Avec Anne-Marie Jourdain, l’adage «Penser globalement et agir localement» prend tout son sens. Depuis son arrivée au Nouveau-Brunswick en 2006, la femme originaire de Shawinigan, au Québec, s’est engagée dans un nombre de causes dans la Péninsule acadienne. Psychologue de formation, Anne-Marie Jourdain est membre du Comité des 12 pour la justice sociale et conseillère municipale à Bas-Caraquet. Depuis quelques années, elle fait également du bénévolat auprès du groupe de soutien et d’éducation à la maladie d’Alzheimer, à Caraquet. Il y a quelques années, elle a fondé l’Espace Croissance, à Bas-Caraquet, un organisme qui promeut le développement global des enfants des quatre coins de la Péninsule acadienne par le biais de programmes spécialisés. Pour pouvoir s’investir pleinement dans ses nombreux engagements communautaires, Anne-Marie Jourdain a l’intention de tranquillement cesser de pratiquer la psychologie au cours des prochains mois. Elle est la personnalité de la semaine Radio-Canada/Acadie Nouvelle pour la semaine du 24 octobre 2016.

Lorsque vous êtes arrivées dans la région en 2006, pourquoi avez-vous décidé de vous impliquer dans votre nouvelle communauté?

Je vais être honnête. J’ai trouvé que l’adaptation a été un peu difficile lors des deux premières années. Mon mari travaillait beaucoup (NDLR: Dr Gilbert Blanchard, personnalité de la semaine Radio-Canada/Acadie Nouvelle pour la semaine du 25 janvier 2016). Il a beaucoup travaillé sur le recrutement de nouveaux médecins dans la Péninsule acadienne pour que ce soit facile pour tout le monde. À ce moment, je faisais un peu de bénévolat à l’école L’Escale-des-Jeunes à Bas-Caraquet. J’ai décidé éventuellement de faire ce que j’ai toujours fait, c’est-à-dire de m’engager socialement. D’ailleurs, c’est la meilleure façon de s’intégrer dans un nouvel endroit. Je me suis dit que je vais m’impliquer. C’est comme ça que j’en suis venue à faire toutes sortes de choses.

Vous êtes membre du conseil municipal de Bas-Caraquet. L’Espace Croissance est basé à Bas-Caraquet. Pourquoi aimez-vous autant votre village?

J’habite ici, donc j’ai un attachement particulier pour la communauté. J’aime bien l’idée de faire des choses dans des petites communautés. Je pense que c’est correct de dire qu’on peut faire du développement dans nos petites communautés. Ça me plaît beaucoup. C’est ce qui m’attire.

L’Espace Croissance a été créé pour répondre à quel besoin?

C’est vrai qu’il existe déjà des services de petite enfance dans la Péninsule acadienne, mais nous avons constaté que tous les enfants n’arrivent pas égaux à la maternelle. Je suis assez proche du monde éducatif. Je fais partie des parents qui valorisent beaucoup l’enseignement et le travail des enseignantes et enseignants. Je me disais que c’est vraiment trop dommage qu’il ait un écart si grand entre les enfants inscrits à la maternelle. Il y a des enfants qui ne sont pas dans des milieux stimulants qui peuvent arriver à l’école avec plusieurs centaines de mots de vocabulaire en moins. C’est triste. C’est comme ça qu’est né l’Espace Croissance. Nous voulons que les enfants puissent arriver plus prêts. Nous trouvions qu’il y avait un manque. Je me suis entouré de personnes dynamiques qui croient à la petite enfance.

Étant donné le succès d’Espace Croissance, avez-vous des projets d’expansion?

Nous sommes en train de négocier pour le faire. Nous avons l’intention d’ouvrir un Espace Croissance à Lamèque prochainement et des gens sont venus nous voir de la région Chaleur et de Miramichi. Ça dépasse les frontières de la Péninsule acadienne, donc je me dis qu’on a une bonne réputation et une bonne visibilité. Nous arrivons à faire tout ça avec peu de sous. Nous ne recevons pas de subventions. Nous faisons des petits miracles avec nos moyens, alors imaginez ce que nous nous pourrions faire si nous recevions des subventions.

Quant au conseil municipal, aviez-vous toujours envie de faire le saut en politique municipale?

En fait, je voulais me présenter aux élections de 2012, mais le jour des élections tombait sur la date prévue de l’accouchement de mon enfant. Ça ne tombait pas bien donc j’ai décidé d’attendre. J’ai été élue conseillère générale cette année. Je ne voulais pas représenter un seul quartier. Je voulais représenter tout le village, c’est comme ça que je vois mon rôle. Ce qui m’intéresse dans le conseil municipal c’est de pouvoir faire une différence. J’aime ça quand les choses avancent et se concrétisent.