Racines acadiennes – Guyon Chiasson dit Lavallée de Mouchecoudabouet

Denis SavardGens d'ici

Lignée (Herménégilde) selon genealogie-acadienne.net
Lignée (Herménégilde) selon genealogie-acadienne.net

L’ancêtre des Chiasson acadiens est originaire de Saint-Sauveur-d’Aunis, situé à 25 km de La Rochelle.

Né vers 1638, l’acte de baptême de Guyon Chiasson n’a pas été retrouvé à cet endroit, pas plus que ceux de ses soeurs. Sa famille habite probablement dans une paroisse voisine à cette époque. Mais il existe bien des Chiasson à Saint-Sauveur, dont un Guion Chiasson qui épouse Louise Guibert en 1640.

Guyon était le fils de Pierre Chiasson et Marie Péroché. Il avait au moins quatre soeurs, dont Louise qui s’est établie à Québec, à peu près en même temps que Guyon Chiasson gagne l’Acadie, soit vers 1665.

Chiasson dit Lavallée

Guyon portait le sobriquet LaVallée. On ignore l’origine du sobriquet, mais comme bien d’autres, c’est peut-être signe que Guyon serait arrivé comme soldat en Acadie.

À l’époque, c’était pratique courante de donner un «nom de guerre» aux nouveaux soldats. Des noms qui ont souvent été perpétués jusqu’à nos jours.

Deux des filles de Guyon porteront le patronyme Lavallée, mais il ne semble pas avoir été transmis à la troisième génération.

L’ancêtre arrive d’abord à Port-Royal. Il y épouse vers 1666 Jeanne Bernard, fille de Charles Bernard1 & Andrée Guyon.

Peu après le mariage, la famille quitte Port-Royal.

Guyon Chiasson est cité «de Mouchecoudabouet» (aujourd’hui Musquodoboit Harbour, à l’est de Halifax) dans les livres de comptes d’Emmanuel Le Borgne de 1668 à 1674 (Le Borgne décède en 1675). C’est sans doute pourquoi sa famille n’est pas nommée au recensement de 1671 de Port-Royal, puisqu’elle n’y habite plus. Vers ou avant 1682, la famille quitte Mouchecoudabouet pour s’établir à Beaubassin.

Jeanne Bernard lui donnera au moins huit enfants, dont quatre fils. Jeanne Bernard décède vers 1682, à l’âge d’environ 38 ans. Il n’est pas rare de voir des femmes mourir dans la fleur de l’âge à cette époque. Il s’agit souvent des suites d’un accouchement difficile.

Guyon Chiasson garde des liens étroits avec Québec. C’est à cet endroit qu’il trouvera sa seconde femme.

Le 10 octobre 1683 à Québec, le veuf Guyon Chiasson de Beaubassin épouse Marie Madeleine Martin, fille de Pierre Martin et Joachin Lafleur, une famille originaire de Bressuire, dans le Poitou, établie à Sillery près de Québec.

Michel Le Neuf de la Vallière, le seigneur de Beaubassin, qui a été nommé gouverneur de l’Acadie la même année, est témoin à ce mariage.
Marie Madeleine Martin lui donnera au moins quatre autres filles.

Deux fils, Jean Giasson et Michel Chiasson, se sont établis au Québec après avoir quitté le nid familial de Beaubassin. Jean Giasson, tel qu’il est connu, termine ses jours à Montréal, alors que Michel meurt à Saint-François-du-Sud, dans le Bas-du-Fleuve.

Avec deux de ses fils partis au Québec, il n’est pas étonnant que le patronyme Chiasson (et Giasson) soit bien répandu au Québec comme en Acadie.

Guyon Chiasson est décédé à Beaubassin peu avant le recensement de 1693, où sa seconde épouse est déclarée veuve. Elle épousera en secondes noces Michel Deveau, sans doute à Beaubassin.

Pierre Chiasson

Le père de Guyon, Pierre Chiasson, était un laboureur à boeufs. Il demeurait à Saint-Sauveur-d’Aunis en 1643, puis à Grolleau, paroisse de Croix-Chapeau, selon Archange Godbout. Ce n’est que plus tard que la famille s’établit à La Rochelle.

Si on connaît son lieu d’origine à cause des mentions aux contrats de mariage de ses filles, on ne peut retracer sa présence à Saint-Sauveur, au moment où naissent ses enfants. Les registres de la paroisse sont pourtant conservés pour ces dates.

Mais ce n’est pas hors de l’ordinaire. Les lieux de naissance et d’origines d’un immigrant peuvent diverger, si la famille n’est pas fixée à un endroit précis sur une longue période, ou si elle fréquente l’église d’une paroisse voisine. Les habitants fréquentent parfois une église d’un village voisin si elle est plus près physiquement, ou s’ils y ont des attaches, par exemple.

Dion, Denis ou Guyon Chiasson?

On retrouve au fil des actes différents prénoms pour l’ancêtre des Chiasson. C’est que Guyon, Dion et Denis sont tous des prénoms découlant du nom latin Dionysius, un dieu greco-romain.

Certains l’indiquent Guyon-Denis Chiasson, mais ces deux prénoms ne sont jamais cités ensemble.

Les plus anciens registres de baptême sont souvent écrits en latin. Donc, toutes les déclinaisons françaises d’un nom latin peuvent être considérées comme équivalentes.

Le plus souvent, l’ancêtre est prénommé Guyon dans les documents.

1 Voir la chronique du 5 décembre: Bernard: l’époux de Andrée Guyon a-t-il été retrouvé?

Sources:
– Stephen A. White, Dictionnaire généalogique des familles acadiennes, Centres d’Études acadiennes Anselme-Chiasson, Moncton, N.-B., 1999, 2 vol., 1616 pages.
– Archange Godbout, Chiasson, Giasson, Mémoires, Société généalogique canadienne-française, Montréal, 1945, vol I, no 3, pages 173-177.

 

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