Le câble de base à 25$ n’avantage pas réellement les consommateurs

David CaronVos finances

L’année 2016 a marqué un important tournant pour les Canadiens abonnés au câble. Depuis le printemps, ils peuvent profiter d’un nouveau forfait d’abonnement à un service de télé de base pour 25$ par mois ou moins. Depuis le 1er décembre, les câblodistributeurs doivent aussi permettre aux gens de s’abonner à plus de canaux à la carte.

Les consommateurs du Nouveau-Brunswick sont-ils réellement avantagés par ces changements imposés par le Conseil de la radio et des télécommunications canadiennes (CRTC)?

L’Acadie Nouvelle a contacté Philippe Viel, de l’Union des consommateurs, un organisme basé à Montréal qui regroupe douze groupes de défense des droits des consommateurs, pour en savoir plus.

Les forfaits de base sont offerts au Nouveau-Brunswick par Rogers, Bell et Shaw pour un montant de 25$ par mois. À ce prix, les clients ont accès aux chaînes régionales, communautaires et d’autres, y compris des chaînes francophones comme TFO, TVA, Unis TV, ICI Télé, TV5 et RDI.

Selon Philippe Viel, les forfaits «abordables» n’ont pas été forcément été conçus pour favoriser les consommateurs. Les offres ne sont pas bien publicisées, les tarifs sont élevés pour les chaînes à la carte et les taux de location pour les boîtiers décodeurs numériques sont également élevés, explique-t-il.

«Pour la télévision, bien que le CRTC ait imposé le service de base à 25$ et les chaînes à la carte, ces obligations ne sont pas implantées de manière à avantager les consommateurs», écrit-il dans un courriel envoyé à l’Acadie Nouvelle.

Chez Bell par exemple, le coût de location mensuel d’un décodeur s’élève à 7$ et des frais d’installation de 50$ s’ajoutent à ce montant.

Une lueur d’espoir pointe cependant à l’horizon, précise M. Viel.

«Comme le CRTC a publié des directives où il demande que les offres de télé soient plus claires et qu’on ne désavantage pas les clients qui choisissent des forfaits moins chers, il y a un peu d’espoir, mais pour l’instant, aucune panacée. Comme l’instance du CRTC là-dessus est prévue pour l’automne 2017, ça pourrait bien aller à 2018 avant qu’on ait un nouveau positionnement de sa part là-dessus.»

Ces changements imposés par le CRTC se produisent à une époque où de plus en plus de Canadiens abandonnent la télévision traditionnelle en faveur de services sur demande comme Netflix.

Selon une étude publiée en avril 2016 par la firme Convergence Consulting Group, 190 000 personnes au Canada ont abandonné le câble en 2015, soit une hausse de 80% par rapport à l’année précédente.

La même firme prévoit que ce chiffre soit semblable en 2016.

Environ 3,4 millions de Canadiens ne sont pas abonnés à un service de distribution télévisuelle traditionnel.