De son propre aveu, Denis Robichaud n’aimait pas l’école. Pourtant, cet Acadien de Moncton âgé de 34 ans est aujourd’hui professeur adjoint dans une des universités les plus prestigieuses au monde!

«Comme plusieurs enfants, je n’avais aucune patience avec mes études et je n’aimais pas l’école, confie M. Robichaud. J’adorais plutôt la lecture, la musique, jouer dehors et causer des ennuis à mes parents!»

Il ne s’en cache pas, son «aversion envers l’école secondaire» aurait facilement pu gâcher son parcours académique.

Tout a changé quand il a découvert l’éducation humaniste du Liberal Arts College de l’Université Concordia, à Montréal.

«Cela m’a ouvert les yeux à la recherche académique. J’ai étudié les lettres, l’histoire, la philosophie ainsi que les langues classiques et modernes. J’ai fini par écrire une thèse sur l’histoire de la pensée philosophique et la renaissance italienne», raconte-t-il.

Le petit garçon qui n’aimait pas l’école a du coup laissé la place à un étudiant sérieux et motivé qui a complété un baccalauréat (Université Concordia), deux maîtrises ainsi qu’un doctorat (tous trois de l’Université John Hopkins, à Baltimore).

À la suite de l’obtention de son doctorat, en 2011, il s’est établi à South Bend, dans le nord-ouest de l’Indiana, où il occupe un poste de professeur adjoint dans le programme d’études libérales de la très réputée Université Notre Dame.

«C’est un département où on enseigne les classiques. J’enseigne la philosophie, la littérature, l’histoire, la théologie ainsi que quelques autres domaines d’études humanistes», révèle celui dont la tâche comprend aussi la supervision de thèses et de travaux d’étudiants, la recherche, la rédaction d’articles et l’étude de livres et de manuscrits rares.

C’est évidemment le travail qui a amené Denis Robichaud à s’établir à South Bend. Pour lui, l’occasion d’enseigner à l’Université Notre Dame était trop belle pour l’ignorer. D’autant plus que sa conjointe (Viveca Pattison Robichaud) s’est également trouvé un boulot à l’université, à titre de bibliothécaire de collections rares.

Il faut dire que pour un couple de jeunes érudits, il est difficile d’imaginer un endroit plus stimulant que South Bend, une ancienne ville industrielle dont le plus important employeur est aujourd’hui l’Université Notre Dame.

«South Bend est située au centre d’une région agricole, ce qui a ses avantages. Les produits agricoles sont peu chers et en abondance. De plus, les brasseries et les distilleries artisanales semblent pousser comme des champignons dans la région.»

«Dans l’ensemble, Michiana (la région dans laquelle se trouve South Bend) comprend plusieurs villages au bord du lac Michigan avec des magasins d’antiquités, des galeries d’art, des vignobles, des brasseries, des restaurants et des paysages magnifiques.»

Fondée par la Congrégation de Sainte-Croix

En répondant aux questions de l’Acadie Nouvelle sur la vie à l’Université Notre Dame, Denis Robichaud insiste sur un point: l’institution a été fondée en 1842 et est toujours dirigée par… la Congrégation de Sainte-Croix.

Les férus d’histoire acadienne savent assurément que c’est cette même congrégation française qui, sous la direction du père Lefebvre, a fondé l’ancien Collège Saint-Joseph, à Memramcook, qui, plus tard, est devenu l’Université de Moncton.

Encore aujourd’hui, le passé religieux de l’Université Notre Dame est bien perceptible, au dire de M. Robichaud.

«Notre Dame a sa propre identité dans le monde universitaire américain. C’est une université catholique qui maintient son caractère catholique sans pour autant renoncer à son rôle important comme centre de recherche moderne.»

Dire que cette université est une des plus prestigieuses aux États-Unis est un euphémisme.

La liste de ses diplômés parle d’elle même avec des noms comme l’ancienne secrétaire d’État Condoleeza Rice, le Prix Nobel de médecine Eric F. Wieschaus, le sénateur Joe Donnelly, l’animateur Regis Philbin, le membre du Temple de la renommée du baseball Carl Yastrzemski et un des plus grands quarts-arrière de l’histoire du football, Joe Montana.

L’institution est notamment reconnue pour la performance académique et la qualité de ses étudiants. C’est également une des plus riches de la planète, son fonds de dotation étant très largement supérieur à la moyenne américaine.

Un exemple de ce prestige est d’ailleurs le programme d’études libérales dans lequel enseigne M. Robichaud. L’Acadien raconte que ce programme est un de ceux dont les prérequis sont les plus nombreux à l’Université Notre Dame.

L’enseignement y est basé sur la lecture et la discussion des classiques et des textes fondateurs de nombreux domaines, dont la musicologie, l’histoire, la littérature, les sciences, la philosophie et la théologie.

«Nos étudiants sont typiquement très doués et motivés», souligne-t-il.

Difficile de parler de l’Université Notre Dame sans aborder son équipe de football, les Fighting Irish, qui, au cours de leur histoire, ont remporté 13 titres nationaux.

«Je ne suis pas vraiment amateur du football, mais je comprends pourquoi c’est attrayant pour plusieurs personnes. Durant six fins de semaine en automne, la population de South Bend double avec les partisans des Fighting Irish», raconte l’Acadien.

EXPATRIÉS RECHERCHÉS!

Vous connaissez un Acadien qui fait carrière hors des frontières du pays?

Transmettez-moi ses coordonnées par courriel (patrice.cote@acadienouvelle.com) et il pourrait, à son tour, faire l’objet d’un reportage dans le cadre de la chronique De par le monde.