Guillaume Deschênes-Thériault n’a pas fait que militer contre la réforme de l’assurance-emploi et dans le milieu étudiants pendant son passage à l’Université de Moncton. Ce surdoué a beau ne pas être vantard, il a tout de même aussi réussi à maintenir une moyenne frisant la perfection. Rencontre d’un doué hors du commun.

Ces dernières années, son nom est devenu synonyme de la lutte contre la réforme de l’assurance-emploi mise en branle par le gouvernement de Stephen Harper.

Alors que la grogne montait, il y a trois ans, ce jeune homme originaire de Kedgwick était sur toutes les tribunes. N’ayant pas froid aux yeux, il était allé jusqu’à confronter le ministre Bernard Valcourt lors d’une conférence à Moncton.

Ça, c’est ce qu’on savait de lui sur la place publique. Pendant ce temps, loin des caméras et des manifestations, il excellait. Et pas à peu près. La preuve; au printemps, il a terminé son baccalauréat en science politique avec une note de 4,29 sur 4,3.

Vous avez bien lu. En quatre ans d’études, il a obtenu une quarantaine de A+ et un seul A. C’est tout un accomplissement.

Mais quel est son secret? Sa réponse se résume en bonne partie à deux mots: organisation et équilibre.

«Il y a des gens qui me disaient “ah, tu dois passer tout ton temps dans tes livres”. Mais non. Ma méthode de travail est que j’organise mon temps et j’essaie de garder un équilibre entre ma vie sociale et mes études», dit-il en entrevue téléphonique.
Guillaume Deschênes-Thériault croit qu’il n’aurait pas eu le même succès s’il n’avait pas pris le temps de passer du temps avec ses amis et de s’impliquer dans des causes qu’il avait à coeur.

«Je mettais beaucoup de temps quand même, je mettais le temps nécessaire. Mais si j’avais juste mis du temps dans mes études, je ne suis pas certain que j’aurais aussi bien réussi parce que ce serait devenu démotivant à la longue.»

Coudées franches et défis

Au cours de son parcours scolaire et universitaire, ce jeune bollé aujourd’hui âgé de 22 ans a été chanceux: il a pu compter sur des enseignants et sur des profs qui l’ont aidé à se dépasser.

On se doute bien qu’ils ont reconnu son talent et qu’ils se sont bien gardés de l’étouffer ou de le laisser s’étendre. Une approche qui n’est pas sans rappeler celle que préconise le professeur Viktor Freiman, un expert de la gestion des talents en milieu scolaire (voir l’autre texte en page 4).

À l’école secondaire, son engagement parascolaire et sa participation au jeu-questionnaire télévisé Génies en herbe l’ont amené à s’absenter régulièrement. Au lieu de le forcer à faire comme tous les autres, ses enseignants lui ont donné une certaine marge de manoeuvre, raconte-t-il.

«Au total, mon relevé d’absences au secondaire était assez haut. Et les profs prenaient vraiment bien ça. Ils me donnaient la matière à l’avance, des fois je faisais les exercices moi-même. Si j’avais des questions, je pouvais aller les voir. Mais eux savaient que ça marchait bien comme ça.»

Une fois le saut fait vers le postsecondaire, un prof a eu l’idée de l’inviter à relever des défis. Cela a motivé ce jeune bollé à se dépasser.

«À l’université, ce n’était pas la même affaire (qu’à l’école secondaire). Tu ne peux pas tout le temps manquer des cours. Mais dès ma deuxième année, il y a un prof en particulier qui m’a donné des occasions de recherche avec lui. Il m’a ouvert beaucoup de portes, ce prof-là.»

«C’était plus une satisfaction personnelle.»

Son seul et unique «A» en quatre ans à l’Université de Moncton, Guillaume Deschênes-Thériault l’a obtenu en première année.
Il n’a donc pas eu à craindre de décrocher cette note qui était excellente, mais imparfaite, pendant la majeure partie de ses études de premier cycle.

On peut tout de même se demander s’il s’est mis de la pression. Pas du tout, répond-il.

«Dans le fond, j’essayais d’essayer de garder des résultats. C’est motivant d’avoir de bons résultats à la fin du semestre. Mais c’était plus une satisfaction personnelle que pour les autres.»

De toute manière, bien peu de gens autour de lui savaient que ses notes étaient si exceptionnelles, confie-t-il. Modeste, Guillaume Deschênes-Thériault ne s’en vantait pas sur tout les toits, tellement que ses amis savaient qu’il avait une bonne moyenne, sans plus.

«Lors de ma dernière année (à l’Université de Moncton), ma moyenne est sortie parce que j’ai gagné des prix. Mais jusque là, je suis resté quand même assez discret.»

Il amorce ces jours-ci sa maîtrise en science politique à l’Université d’Ottawa. Un nouveau défi qu’il compte relever un peu comme il le faisait lorsqu’il était au secondaire et à l’Université de Moncton, avec une bonne dose d’organisation et en gardant du temps pour reprendre son souffle.

«Je ne sais pas encore comment ça va aller. Mais l’une des grosses sources de motivation, c’est que je vais me donner pour huit mois, je vais faire mon possible. Puis, en mai, j’ai prévu un voyage en Europe. Je vais partir deux mois en backpacking.»