Ephrem Paulin, âgé de 93 ans, s’est aménagé un coin dans son sous-sol à Sainte-Marie-Saint-Raphaël pour confectionner des chapelets à prières. Il y consacre une bonne partie de son temps, avec une profonde dévotion.

En guise de passe-temps, certaines personnes âgées lisent, marchent ou jardinent. Ephrem Paulin, lui, confectionne des chapelets à prières. Et ce, depuis une trentaine d’années.

«Mon père en faisait. Je ne le savais pas, je l’ai découvert à sa mort. Quand je l’ai su, je me suis dit que je pouvais moi aussi en faire», raconte-t-il.

Il s’est aménagé un coin dans le sous-sol de sa maison à Sainte-Marie-Saint-Raphaël. Ses chapelets sont de toutes les couleurs, fabriqués à partir de petites boules en bois qu’on lui donne. Certaines proviennent des couvre-sièges auto en billes censées masser le conducteur ou les passagers.

Rien à voir avec ses premiers essais pour lesquels il avait utilisé des noisettes et des fèves séchées. Au fil du temps, il a développé sa propre technique.

Il commence par découper des petites tiges métalliques d’une dizaine de centimètres, enfile les boules et joint le tout à l’aide d’une pince. Il fait lui-même les croix qui concluent le collier saint.

«C’est de l’ouvrage», assure-t-il.

Une fois qu’il en a une bonne quantité, il sollicite un prêtre pour les bénir, puis les donne à qui veut. En faire commerce? Il balaie l’idée aussitôt.

«Pourquoi les vendre? Ça ne me coûte rien à faire, ça me demande juste du temps. C’est un plaisir.»

Le Père Patrick McGraw connaît bien Ephrem Paulin. Il le voit tous les dimanches à l’église de Lamèque et quand il lui apporte des sacs entiers de chapelets pour obtenir sa bénédiction.

«Ça me touche de le voir arriver ainsi. Il a fait l’expérience de Dieu et transmet son expérience à autrui. C’est extraordinaire», commente l’homme d’Église.

Le résidant de Sainte-Marie-Saint-Raphaël conçoit un chapelet en deux heures environ. Il en produit plus de 200 tous les ans. C’est devenu une habitude à laquelle il se consacre quotidiennement.

«Il est tout le temps en bas (dans le sous-sol, NDLR)», confirme son épouse avec qui il a eu 12 enfants.

Ephrem Paulin confie beaucoup aimer ce qu’il fait. «Et tous les matins, je prie pour celles et ceux à qui j’ai donné un chapelet.»

Des proches ou des anonymes qui un jour, au gré des hasards de la vie, ont croisé sa route. C’est ainsi que ses colliers en bois bénis sont présents dans tout le Canada, et même à l’étranger.

«Y avait un étudiant allemand en ébénisterie à Saint-Quentin, se rappelle le patriarche. Je l’ai rencontré. Ben, je lui en ai donné un. Et maintenant, il est rentré dans son pays.»

Ephrem Paulin est une usine à lui tout seul. À sa façon, il exporte son savoir-faire à l’international.