L’Acadien qui veut faire voler les avions grâce au soleil

Utiliser le soleil pour transformer du carbone en carburant pouvant alimenter des avions et des voitures? Voilà qui semble tiré tout droit d’un roman de science-fiction! C’est pourtant le projet sur lequel travaille un chercheur acadien dans une université de Londres, en Angleterre.

Robert Godin, de Tétagouche Nord, près de Bathurst, est associé de recherche à l’Imperial College London, un établissement plus que centenaire, considéré comme l’un des trois meilleurs du Royaume-Uni et où ont étudié ou travaillé pas moins de 15 lauréats d’un prix Nobel.

Il demeure dans le quartier londonien de Baron’s Court depuis août 2015.

L’Acadien âgé de 28 ans oeuvre dans un groupe de recherche qui s’applique à comprendre la nouvelle génération de matériaux à base de carbone qui peut produire des carburants solaires.

«L’exemple le plus répandu serait de mélanger un matériel avec de l’eau, de l’éclairer avec la lumière du soleil afin qu’il produise de l’hydrogène, qui peut en théorie être utilisé en tant que combustible, ainsi que de l’oxygène», vulgarise le diplômé de l’École secondaire Népisiguit.

M. Godin explique que, par exemple, en chauffant certaines poudres, telles que de la vitamine C, jusqu’à environ 200 °C, des nanoparticules de carbone se forment. Ces nanoparticules forment une solution de couleur brune et elles peuvent absorber la lumière.

«Donc l’énergie solaire peut être récoltée et convertie en combustible dans le but d’alimenter des voitures, des avions, ou tout ce qui requiert de l’énergie», avance-t-il, fièrement.

Évidemment, le jour où le Néo-Brunswickois moyen remplira le réservoir de sa voiture d’un carburant créé à partir des rayons du soleil est encore loin.

«L’efficacité de ce type de processus laisse encore à désirer et les matériaux utilisés sont souvent très dispendieux, atteste M. Godin. Afin que le carburant solaire devienne une technologie répandue partout dans le monde, il faut que des matériaux abondants soient utilisés. C’est pourquoi il y a beaucoup d’intérêt dans le développement de technologies à base de carbone, qui est un élément très répandu et peu coûteux.»

Reste que, peu importe sous quelle forme, l’énergie solaire va jouer un rôle important dans l’avenir, croit M. Godin.

«Ce n’est qu’une question de temps avant que nos besoins énergétiques dépassent ce que les combustibles fossiles peuvent fournir et l’énergie solaire est un choix logique compte tenu son abondance. Je crois qu’il vaut mieux se tourner vers l’énergie solaire plus tôt que tard et je suis ravi d’être capable de contribuer à son développement.»

Passionné par les sciences dès le secondaire, Robert Godin est détenteur d’un baccalauréat en chimie de l’Université d’Ottawa et d’un doctorat de l’Université McGill, à Montréal.

Spécialisé dans la photochimie, il a eu un choix à faire après l’obtention de son doctorat, en 2015: trouver un emploi ou poursuivre sa formation en se joignant à un groupe de recherche sur les cellules solaires.

«J’avais en tête deux groupes de renommée mondiale avec lesquels j’aurais été très heureux de travailler. Je me disais que si je manquais ma chance avec l’un de ces deux groupes, je me trouverais un emploi.»

Quand son superviseur actuel l’a rencontré à Montréal pour lui offrir un poste au sein d’un groupe de recherche de l’Imperial College London, il n’a pas hésité une seule seconde à accepter.

«On en a discuté moi et ma femme – qui est originaire de Vancouver – et on était tous deux d’accord que c’était une chance à ne pas rater, tant du côté professionnel que du côté exploration. Étant à Londres, toute l’Europe est à nos portes.»

Si le «métier» de chercheur est loin d’être simple (les responsabilités sont sans cesse grandissantes, précise-t-il), Robert Godin ne se cache pas qu’il adore faire des découvertes en laboratoire. «À ce niveau si spécialisé, il se peut fort bien que tu sois la première personne dans le monde entier à comprendre un nouveau concept ou à découvrir quelque chose d’inattendu», fait-il valoir.
Des cerfs au cœur de Londres!

Heureux comme un poisson dans l’eau en Angleterre, le portrait que Robert Godin de Londres qui n’a rien à voir avec celui qu’on pourrait se faire. Sauf pour les pubs!

«Ce qui ne cesse de me surprendre, c’est à quel point c’est une ville vivable. Les grandes attractions sont très occupées, mais en ne marchant que 30 secondes pour s’en éloigner, tu peux te retrouver dans un parc vert sur le bord de la Tamise avec seulement une ou deux autres personnes», témoigne-t-il. «Tout est bâti si densément que les bruits des rues avoisinantes ne sont pas étourdissants. Les secteurs résidentiels sont donc d’habitude assez calmes.» «Il y a d’immenses parcs à Londres, ajoute-t-il. Il y a par exemple Richmond Park, un des parcs royaux, où il y a des troupeaux de cerfs en liberté. Des centaines de cerfs! Ça fait un contraste dramatique avec le Londres qu’on s’attend à voir (où vivent plus de 8,5 millions d’habitants!).» S’il est un domaine où Londres est fidèle à sa réputation, selon M. Godin, c’est en ce qui a trait aux pubs. «Il y en a partout! Ma femme et moi, on fait souvent des randonnées dans des villes et des villages avoisinants et nous essayons toujours de faire en sorte qu’un pub sera au milieu ou à la fin de notre parcours. Ils sont si accueillants et reposants!»

DE PAR LE MONDE FAIT RELÂCHE

Veuillez noter que la chronique De par le monde fera relâche cet été et reviendra en force à l’automne.

D’ici là, si vous connaissez un(e) Acadien(ne) qui fait carrière hors des frontières du pays, transmettez-moi ses coordonnées par courriel et il (elle) pourrait, à son tour, faire l’objet d’un reportage.

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