressionnant », dit-elle, notant que l' »on a le potentiel de sauver encore plus de vies ».

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